Revue de presse SNPL du 11 février 2019

Revue de presse élaborée par

 

  • KLM lutte pour préserver son indépendance vis-à-vis d’Air France
  • Air France-KLM : trafic passager en hausse de 1,5% en janvier 2019
  • Trafic du groupe IAG : +7% en janvier
  • Hop Air France va sous-traiter la liaison aérienne entre Aurillac et Paris, à partir du 3 mars
  • Thomas Cook chute, doutes sur la cession des avions
  • Ryanair: 99 millions d’euros pour O’Leary s’il double les profits en cinq ans
  • Belgique : grève nationale du 13 février, le trafic aérien fortement impacté
  • L’aéroport Marseille Provence face à l’équation entre croissance et respect environnemental
  • Finies les cartes d’embarquement, la reconnaissance faciale, nouvel Eldorado du transport aérien
  • Feu vert à la modernisation de l’aéroport de Nantes
  • Alitalia : revenu en hausse mais retrait d’Air France-KLM?
  • Austrian Airlines maintient le cap en France… et défendra son hub à Vienne
  • Le RGPD au secours des passagers aériens ?

 

KLM lutte pour préserver son indépendance vis-à-vis d’Air France

Le Monde – 08/02/2019

Une partie des personnels de la compagnie néerlandaise redoute que le mandat de leur patron ne soit pas renouvelé par Air France-KLM en avril.

Un parfum de fronde flotte dans l’air chez KLM. Une partie des personnels de la compagnie néerlandaise se mobilise pour obtenir le renouvellement, en avril, du mandat de son président, Pieter Elbers. Une pétition lancée vendredi 1er février a déjà recueilli environ 9 000 signatures sur les 32 000 salariés de KLM.

Aux Pays-Bas, certains prêtent à Benjamin Smith, le directeur général d’Air France-KLM, la volonté de profiter de l’occasion pour s’en débarrasser. Une inquiétude née il y a quelques semaines, à l’occasion d’une visite à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol. Face aux cadres et aux personnels de la compagnie néerlandaise, dont il a salué les résultats, il n’a jamais prononcé le nom du patron de KLM.

En décembre, dans un entretien au site spécialisé Luchtvaartnieuws, M. Elbers avait évoqué son souhait de conserver ses fonctions « pour quatre ans de plus, au moins ». Du côté d’Air France-KLM, on fait savoir que « des discussions » ont lieu entre les deux conseils d’administration d’Air France-KLM et de KLM. Toutefois, M. Smith « n’a encore pris aucune décision ». Selon nos informations, celle-ci ne devrait pas intervenir avant la publication des résultats annuels du groupe, prévue le 20 février. « Il n’y a pas d’urgence. Le calendrier, c’est fin avril », fait-on savoir de bonne source.

Aux yeux du patron d’Air France-KLM, Pieter Elbers présenterait deux défauts rédhibitoires. D’une part, il a fait figure de rival potentiel : à la suite de la démission de Jean-Marc Janaillac d’Air France-KLM, en mai 2018, il a longtemps été présenté comme un possible successeur. « Il n’y a pas de question d’ego », veut-on croire chez Air France-KLM. D’autre part, il serait devenu gênant sur le plan stratégique.

« Créer des synergies et de la valeur »

Depuis son arrivée, à l’été 2018, à la direction générale d’Air France-KLM, Benjamin Smith a pris les commandes d’Air France. Il a débarqué, sans états d’âme, deux des principaux cadres de la compagnie, le directeur général Franck Terner et le directeur des ressources humaines Gilles Gateau.

Dans la foulée, il a nommé une nouvelle équipe dirigeante, avec « la volonté de garder la main sur Air France », note un syndicaliste de la compagnie. Outre ce renouvellement des cadres, M. Smith a taillé dans les marques du groupe, actant la disparition de Joon et le passage sous pavillon Air France de Hop !, filiale axée sur les vols court-courriers et les transversales régionales. 

Air France désormais relancée, le directeur général veut s’attaquer à KLM. « Il y a une volonté claire au niveau du groupe de rendre les choses plus cohérentes », souligne un syndicaliste d’Air France. Mais « KLM a toujours voulu préserver son indépendance. Aujourd’hui, cela pose un problème ». Aux Pays-Bas, M. Elbers est considéré par certains comme un rempart face aux ambitions d’Air France, et notamment à la volonté affichée de Benjamin Smith de siéger au conseil d’administration de KLM. Smith ne souhaiterait plus de poids lourds à la tête d’Air France et de KLM, mais des responsables opérationnels, à l’instar d’Anne Rigail, la toute nouvelle directrice générale d’Air France. Après avoir « simplifié les marques », il veut faire de même avec « les process de décision, pour créer des synergies et de la valeur », admet-on du côté d’Air France-KLM. Il existe « une volonté d’intégration », relève un syndicaliste pilote.

« Fantasme »

Côté néerlandais, l’intention prêtée à Benjamin Smith de faire de KLM une compagnie de second rang suscite une certaine émotion. 

Ainsi, toutes les décisions concernant les flottes et les offres commerciales seront prises au sommet d’Air France-KLM, comme c’est le cas chez IAG, maison mère de British Airways, et chez Lufthansa, deux des plus gros concurrents européens d’Air France. « Benjamin Smith négocie déjà en direct avec les catégories de personnels. »

Enfin, l’autre sujet qui suscite une certaine émotion du côté néerlandais est l’intention prêtée à Benjamin Smith de faire de KLM une compagnie de second rang. « Fantasme », assure-t-on chez Air France-KLM, qui n’aurait « aucune volonté de déclasser la compagnie ». KLM redouterait d’être spécialisée dans la clientèle loisirs, tandis qu’à l’occasion de sa montée en gamme, Air France s’orienterait plutôt vers le premium, c’est-à-dire les passagers de première classe, de la classe affaires et de la Premium Economy – ceux qui rapportent le plus.

