Revue de presse SNPL du 10 janvier 2019

Revue de presse élaborée par

 

  • Le gouvernement envisage de reporter les privatisations
  • ADP : la privatisation pourrait être repoussée, le titre cède plus de 4%
  • IATA annonce le lancement d’une nouvelle solution de paiement
  • L’année du tournant pour l’aéroport de Beauvais?
  • Air France et Air Madagascar se déchirent en justice
  • « Shutdown » aux Etats-Unis: des conséquences sur les vols commerciaux

 

Le gouvernement envisage de reporter les privatisations

BFMTV 09/01/2019

Le contexte politique et les mauvaises conditions de marché poussent Bercy à décaler d’un an les privatisations d’Aéroports de Paris et de la Française des Jeux. Prévues au printemps 2019, elles seront plutôt lancées début 2020.

Les privatisations attendront. La crise politique autour des « gilets jaunes » secoue les réformes déjà lancées. La loi sur l’énergie et celle sur l’économie circulaire sont repoussées sine die, a priori de plusieurs mois. Et les privatisations, dans les cartons depuis le début du quinquennat, risquent fort d’être aussi décalées. Même si Bercy n’a jamais donné de calendrier, l’administration visait, à l’origine, un coup d’envoi au printemps 2019.

Mais « le contexte politique a changé » reconnaît-on à Bercy. Pour autant, le gouvernement ne veut pas admettre que le conflit des gilets jaunes sème la panique dans ses rangs. « Il faut d’abord valider la loi Pacte » précise une autre source. La loi du ministre de l’Economie Bruno Le Maire comportera les modalités de privatisations des Aéroports de Paris (ADP) et de la Française des Jeux (FDJ).

Calendrier parlementaire serré

Officiellement, le ministère de l’Economie assure que le vote définitif devrait avoir lieu au printemps. Mais avant, la loi doit intégrer des modifications de certaines taxes pour les entreprises. En parallèle, le grand débat national voulu par Emmanuel Macron devrait aussi l’enrichir. Au final, elle pourrait être promulguée plutôt au début de l’été prochain.

« Trop court pour lancer les privatisations dans le courant de l’été, tranche un proche de Bercy. Il y a des travaux à faire d’ici là ». L’exécutif estime à quelques mois le délai nécessaire pour lancer les cahiers des charges et les appels d’offres. « C’est un faux argument, tout le travail a été fait en amont, tranche un bon connaisseur du dossier. Le gouvernement a surtout peur des polémiques autour des privatisations ».

Mauvaises conditions de marché 

Mais Bercy s’abrite aussi derrière l’argument des mauvaises conditions de marché. La Bourse a beaucoup baissé ces derniers mois. « Le marché n’est pas porteur en ce moment » estime sobrement une source proche du gouvernement. « Cet argument a bon dos, râle un candidat à l’une des deux privatisations, si le marché se dégrade, les taux d’intérêts vont aussi remonter et ce n’est pas bon pour les acheteurs ». Il leur en coûtera plus cher en intérêts puisque sur les 18 milliards d’euros à débourser pour racheter ADP, ils emprunteront environ 12 milliards d’euros.

Lancer des opérations de marché d’envergure n’est pas idéal en fin d’année alors que les grands investisseurs vendent leurs positions pour engranger leurs bénéfices.

Bercy semble se diriger vers un calendrier qui viserait à lancer un appel d’offres en début d’année prochaine pour boucler l’opération fin 2020. Un timing calé sur celui des privatisations des aéroports de Nice et de Lyon qui avaient été bien menées. Dans le meilleur des cas. Car dans le milieu des affaires, beaucoup s’interrogent sur le risque d’abandonner les privatisations si le contexte politique continue à se dégrader. « Elles ne sont pas remises en cause », assure-t-on à Bercy qui doit récupérer 10 milliards d’euros.

 

ADP : la privatisation pourrait être repoussée, le titre cède plus de 4%

Le Revenu 10/01/2019

Selon une information de BFM Business parue ce mercredi 9 janvier, le gouvernement envisagerait de reporter la privatisation d’Aéroports de Paris, initialement prévue pour cette année. En Bourse, l’action ADP accuse le coup.

Ce possible report faisait plonger le titre du groupe ADP de 4,80% le 9 janvier en milieu de journée.

