Revue de presse SNPL du 11 juin 2019

Revue de presse élaborée par

 

 

  • [TRIBUNE] Référendum sur la privatisation du Groupe ADP : « Une bataille est engagée, nous signons et nous ferons signer »
  • « La privatisation d’ADP n’est ni une philosophie ni une religion »
  • Privatisation ADP : présentation du dispositif de consultation le 13 juin
  • Trafic Air France-KLM : + 3,3 % en mai
  • Avianca Argentina suspend ses opérations
  • Une filiale à Malte pour Ryanair
  • Terrorisme : menaces d’attentat contre Roissy-CDG et Orly

 

Référendum sur la privatisation du Groupe ADP : « Une bataille est engagée, nous signons et nous ferons signer »

LeMonde.fr – 11 Juin 2019

Dans une tribune au « Monde », seize personnalités, dont le député LFI François Ruffin et la militante écologiste Claire Nouvian, suivies par une centaine d’autres signataires, réclament « une épidémie de pétitions ».

Un long chemin avant un référendum

Le dispositif de recueil des signatures pour le référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation du groupe ADP (Aéroports de Paris) doit être présenté le 13 juin par le ministère de l’intérieur. Ce dispositif sera ouvert pendant 9 mois. Les promoteurs du référendum doivent recueillir le soutien de 10 % des électeurs inscrits sur les listes électorales, soit 4 717 396 Français, a précisé le Conseil constitutionnel dans sa décision du 9 mai, validant la proposition de loi référendaire déposée le 10 avril par 248 parlementaires de tous bords politiques.

Si le nombre de signataires est atteint, le Parlement devra, dans un délai de 6 mois, se prononcer sur cette proposition de loi. Si l’Assemblée nationale et le Sénat mettent tous deux ce texte à leur ordre du jour, le référendum n’aura pas lieu. Mais si une seule des deux chambres se prononce, ou aucune d’entre elles, alors le président de la République sera tenu de l’organiser. La privatisation d’ADP, dont le capital est détenu à 50,6 % par l’Etat, a été adoptée par le Parlement le 11 avril lors du vote de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), promulguée le 22 mai.

Tribune

C’est maintenant à portée de main : un référendum, enfin. Un référendum sur la vente de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). Un référendum pour ne pas laisser ce trésor à Vinci, qui a déjà emporté nos autoroutes. Un référendum, surtout, sur l’avenir : l’avenir que nous refusons, l’avenir que nous désirons.

D’emblée, le premier ministre, Edouard Philippe, s’est étranglé : « Cela pose un vrai et grave problème démocratique ! […] Cela créerait une situation dangereuse ! » Ils suffoquent, lui, les autres. Car ce n’est pas la question, seulement, des aéroports de Roissy, d’Orly, qui est soulevée. Cela va bien au-delà. C’est l’occasion d’un coup d’arrêt, d’un « non » franc et massif, d’un désaveu géant : nous ne voulons plus du monde qu’ils incarnent, qu’ils promeuvent.

Des mots cadavres

« Concurrence », « croissance », « compétition », « déficit », « mondialisation »… Ces mots nous sont répétés pour vendre les aéroports. Ces mots nous sont répétés depuis quarante ans pour vendre à la découpe le gaz, l’électricité, la santé et bientôt les retraites. Ces mots nous sont répétés comme des mantras, pour guider la société et nos existences. Ces mots sont désormais des mots cadavres. Nous n’y croyons plus. Nous n’en voulons plus : ils creusent notre tombe écologique. Nous aspirons au contraire à la coopération, à l’entraide, à placer les humains et la planète avant les chiffres, il en va de notre survie commune.

« Pour nous, la démocratie, c’est la reprise en main de notre destin commun »

Car le premier ministre a bien raison : c’est la « démocratie » qui est en jeu. Pour lui, pour eux, la démocratie, c’est quand ils s’arrangent en famille, quand ils confient les bijoux de l’Etat à leurs amis, et qu’ils en retirent des prébendes et des dividendes. La voilà, la démocratie qu’ils apprécient : la démocratie sans le peuple ! Ni dans la rue, ni sur les ronds-points, ni dans les urnes. Ou alors, une fois tous les cinq ans. Et entre-temps, circulez, braves gens ! Pour nous, au contraire, la démocratie, c’est la reprise en main de notre destin commun. Et il faut bien commencer par un bout, même petit : alors allons-y par le bitume des aéroports de Paris. Avant de passer à nos écoles, nos champs, nos hôpitaux, nos tribunaux, nos forêts…

Maintenant, une bataille est engagée. Nous, nous signons. Surtout, nous ferons signer, parmi nos collègues, dans les bureaux, dans les associations, dans les usines, dans les facultés, à la Fête de la musique et à la Fête des voisins, dans les vestiaires du club de foot et dans les colloques universitaires. Et cette belle bataille, populaire, démocratique, nous invitons à la mener ensemble, tous ensemble, par-delà les chapelles et les querelles, les « avec gilet » et les « sans gilet », les encartés et les non-encartés, les syndiqués et les non-syndiqués, unis dans une action. Unis pour produire une contagion de signatures, une épidémie de pétitions, et qu’on parvienne aux 4,7 millions. Aux stylos, citoyens ! Marchons ! Signons !