Malgré les dénégations d’Air France-KLM, cette crainte de la filiale néerlandaise ne serait pas totalement infondée. « A cause des contraintes de créneau à Amsterdam », signale un syndicaliste côté français, « les passagers low cost voyageront plus sur KLM qu’avec Air France ». 

De ce fait, l’aéroport de Schiphol, le « hub » de KLM – déjà très encombré – ne peut plus ajouter d’avions. KLM devra donc densifier ses cabines pour accueillir plus de passagers. A l’inverse, Air France, dont le hub de Roissy va s’étendre avec un nouveau terminal d’une capacité de 40 millions de passagers supplémentaires par an, pourra se permettre d’ajouter des fauteuils de classe affaires au détriment des sièges de classe économique.

 

Air France-KLM : trafic passager en hausse de 1,5% en janvier 2019

Air Journal – 09/02/2019

Le groupe aérien Air France-KLM a enregistré une hausse de 1,5% du nombre de passagers transportés en janvier 2019 par rapport à janvier 2018, avec une augmentation notable sur la région Amérique latine.

Au total, les compagnies du groupe franco-néerlandais ont transporté 7,356 millions de passagers en janvier. Sur le long-courrier, l’Amérique latine est largement en tête avec 7,1% de passagers en plus par rapport à la même période en 2018, elle est suivie par l’Amérique du Nord (+3,2%) et l’Asie (+2%), en revanche, le nombre de passagers transportés sur les réseaux Afrique-Moyen Orient et Caraïbes-Océan indien sont en baisse de 2% et 3,1% respectivement.

La filiale low-cost Transavia a toujours le vent en poupe avec 4,4% de clients supplémentaires (900.000 passagers) et une variation en nombre de passagers transportés au kilomètre parcouru (PKT, indicateur de référence du transport aérien) de +10,1%. L’activité des compagnies Air France et HOP! est en hausse de 0,8% (3,945 millions de passagers) en nombre de passagers transportés et celle de KLM de 1,6% (2,547 millions de passagers).

Le coefficient d’occupation des avions des quatre compagnies du groupe -Air France, KLM, la compagnie court-courrier française HOP! et la low-cost Transavia- est en revanche en baisse de 0,8%, par rapport à la même période en 2018, et seules les liaisons avec les régions Caraïbes-Océan indien affichent une très légère hausse du taux de remplissage des avions de 0,2%. Enfin, l’activité cargo du groupe est en recul de 1% en tonne kilomètre transportée (TKT).

 

Trafic du groupe IAG : +7% en janvier

Air Journal – 11/02/2019

International Airlines Group (IAG), rassemblant British Airways, Iberia, Aer Lingus, Vueling et Level a accueilli 7,693 millions de passagers le mois dernier, un trafic en hausse de 7,0% par rapport à janvier 2018.

En nombre de passagers, la plus forte progression du groupe britannique en janvier 2019 est enregistrée sur l’Amérique latine et les Caraïbes (+20,6%), tandis la plus faible concerne la zone Afrique, Moyen-Orient et Asie du Sud (+3,1%). L’Europe gagne 5,8% avec 3,790 millions de clients, tandis que le secteur domestique (en Grande Bretagne, Irlande, Espagne et Italie) affiche +6,4% à 1,849 millions de clients. L’Asie-Pacifique affiche +10,1%, et l’Amérique du nord +8,1%. Dans le secteur fret, a enregistré en janvier une hausse de 4,1% du trafic en CTK (cargo tonne kilomètre).

IAG a enregistré le mois dernier une hausse de 7,9% du trafic mesuré en RPK (revenu passager kilomètre), sur des capacités à +7,6% en SKO (siège kilomètre offert) ; le coefficient d’occupation moyen des avions du groupe progresse de 0,2 point de pourcentage à 78,6%, avec une pointe à 85,6% sur l’Amérique latin et les Caraïbes, et un plus bas à 74,4% sur l’Amérique du nord (74,5% en Europe).

Dans le détail, British Airways a vu son trafic passager progresser de 3,0% avec 3,316 millions de clients (BA Cityflyer incluse), avec une occupation à 78,0% (+0,7 point) sur un trafic en RPK à +2,9% et une capacité en SKO à +2,1%%. Son trafic fret a gagné 0,9%.

Aer Lingus affiche en janvier 658,000 passagers (+6,3%) avec une occupation à 68,1% (-2,8 points) sur un trafic en RPK à +13,2% et une capacité en SKO à +17,8%.

En Espagne, Iberia (avec Iberia Express mais pour la première fois sans Level) a accueilli le mois dernier 1,596 millions de clients (+8,9%), avec une occupation à 83,9% (+0,4 point).

La low cost Vueling a transporté 2,024 millions de passagers (+9,1%) avec une occupation à 78,9% (-0,5 point) sur un trafic en RPK à +9,0% et une capacité en SKO à +9,7%.

Enfin la low cost Level, dont les statistiques sont séparées pour la première fois, a accueilli en France, Espagne et désormais en Autriche 99.000 passagers en janvier (+371,4%), avec une occupation à 77,0% (-6,7 points) sur un trafic en RPK à +174,9% et une capacité en SKO à +198,7%.

Le seul élément stratégique annoncé par IAG en janvier concerne son renoncement à proposer une offre pour Norwegian Air Shuttle, et la revente prévue de sa participation dans la low cost norvégienne, déjà réduite l’année dernière de 4,61% à 3,93%.