D’après BFM Business, le contexte fait craindre une polémique sur la vente des actifs de l’État en raison du mouvement des «gilets jaunes». D’autant plus que le sujet pourrait être évoqué lors du grand débat national souhaité par l’exécutif.

Bercy se dirigerait vers un appel d’offres lancé en début d’année prochaine dans l’optique de finaliser l’opération d’ici fin 2020, toujours selon la chaîne économique. Un tel décalage réduirait l’attrait spéculatif de l’action ADP ce qui explique son repli en Bourse aujourd’hui. Vinci risque de devoir attendre

Vinci, qui développe ses activités aéroportuaires, est sur les rangs pour reprendre une bonne part des 50,6% détenus par l’État. Le groupe dispose actuellement de 8% du capital du groupe. Son titre perdait, quant à lui, 0,5% en fin de matinée.

Le géant du BTP et des concessions a conclu dernièrement un accord portant sur le rachat de 50,01% des parts de Londres Gatwick, deuxième aéroport du Royaume-Uni, pour 3,2 milliards d’euros. La branche Vinci Airports gère 46 aéroports dans le monde pour une activité qui a généré 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2017, soit 3,5% des ventes totales du groupe et 0,8 milliard d’excédent brut d’exploitation (12,3% du total).

 

IATA annonce le lancement d’une nouvelle solution de paiement

Déplacements Pros 09/01/2019

Testée dans un premier lieu au Royaume-Uni, cette nouvelle solution a su séduire les clients. Un système d’achat qui a vu le jour suite à la 2ème version de la directive européenne sur les services paiement, la DSP2, qui encourage l’open banking et les transactions à débit direct entre acheteurs et vendeurs. 

Selon Iata, « Iata Pay » offre aux compagnies aériennes une solution de paiement moins chère, un niveau de sécurité élevé, qui permet d’alimenter plus rapidement la trésorerie grâce au paiement instantané et simple d’utilisation. Un prototype va être testé à l’échelle européenne en 2019.

 

L’année du tournant pour l’aéroport de Beauvais?

Courrier Picard 08/01/2019

Après une longue période de crise, l’aéroport de Beauvais sera fixé d’ici quelques jours sur sa nouvelle gouvernance. De quoi faire taire toutes les amertumes ?

Sur des œufs ! L’aéroport de Beauvais-Tillé (Oise) amorce la nouvelle année en retenant son souffle.

Depuis le 1er janvier, c’est la chambre régionale de commerce et d’industrie de la région Hauts-de-France qui est actionnaire majoritaire (51 %) de la Sageb, la société exploitant la plate-forme, en lieu et place de la chambre de l’Oise.

Un effet du regroupement qui s’est opéré dans la douleur entre les deux organismes consulaires. D’ici la fin du mois, la chambre qui a son siège à Lille aura donc désigné cinq nouveaux représentants au comité des associés de la Sageb (avec Transdev), à la tête du dixième aéroport de France (3,8 millions de passagers en 2018).

Seule certitude, le futur président sera issu de ces cinq-là. « Il devrait s’agir d’un Beauvaisien de nos rangs », explique toutefois ce membre de l’ex-chambre de l’Oise, devenue simple chambre locale.

« Le problème remonte à loin. En 2016, quand Transdev a refusé de verser une prime aux salariés… »

« L’actuelle délégation de service public (DSP) arrive à terme dans quelques années. L’un des enjeux de la prochaine sera le contrôle systématique des bagages en soute. Sans doute aussi le Terminal 1 vieillissant. Il faut y travailler dès cette année », explique Me Jean Rongeot (Amiens), l’administrateur provisoire, en poste depuis mai dernier. La crise entre les actionnaires associés avait atteint son paroxysme au printemps 2018, lorsque les représentants de Transdev avaient empêché la réélection du président Michel Liot, issu de la grande famille de la chambre de commerce de l’Oise. Depuis, les démissions se sont enchaînées (dont celle du directeur de la Sageb), et la guerre larvée n’a jamais vraiment cessé. « Le problème remonte à loin. En 2016, quand Transdev a refusé de verser une prime aux salariés… », explique ce proche du dossier. « La chambre voulait travailler dans la continuité de son histoire avec l’aéroport. Mais l’associé ne pense qu’à prendre le maximum d’argent… »

L’administrateur se fait mettre 150 000 euros de côté

De l’argent, il est encore question avec les honoraires de Me Rongeot, atterri là par décision du tribunal de commerce. Dans un mail « strictement confidentiel » (mais qui ne l’est pas resté…), celui-ci a demandé au directeur financier de la Sageb de « préparer un chèque de 150 000 euros », avant même de connaître la date de sa fin de mission et donc le montant des sommes qui lui seront dues. « Je ne tiens pas à avoir des difficultés avec mes honoraires quand ils seront fixés », écrit Me Rongeot, visiblement sur la défensive.