 

Hop Air France va sous-traiter la liaison aérienne entre Aurillac et Paris, à partir du 3 mars

La Montagne – 08/02/2019

Philippe Matière, patron de l’entreprise de travaux publics éponyme, a adressé ce vendredi 8 février, un courrier à Michel Roussy, président de la communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac pour l’alerter, une nouvelle fois, sur le devenir de la ligne aérienne vers Paris confiée – pour le moment – à Hop, l’offre court-courrier d’Air France. C’est le groupe Regourd Aviation, qui poursuivra l’exploitation de la liaison aérienne Aurillac-Paris avec ses ATR42, à partir du 3 mars.

Philippe Matière, patron de l’entreprise de travaux publics éponyme, ne s’en est jamais caché. Tant que les avions décollent d’Aurillac, la situation géographique de sa société, dont les ponts et structures métalliques s’exportent dans le monde entier, n’est pas un frein. « Sinon, ça fait belle lurette qu’on serait partis. »

« À la société Aero4M et des ATR300 immatriculés en Slovénie »

Il a adressé ce vendredi 8 février, un courrier à Michel Roussy, le président de la communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac pour l’alerter, une nouvelle fois, sur le devenir de la ligne aérienne vers Paris confiée – pour le moment – à Hop, l’offre court-courrier d’Air France.

« Un an après avoir frôlé une quasi-tragédie (le 25 mars 2018, l’avion qui ralliait Aurillac depuis Paris, avait été victime d’une avarie en plein vol, mais était parvenu à atterrir, NDLR), qui peut se satisfaire d’apprendre par les personnels navigants de Hop qu’à compter du 3 mars, l’exploitation de la ligne serait confiée en sous-traitance à la société Aero4M affrétant un ou des ATR300 immatriculés en Slovénie ? »

La version de Hop, la filiale d’Air France

Ce vendredi 8 février, la filiale d’Air France donnait une autre version :

« Comme annoncé il y a quelques mois, nous allons rationaliser la flotte, d’où la sortie de tous les avions à hélices ATR. Par conséquent, c’est le groupe Regourd Aviation (auquel appartient la société Aero4M, NDLR), qui poursuivra l’exploitation de la liaison aérienne Aurillac-Paris avec ses ATR42, à partir du 3 mars »

Les deux candidats retenus auditionnés ce lundi 11 février

Autre motif d’inquiétude de l’entrepreneur : les deux candidats retenus dans le cadre de la réattribution de la délégation de service public (DSP) de la ligne, à partir du 1er juin 2019, et qui seront auditionnés ce lundi 11 février par le Conseil départemental. Il s’inquiète de « la provenance des avions » de Chalair, et craint « de se retrouver face à une sous-traitance auprès de compagnies comme Aero4M » s’agissant d’Air France.

Matière menace de quitter le Cantal

« Sans solution sécure et pérenne, mon entreprise ne fera plus voler ses collaborateurs et ses clients sur cette ligne, à compter du 3 mars », prévient Philippe Matière. Il va même plus loin et menace, « sans assurance quant au sérieux, à la sécurité garantie et à la ponctualité offerte par la compagnie que vous serez amené à choisir », de rapatrier son siège social et ses collaborateurs (environ 200) en région parisienne.

Ce n’est pas la première fois que Philippe Matière se plaint de la gestion de la ligne aérienne. L’entreprise garde de très mauvais souvenirs des deux dernières années – vols annulés ou réorientés, retards quasi-quotidiens… – qui avaient eu des conséquences sur son activité.

Une troisième rotation vers Paris en juin

L’État soutient l’existence de cette liaison, considérée d’aménagement du territoire, à hauteur de 1,8 million par an, le Département verse 500.000 € tout comme la communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac (Caba), propriétaire de l’aéroport. La Région, la chambre de commerce et d’industrie et l’inter consulaire mettent aussi la main à la poche pour soutenir cette ligne vitale au désenclavement du Cantal et au soutien du tissu économique local.

L’an dernier, elle a été empruntée par plus de 32.000 passagers. Une troisième rotation, à la mi-journée, est d’ailleurs prévue à partir du 1er juin.

Contacté ce vendredi 8 février, Michel Roussy, le président de la communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac, mettait cette décision sur le compte de « la transition entre la fin de la délégation de service public et le début de la prochaine, afin d’assurer la continuité du service jusqu’au 1er juin ».

  

Thomas Cook chute, doutes sur la cession des avions

Investir / Reuters – 08/02/2019

L’action Thomas Cook chute vendredi, effaçant ses gains de la veille, après que Morgan Stanley a émis des doutes sur le bien-fondé d’une cession de son activité de transport aérien.

Le voyagiste perd 14,4% à la Bourse de Londres, en passe d’accuser sa plus forte baisse en une séance depuis le 3 décembre.

Selon des traders, une note de Morgan Stanley soulignant les impacts négatifs que pourrait avoir une cession de la compagnie aérienne du groupe britannique, pèse sur le titre.

« La vente de la compagnie aérienne limiterait les contraintes de dette et de fonds propres, mais elle créerait aussi une incertitude stratégique pour le tour opérateur et entraînerait une dilution importante du BPA (bénéfice par action) – de l’ordre de 50%, selon les analystes de la banque.

La cession de la totalité de la compagnie aérienne serait la meilleure option mais la banque voit peu de candidats au rachat.

Malgré tout, une revue stratégique de cette activité semble une démarche « raisonnable » dans la mesure où le niveau d’endettement du groupe reste trop élevé, ajoutent-ils.

Morgan Stanley a abaissé son estimation de BPA d’environ 20% pour l’exercice 2018-2019 à la suite des faibles performances du premier trimestre et du trimestre en cours.

« Le rallye d’hier n’avait aucun sens pour moi », dit un trader, jugeant qu’il était surtout dû à des rachats de positions à découvert.

Le marché du crédit a bien accueilli le projet de vente des avions, le CDS (credit default swap) à cinq ans de Thomas Cook étant passé de 1.220 à 1.142 points de base jeudi. Vendredi, il reculait encore, à 1.066 pdb.

 

Ryanair: 99 millions d’euros pour O’Leary s’il double les profits en cinq ans

Capital / Reuters – 08/02/2019

Le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary, pourrait gagner près de 100 millions d’euros s’il parvient à doubler soit le bénéfice, soit le cours de l’action de la compagnie dans les cinq ans à venir, selon un nouveau plan d’options d’actions du groupe dévoilé vendredi.

Michael O’Leary a annoncé lundi qu’il resterait cinq ans de plus à la tête de la compagnie à bas coûts irlandaise, qui a publié une perte trimestrielle de 20 millions d’euros au titre du troisième trimestre de son exercice fiscal.

Dans le cadre ce nouveau plan d’options, Michael O’Leary pourra acheter 10 millions d’actions au cours actuel de 11,12 euros s’il parvient à porter le bénéfice annuel du groupe à deux milliards d’euros, contre une prévision de 1,0 à 1,1 milliard pour l’exercice en cours, ou si le cours de l’action grimpe à 21 euros, a indiqué la compagnie irlandaise.

« Les modalités du plan vont exiger de lui de doubler la rentabilité de Ryanair à deux milliards d’euros par an et/ou de porter le cours de l’action à 21 euros par action au cours des cinq prochaines années pour pouvoir bénéficier de la totalité de ces options », a déclaré Ryanair dans un communiqué.

Si le cours de l’action atteint 21 euros, Michael O’Leary réalisera un bénéfice de 9,88 euros sur chacune des 10 millions d’actions auxquelles il sera éligible, soit un total de 98,8 millions d’euros.

Le transporteur a également offert à chacun de ses 11 administrateurs non exécutifs des options sur plus de 50.000 actions par personne aux mêmes conditions.

L’action Ryanair, qui a terminé stable vendredi à la Bourse de Londres, a chuté de plus de 42% depuis son pic à 19,39 euros en août 2017 en raison de tensions sociales, de grèves, de la hausse des coûts de carburant et d’une concurrence accrue sur les liaisons européennes courts-courrier.

Même s’il était dans le rouge au troisième trimestre, le groupe devrait générer un bénéfice sur l’ensemble de l’exercice en cours.

Michael O’Leary est le deuxième actionnaire de la compagnie avec 46 millions d’actions, soit environ 4% du capital.

Ryanair a annoncé lundi que les fonctions de Michael O’Leary évolueraient au cours des 12 prochains mois et qu’il dirigerait une nouvelle structure du groupe supervisant ses quatre filiales.

Dans le cadre de son contrat actuel, Michael O’Leary gagne « environ un million d’euros » par an et est éligible à des bonus annuels pouvant représenter jusqu’à 100% de son salaire, en fonction des performances, selon le rapport annuel de l’entreprise.

 

Belgique : grève nationale du 13 février, le trafic aérien fortement impacté

Air Journal – 10/02/2019

Brussels Airlines ne volera finalement pas le mercredi 13 février, jour de la grève nationale décrétée par le front commun syndical, a annoncé vendredi la compagnie aérienne.

« Sur base des informations supplémentaires reçues récemment concernant l’ampleur probable de la grève nationale du 13 février, Brussels Airlines considère actuellement que les opérations à l’aéroport de Bruxelles seront probablement impactées sévèrement suite aux actions industrielles de différentes parties prenantes de l’aéroport. Brussels Airlines a décidé de supprimer les 72 vols restants qui étaient planifiés à l’origine ce même jour, et supprime ainsi son programme entier de 222 vols », annonce un nouveau communiqué de la compagnie aérienne belge.

La compagnie aérienne TUI fly et le tour-opérateur TUI n’annuleront aucun vol au départ et à destination de la Belgique malgré la grève nationale programmée le 13 février, assurent-ils. Mais attention, les vols de TUI fly seront assurés depuis des aéroports en France et aux Pays-Bas.

Les passagers seront pris en charge en bus entre La France, les Pays-Bas et la Belgique. La compagnie prévoit du personnel supplémentaire pour renforcer son service clientèle le 13 février.

British Airways propose à ses passagers de décaler leur vol. De son côté Ryanair maintient pour l’instant ses liaisons au départ et à l’arrivée. De son côté, l’aéroport de la capitale belge, Brussels Airport, conseille aux passagers de prendre contact avec leur compagnie aérienne si un vol est programmé ce mercredi: « L’idéal est de décaler son vol à la veille ou au lendemain (…) si le passager doit absolument voler, nous lui conseillons de voyager léger. Les manutentionnaires de bagages sont susceptibles de faire grève. Il faut aussi s’attendre à des retards ».

Mais Brussels Airport s’attend à pire : les contrôleurs aériens de Skeyes (anciennement Belgocontrol) sont susceptibles de faire grève ce mercredi; et si c’est le cas, aucun avion ne volera sur l’ensemble du territoire belge.

 

L’aéroport Marseille Provence face à l’équation entre croissance et respect environnemental

La Tribune – 08/02/2019

Avec un objectif de 12 millions de passagers d’ici 2025, la plate-forme aéroportuaire doit concilier ses ambitions avec le respect de son environnement. Un travail qui passe par la réduction des nuisances sonores et de la pollution issue des flux d’avions ou de passagers.