Le fameux chèque a été établi à sa demande à l’ordre de la Sageb, puis versé sur un compte à la Caisse des dépôts. « Me Rongeot exige une somme qui n’a pas encore été fixée par le tribunal, seul habilité pour cela, et sans consultation du comité des associés », s’insurge cette source. Pour l’intéressé, « il s’agit d’une provision. Le tribunal statuera en fonction d’un barème fixé par décret de l’État. Je me suis engagé à ce que mon administration provisoire ne coûte pas plus cher que le salaire de l’ancien président (NDLR, environ 5 000 euros nets par mois). »

 

Air France et Air Madagascar se déchirent en justice

Air&Cosmos 07/01/2019

Le 12 décembre, Air France a réclamé devant le tribunal de commerce de Paris, 46 millions de dollars de loyers impayés, portant sur la location-vente de deux Airbus A340, s’ajoutant à 55 millions de dollars encore dus.

Alors que le développement du partenariat Air Austral/Air Madagascar bat son plein, le détricotage des relations entre Air Madagascar et Air France devrait se régler en justice. Selon la presse malgache, Air France a réclamé le 12 décembre dernier un montant de 46 millions de dollars de loyers impayés portant sur un contrat de location-vente de deux A340 datant de 2012. 

Le problème est que ces deux avions n’ont jamais été vraiment utilisés par Air Madagascar. En effet, les deux avions avaient été mis de côté par Air France au moment de la signature du contrat, qui comportait une clause de réserve de propriété, jusqu’au versement de la dernière mensualité par Air Madagascar. Le contrat courant théoriquement jusqu’en 2020, la compagnie malgache a souhaité acquérir en avril 2018 par anticipation les deux appareils litigieux, mais Air France a riposté en évoquant une clause de restitution. 

La nouvelle audience du 13 février devra permettre de clarifier cet embrouillamini juridique. Si jamais le tribunal de commerce donne raison à Air France, le règlement des impayés devrait peser un peu plus dans le redressement financier d’Air Madagascar. 

 

« Shutdown » aux Etats-Unis: des conséquences sur les vols commerciaux

Les Echos 03/01/2019

Toujours pas de sortie de crise en vue pour le Président américain, Donald Trump, qui a claqué la porte, hier, d’une réunion avec les élus démocrates. Le record du plus long « shutdown » de l’histoire est sur le point de tomber: 21 jours, entre fin 1995 et début 1996. Un blocage qui n’est pas sans incidences sur l’aviation commerciale.

C’est l’Allied Pilots Association, qui représente les 15 000 pilotes d’American Airlines, qui monte au créneau. Par la voix de son porte-parole, l’association s’inquiète d’une « situation dont nous commençons à voir les premiers tremblements et qui ne fera qu’empirer avec le temps. «L’association liste tous les problèmes concrets induits par cette crise politique.  » Faute de personnel, l’inspection des avions a été limitée. Certains membres de la TSA (l’autorité de la sécurité dans les transports) ne venant pas travailler. »  La TSA insiste sur le fait que seulement 4,6% du personnel n’est pas venu travailler lundi, contre 3,8% le même jour il y a un an. Les employés doivent venir travailler et accomplir des tâches vitales sans être payés. Les syndicats majoritaires à la TSA affirment que certains salariés seraient sur le point de démissionner.  Même situation chez les contrôleurs aériens qui, eux aussi, n’ont pas été payés. Si le « shutdown » devait se prolonger sur une longue période, certains de ces contrôleurs de la circulation aérienne pourraient décider de prendre leur retraite. 20% y sont actuellement admissibles.  En plus des répercussions sur la sécurité, il y a aussi le fait que les voyageurs d’affaires sont nombreux à devoir annuler des déplacements professionnels. D’après un sondage réalisé par la Global Business Travel Association, 40% des membres de l’association ont été confrontés à des annulations aux États-Unis à cause de la fermeture de plusieurs aéroports.