A près de 2 kilomètres du tarmac, les Salins du Lion sont un espace où Philippe Bernand confie y apprécier « la sérénité ». Le président du directoire de l’Aéroport Marseille Provence à sous sa responsabilité cette ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique), l’une des deux que compte l’aéroport. Une opération d’aménagement y est prévue pour la « valoriser » auprès des promeneurs.

Les oiseaux et badauds seront aux premières loges pour voir les ambitions de l’AMP qui vise 12 millions de passagers d’ici 2025, contre 9,4 millions aujourd’hui. « La croissance ne s’envisage pas sans respecter les populations locales et l’environnement », prévient Jean-Paul Ourliac, président du conseil de surveillance de l’aéroport. Si le développement de l’activité s’accompagne de nuisances, cela n’est pas forcément proportionnel.

Depuis 2010, le nombre de voyageurs sur le tarmac provençal a grimpé de 45,4% alors que les mouvements commerciaux ont eu diminué de 6,5%. Cette baisse s’explique par des avions avec une plus grande capacité, mais aussi plus remplis. De quoi permettre « une efficacité opérationnelle et environnementale », commente Bérengère Cappa, chef du service développement durable.

Des dispositifs légaux contre le bruit

Pour l’aéroport, l’un des enjeux concerne les émissions sonores. Afin de lutter contre ce désagrément, l’AMP profite du plan d’exposition au bruit (PEB), qui maîtrise le développement des communes aux alentours, et récolte des statistiques grâce à huit stations pour mesurer son impact. Ce travail en amont permet ensuite de réduire les émissions sonores en optimisant les trajectoires.

Autre axe à développer, celui du plan de gêne sonore (PGS). Cette aide financière, issue d’une taxe sur les compagnies aériennes, permet à des logements situés dans des zones définies aux alentours de l’aéroport d’effectuer des travaux d’insonorisation en prenant en charge jusqu’à 80% des frais. « Cela concerne en moyenne 80 logements chaque année, mais les demandes connaissent un ralentissement », explique Bérengère Cappa. L’idée étant de promouvoir ce dispositif.

Adhésion à ATMOSUD

En plus du bruit, les avions sont bien évidemment polluants. L’AMP se montre vigilant sur les gaz à effet de serre, dont l’impact est mondial, et sur les polluants atmosphériques, dont l’impact est local. Si la direction répète que l’activité aérienne ne pèse que pour 2% des émissions atmosphériques de la région Sud, elle assure ne pas vouloir « minimiser son impact » et « engage beaucoup de démarches » pour réduire son empreinte.

Dans le cadre de la loi de transition énergétique, les aéroports doivent faire baisser de 20 % d’ici 2025 leurs émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 2010). Ainsi le terminal 1 dispose d’un mode d’alimentation destiné aux avions en escale afin de faire baisser leurs émissions. Le terminal 2 va être équipé d’un tel dispositif dans l’année.

Au-delà des actions sur l’émission, l’aéroport va adhérer à ATMOSUD, une association de surveillance de la qualité de l’air, pour cinq ans. « Nous leur apportons une connaissance beaucoup plus fine de nos différentes émissions et eux vont nous apporter leur expertise et leur transparence »,  juge Bérengère Cappa.

Les flux d’avions… et de passagers

Des initiatives sur le développement d’énergies renouvelables sont également en cours avec un contrat d’approvisionnement d’énergie verte 100% renouvelable, permettant d’éviter l’émission de 1 567 tonnes de CO2 par an, le changement d’éclairage, censé réaliser 60 % d’économie, ou encore un projet de centrale photovoltaïque dont l’objectif est de produire 10 % de l’électricité consommée par an.

Enfin, le développement des transports en commun pour se rendre à l’aéroport fait partie des axes d’amélioration de l’AMP. « Notre travail est de gérer les flux, cela concerne les avions mais aussi les passagers qui sont à l’intérieur », note Bérengère Cappa. L’un des enjeux fort est la liaison avec la gare de Vitrolles, qui permet de rejoindre Marseille en un quart d’heure.

« Nous sommes un acteur parmi les 150 qui opèrent ici », souligne Bérengère Cappa. « Nous avons une vision à long terme et d’autres acteurs moins, il faut concilier tout cela », ajoute Philippe Bernand. Un travail loin d’être de tout repos.

 

Finies les cartes d’embarquement, la reconnaissance faciale, nouvel Eldorado du transport aérien

Les Echos – 08/02/2019

Les nouvelles technologies biométriques, poussées par des leaders mondiaux comme SITA, sont en passe de se généraliser dans les aéroports.

Qui n’a jamais connu ce coup de stress quand, au moment de prendre l’avion, la carte d’embarquement reste introuvable ? Ou quand le code-barres refuse de « passer » sur un téléphone à court de batterie ? Que ceux-là se rassurent. Après les billets d’avion (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître), les cartes d’embarquement pourraient bientôt appartenir au passé.

Depuis le 1er février dernier, les passagers des vols Miami-Munich de Lufthansa peuvent ainsi embarquer à l’aéroport de Floride sans devoir exhiber le précieux morceau de papier, mais en présentant simplement leur visage à une caméra. La même chose est déjà possible, sur certains vols, avec British Airways à Orlando, Jetblue à New York-JFK, Delta à Minneapolis… Mais aussi chez KLM à Amsterdam-Schiphol et Air France à Paris. La compagnie française teste,  depuis plusieurs mois, une porte d’embarquement à reconnaissance faciale au terminal 2E de Roissy-CDG.

77 % des aéroports vont investir

Cette innovation n’est qu’une des nombreuses applications des technologies biométriques qui devraient sauver les passagers de la crise de nerfs, ces prochaines années. Selon une étude de 2018, 77 % des aéroports et 71 % des compagnies aériennes ont prévu d’investir dans les technologies d’identification biométrique dans les trois ans. Et 59 % des aéroports et 63 % des compagnies prévoient notamment de recourir à des portes d’embarquement à reconnaissance faciale.

Un leader mondial européen

Cerise sur le gâteau, le pionnier mondial de ces nouvelles technologies est une entreprise européenne, basée à Genève : la Société internationale de télécommunication aéronautique, plus connue sous le sigle SITA. Fondée il y a 70 ans par les compagnies aériennes, et dirigée depuis 2016 par une Française,  Barbara Dalibard , cette coopérative internationale est derrière la plupart des systèmes informatiques de traitement des passagers dans les aéroports. Les solutions développées par SITA permettent également de pister les bagages, de suivre les avions en vol, d’alerter les pilotes sur les turbulences et même, d’offrir le wifi en vol aux passagers.

Fluidifier le parcours des passagers

Mais la grande affaire de SITA reste le traitement des passagers au sol et tout ce qui peut contribuer à accélérer son passage à l’aéroport. « Notre sujet, c’est comment fluidifier le parcours du passager dans l’aéroport, explique Barbara Dalibard. C’est la préoccupation des compagnies aériennes, qui veulent réduire au maximum le temps d’escale des avions. Et c’est aussi le souhait de la majorité des passagers. Il y a une étroite corrélation entre le taux d’automatisation des procédures et le taux de satisfaction des passagers », souligne la patronne de SITA. 

99 % de réussite

Dans ce domaine, la reconnaissance faciale semble être le sésame. « A Orlando, British Airways peut embarquer 240 passagers en 10 minutes », assure Barbara Dalibard. A Miami, le processus dure moins de 2 secondes par passagers, avec un taux de réussite de 99 %, indique la police des frontières américaines.  A Roissy-CDG et à Lyon-Saint-Exupéry, la reconnaissance faciale a également permis de réduire considérablement l’attente aux frontières, les nouveaux sas ayant la possibilité d’associer un visage à la photo figurant sur le passeport. Ce qui a permis d’élargir le pourcentage de voyageurs éligibles à ce type de contrôle, même si le système reste très imparfait. « Les obstacles ne sont pas technologiques, mais administratifs, souligne la directrice de SITA. Il faut que les gouvernements européens se mettent d’accord sur des normes communes et que les réglementations convergent ».

 

Feu vert à la modernisation de l’aéroport de Nantes

Les Echos – 08/02/2019

Un an après avoir stoppé le projet de Notre-Dame-des-Landes, Edouard Philipe signe avec les Pays de la Loire un « contrat d’avenir ». Le premier chapitre est le réaménagement urgent de l’aéroport actuel.

Très déçus après l’abandon du projet d’aéroport à  Notre-Dame-des-Landes il y a un an, les élus des Pays de la Loire avaient rédigé une longue liste de mesures compensatoires. « Il fallait cicatriser la plaie », dit Christelle Morançais, présidente LR de la région. Ce cahier de doléances se traduit aujourd’hui par un « contrat d’avenir » signé entre l’Etat et la région. « Vous avez tenu vos promesses », a dit l’élue au Premier ministre, présent vendredi à Nantes pour parapher le document. « Ce projet d’aéroport avait fini par diviser autant qu’il pouvait rassembler, il occupait tellement d’espace qu’on se désintéressait de projets tout aussi vitaux », a justifié le Premier ministre, Edouard Philippe.

Gêne sonore

Une part substantielle du document porte donc sur le transport dont, en premier lieu, le réaménagement de l’Aéroport Nantes Atlantique,  chantier urgent au regard d’une croissance de trafic qui bat toutes les prévisions. La concertation publique démarrera cet été pour définir le projet et un nouvel exploitant sera désigné fin 2021 pour un début des travaux début 2022, l’allongement de la piste étant une option possible. Quant à la zone de nuisance sonore, elle sera doublée et un fonds indemnisera les riverains mais aussi les moins-values de cession et le déplacement d’équipements publics. Des travaux urgents seront engagés d’ici là. Il s’agit notamment de créer 600 places de parking dans les deux ans. « Rien n’est encore dimensionné, tout reste encore flou en termes de montant et de calendrier. En un an, peu de choses ont été faites », déplore Christophe Clergeau, opposant PS à la région.

Massy-Valenton

Le volet ferroviaire est plus précis. L’une des annonces significative est la création d’une voie supplémentaire au sud de Paris, le fameux « barreau sud » entre Massy et Valenton, réclamé depuis longtemps par le Grand Ouest pour s’interconnecter avec l’est du pays et mieux accéder aux aéroports parisiens. «  L’objectif est une première section avant la fin du quinquennat et une deuxième sur le quinquennat suivant », indique le Premier ministre, qui a aussi annoncé 122 millions d’euros de travaux pour « fluidifier, la ligne Nantes-Paris ». Des travaux sont également confirmés pour la ligne Nantes-Bordeaux et sur plusieurs « lignes fines de desserte » améliorant le lien avec la Bretagne.

Franchissement de Loire

Le contrat prévoit aussi de résoudre quelques goulets d’étranglement routiers, notamment sur le périphérique nantais. En revanche, le Premier ministre s’est montré circonspect sur la perspective d’un nouveau franchissement sur la Loire, désiré par les collectivités et redouté par les écologistes. Une étude est en cours. « On attend les conclusions », a indiqué le Premier ministre. « Il y a des enjeux qui devront être tranchés dans un horizon pas si lointain. »

 

Alitalia : revenu en hausse mais retrait d’Air France-KLM?

Air Journal – 11/02/2019

La compagnie aérienne Alitalia a enregistré en janvier un 14eme mois consécutif de croissance des revenus passagers. Mais le groupe Air France-KLM serait sur le point de sortir des négociations avec FS sur sa reprise.

La compagnie nationale italienne a annoncé vendredi avoir vu ses revenus passagers progresser de 4% en janvier 2019, sans plus de détail sur les autres indices. Ce 14eme mois consécutif de croissance sur cette indice s’est fait « sans ajouter d’avion à sa flotte », précise Alitalia dans son communiqué, et grâce en particulier à une « excellente performance » à l’international et sur l’intercontinental. Le revenu passager sur le long-courrier a progressé de 6% en janvier et représente désormais 48% du total, « un pourcentage jamais atteint ses cinq dernières années ». Quelque 197.390 passagers ont voyagé dans ses avions sur les lignes intercontinentales le mois dernier, un résultat en hausse de 2,3% par rapport au même mois l’année dernière. L’année dernière, Alitalia avait vu ce revenu passager progresser de 7% par rapport à 2017 ; elle ne fournit pas d’autres chiffres pour janvier.

Côté processus de reprise en revanche, la compagnie italienne sous « administration extraordinaire » depuis mai 2017 aurait un nouveau problème : d’après Il Sole 24 Ore, Air France-KLM aurait décidé de se retirer des négociations menées par Delta Air Lines avec Ferrovie dello Stato (FS), ce dernier n’ayant pas reçu jeudi l’engagement formel du Conseil d’administration du groupe. Les sources du quotidien économique assurent qu’il s’agit d’une conséquence du refroidissement des relations diplomatiques entre la France et l’Italie. La rumeur sur la participation du groupe franco-néerlandais, qui se partagerait 40% du capital d’Alitalia à part égale avec son partenaire, était apparue le mois dernier, Air France-KLM ne devant entrer officiellement en lice qu’une fois l’offre de Delta acceptée. Rappelons que cette décision a été reportée au mois de mars prochain, alors qu’elle était prévue le 29 janvier. Les quatre compagnies aériennes sont liées par une coentreprise sur l’Atlantique nord, et membres de l’alliance SkyTeam ; Air France a en outre possédé jusqu’à 25% du capital du transporteur italien. Luigi di Maio, au cœur de la polémique entre les deux pays et qui a « suivi le dossier depuis des mois », assurait vendredi que « l’enthousiasme d’Air France n’a pas faibli ».

Alitalia a enregistré 21.491.659 passagers l’année dernière (+0,9% par rapport à 2017), une croissance tirée par le long-courrier (2,72 millions de passagers, +7,1%). Les revenus liés au secteur du fret ont également augmenté de 9,3% en 2018. Elle reste déficitaire, a confirmé le commissaire Stefano Paleari, mais avec un EBITDA négatif (-153 millions d’euros) divisé par deux par rapport à 2017 ; le retour à l’équilibre d’Alitalia est prévu cette année.

 

Austrian Airlines maintient le cap en France… et défendra son hub à Vienne

Voyages d’Affaires – 08/02/2019

Austrian Airlines, présente à Paris depuis maintenant 60 ans, garde un œil attentif sur le marché français. Mais la compagnie aérienne doit avant tout « protéger » son hub : l’aéroport de Vienne est convoité par les transporteurs low-costs.

Soixante ans après son arrivée à Paris, et dix ans après son intégration dans le giron Lufthansa, Austrian Airlines retrouve des couleurs. Les voyants de la compagnie aérienne sont à nouveau au vert depuis 2017, et ses dirigeants sont maintenant bien décidés à préparer l’avenir. Plusieurs représentants du transporteur autrichien et du groupe Lufthansa sont d’ailleurs venus à la rencontre des médias français lundi midi, dans le cadre d’un « Café de Vienne » éphémère, arborant les couleurs d’Austrian Airlines.

Relativement discrète sur le marché français, la compagnie autrichienne n’en demeure pas moins installée historiquement depuis six décennies à Paris CDG, en plus des dessertes proposées à Lyon et à Nice. « On m’a fait remarquer que nous n’étions pas venus à la rencontre du marché français depuis quelques temps… C’est vrai, et ce n’est d’ailleurs pas spécifique à la France : nous étions occupés à restructurer notre business. Et cela a plutôt bien marché », confessait avec humour Peter Nikolai Thier, en charge de la communication chez Austrian Airlines, devant les journalistes invités.

Les voyageurs français ne semblent pas en tenir rigueur au transporteur autrichien, et remplissent les quatre vols quotidiens proposés depuis Roissy – en plus d’un cinquième en partage de codes avec Air France – une « anomalie » inter-alliances, qui s’explique par le caractère historique de la liaison. Le taux d’occupation a même légèrement progressé l’an dernier (+1,5%) sur l’axe Paris-Vienne, et ce malgré l’arrivée d’un nouveau concurrent : Level. Au-delà du trafic point à point entre les deux capitales, pour des déplacements affaires ou loisirs, le public français plébiscite la fenêtre vers l’Est ouverte par Austrian Airlines : Albanie, Bulgarie, Russie, et au-delà les grands hubs asiatiques, comme Bangkok, en attendant le retour de la compagnie à Tokyo en avril prochain. Le tout bien sûr via Vienne, une plateforme en plein boom, sur laquelle la prédominance du régional de l’étape est régulièrement challengée.

En effet, la capitale autrichienne est devenue « the place to fly » au cours des derniers mois, s’imposant même comme l’un des principaux hubs en Europe pour les compagnies low-costs. Les appels d’air générés par la disparition de Nikki et l’acquisition de Laudamotion par Ryanair,  la montée en puissance d’easyJet et de la nouvelle venue Level, auraient pu chahuter la position dominante d’Austrian Airlines.

Pour l’heure, la compagnie a pourtant préservé l’essentiel, à en croire les chiffres de 2018 : la compagnie revendique environ 48% des passagers sur l’aéroport de Vienne, une part de marché équivalente au précédent exercice. En publiant ses résultats 2018 il y a quelques jours, la direction de la plateforme a confirmé la tendance : « Les principaux moteurs de la croissance à l’aéroport de Vienne ont été Austrian Airlines, suivie par Laudamotion et easyJet. Dans l’ensemble, l’offre low-cost s’est fortement développée, notamment grâce à l’ouverture de trois nouvelles bases par Wizz Air, Laudamotion et LEVEL » , est-il indiqué dans le rapport.

Face à cet afflux, Austrian a quelque peu corrigé sa feuille de route : « Beaucoup de compagnies aériennes ont découvert l’aéroport de Vienne l’an dernier, comme s’il venait d’apparaître sur la carte pour de nombreuses low-costs… Nous avons donc revu notre stratégie et décidé que la priorité serait de défendre notre hub de Vienne pour les trois ans à venir » , indique Peter Nikolai Thier chez Austrian Airlines, qui ajoute sur la « to-do list » de la compagnie : « stabiliser notre croissance et améliorer notre rentabilité pour être capable d’acheter de beaux et grands appareils long-courrier ».

Austrian Airlines et l’aéroport de Vienne : quelques chiffres

  • 130 destinations dans le monde
  • 35 destinations en Europe Centrale et en Europe de l’Est
  • 48,4% de part de marché en passagers à l‘aéroport de Vienne
  • 395 vols par jour
  • Zone de chalandise de l‘aéroport de Vienne : 23,4 millions d’habitants à moins de 3h de route

 

Le RGPD au secours des passagers aériens ?

Les Echos – 11/02/2019

Tendance depuis un arrêt de la Cour de cassation du 14 février 2018, se faire indemniser d’un important retard par les compagnies aériennes se complique. Mais le nouveau droit d’accès de tout un chacun à ses données personnelles pourrait changer la donne. Explications.

Deux heures, trois heures, quinze heures de retard… Rares sont les passagers des compagnies aériennes qui n’ont pas eu à subir un retard important, au moins une fois au cours de leurs voyages. Le règlement européen du 11 février 2004 établit les  conditions communes d’indemnisation des citoyens européens en cas de refus d’embarquement, d’annulation et d’importants retards de vols. Se faire indemniser était jusqu’alors assez simple. Il suffisait, par exemple, de présenter la preuve de son enregistrement sur le vol litigieux.

Un droit à l’indemnisation français sévère

Mais, en février 2018, la Cour de cassation a encadré d’une façon beaucoup plus stricte les conditions d’indemnisation des passagers français. Les juges ont estimé que les compagnies aériennes pouvaient s’exonérer de leur obligation d’indemnisation si le passager n’apportait pas la preuve de sa présence à bord. Une preuve susceptible de prendre la forme d’une carte d’embarquement, d’une attestation nominative remis par la compagnie aérienne, d’un ticket de bagages ou de tout autre document probant.

Le problème est que non seulement les compagnies aériennes refusent de plus en plus ces preuves, mais qu’en plus « cette décision ne prend nullement en compte les enregistrements effectués à distance. Or vous pouvez avoir une carte d’embarquement dématérialisée reçue par mail avant l’arrivée à l’aéroport.  », alerte Elodie Riffaut, avocate d’AirHelp, une entreprise spécialisée dans la récupération d’indemnités de dédommagement aériennes en Europe.

Quels sont alors les recours possibles des passagers ? Le règlement européen de protection des données personnelles laisserait entrevoir un nouveau moyen d’action. Son article 15 pose le droit, pour tout citoyen européen, de demander l’accès à ses données personnelles détenues par toute entreprise. En usant de ce droit, le passager trouverait, là, la possibilité de prouver sa présence sur le vol. Cependant, là encore, bien qu’elles soient tenues par les obligations issues du  RGPD entré en vigueur le 25 mai 2018 , certaines compagnies aériennes refusent ce type de demandes sans aucun motif.

47 jugements de tribunaux d’instance

Toutefois, quarante-sept jugements rendus par les tribunaux d’instance de Martigues et de Villeurbanne, entre octobre 2018 et février 2019, ont permis d’indemniser des passagers ayant fourni un faisceau d’indices prouvant leur présence à bord d’un avion. L’attitude de la compagnie aérienne qui refuse l’accès à des données personnelles laissant penser aux juges que le passager était en vérité présent à bord. « Nous voulions démontrer que la décision de la Cour de cassation est contestable et pleine de non-sens. », explique Gwendoline Gautier, une autre avocate d’AirHelp, à l’origine des recours en justice. Mais n’y a-t-il pas là détournement de l’esprit initial du règlement européen ? Pour les deux avocates, « le RGPD octroie des droits à chaque particulier et chaque entreprise doit les respecter. Utiliser une règle de droit pour la mise en œuvre d’une seconde n’est pas détourner la première ».

S’ils ne caractérisent pas un revirement jurisprudentiel, les 47 jugements s’inscrivent en tout cas en contradiction avec la Cour de cassation. La cour suprême va-t-elle devoir revoir son interprétation ?