Les 16 premiers signataires : Daniel Bertone, secrétaire général CGT d’ADP ; François Boulo, avocat « gilets jaunes » ; Dominique Bourg, philosophe ; Pauline Boyer, porte-parole d’Alternatiba ; David Cormand, secrétaire national d’EELV ; Anny Duperey, comédienne ; Annie Ernaux, écrivaine ; Sébastien Jumel, député PCF ; Guillaume Meurice, humoriste ; Claire Monod, coordinatrice nationale de Génération.s ; Claire Nouvian, cofondatrice de Place publique ; Michel Onfray, philosophe ; Patrick Pelloux, médecin urgentiste ; François Ruffin, député LFI ; Marie Toussaint, eurodéputée EELV, initiatrice de « L’Affaire du siècle » ; Aurélie Trouvé, coprésidente d’Attac.

 

« La privatisation d’ADP n’est ni une philosophie ni une religion »

LeMonde.fr – 8 Juin 2019

Augustin de Romanet, PDG de Groupe ADP, a été reconduit fin mai pour un mandat de cinq ans à la tête de la société gestionnaire d’aéroports.

Le PDG de Groupe ADP, Augustin de Romanet, a été reconduit le 29 mai par le gouvernement pour un nouveau mandat de cinq ans. Une décision qui intervient au moment où la privatisation du groupe, très contestée, est compromise par l’organisation d’un référendum d’initiative populaire. Et après que l’un des candidats à ce rachat, le groupe Vinci, déjà actionnaire d’ADP, a vivement critiqué le programme d’investissement de 6 milliards d’euros entre 2021 et 2025, présenté par le PDG début avril.

Vous êtes-vous senti menacé par le processus de privatisation ?

Je n’ai jamais reçu de signaux indiquant que le projet que nous portons avec l’ensemble des équipes de Groupe ADP serait remis en cause par nos actionnaires. Il m’a toujours paru indispensable de séparer la question de l’identité de l’actionnaire de mon propre sort. Pour moi, il ne fallait ni désirer ni redouter la privatisation.

Si d’aventure la société est vendue aujourd’hui, ce sera avec un nombre de garanties tel qu’en interne nous disons que c’est presque une « nationalisation ». Le contrôle que la puissance publique aura sur les aéroports sera plus élevé que celui qu’elle a, par exemple, sur les autoroutes. Je ne suis donc pas inquiet d’une privatisation.

Vous croyez toujours à cette privatisation ?

Nous y sommes absolument prêts si ça doit se produire. La privatisation n’est ni une philosophie ni une religion, personne ne nous demande d’avoir de croyance. Si une privatisation devait survenir, je n’imagine pas que ce soit mauvais pour l’entreprise d’avoir un nouvel actionnaire qui renouvelle sa confiance dans les promesses qui ont été présentées. Si ADP avait été privatisé en 2012, l’action valait alors environ 60 euros. Si ADP est vendu aujourd’hui, l’action valant autour de 160 euros serait cédée sans doute à un prix supérieur. Nous n’avons pas perdu notre temps pour l’intérêt général.

Le manque de visibilité créé par le référendum complique-t-il la gestion du groupe ?

Bien sûr. Comment voulez-vous que l’on se réjouisse d’une situation qui nous oblige à gérer une incertitude accrue ? 

Avez-vous compris les critiques de Vinci sur votre politique d’investissements ?

Je mets ces critiques sur le compte de l’incompréhension. Vinci est présent à notre conseil d’administration, il est comptable de notre intérêt social, je n’imagine pas que ses critiques soient autre chose que l’encouragement à faire encore mieux que ce que nous faisons déjà très bien. Nous sommes probablement l’un des seuls groupes au monde à accueillir tous les deux ans entre 7 et 8 millions de passagers supplémentaires, comme c’est le cas à Paris, soit plus qu’une année de trafic de l’aéroport de Nantes. La croissance depuis le début de l’année à Charles-de-Gaulle est supérieure à 7 %.

Nous devons adapter en permanence notre capacité d’accueil pour que ces nouveaux passagers disposent d’accès, de salles d’embarquement, de services, etc. Entre 2011 et 2025, toute la croissance des infrastructures parisiennes se sera faite sans création de nouveaux terminaux ex nihilo. Notre principal client, Air France, nous avait demandé un nouveau terminal à Roissy pour 2024. Un travail nourri nous a permis de le reporter à 2028.

Si la privatisation ne se fait pas, Vinci a-t-il vocation à rester dans le capital, avec un siège au conseil ?

Je ne me hasarderai pas à parler en son nom.

Vous êtes parfois partenaire de Vinci Airports à l’international, parfois concurrents… Est-ce tenable ?

Nous sommes deux groupes importants, concurrents dans le métier des concessions aéroportuaires. Nous avons montré que nous étions capables de coopérer intelligemment dans le cas de l’aéroport de Santiago du Chili. De nouvelles coopérations ne sont pas forcément à exclure. Cela n’empêche pas que nous sommes concurrents sur des dossiers de prospection. Mais la concurrence est fructueuse dès lors qu’elle est loyale

Après la fermeture de l’aéroport d’Istanbul, quelle est votre stratégie de croissance ? Allez-vous garder votre première place ?

Les deux zones les plus prometteuses sont l’Asie (hors la Chine) et l’Amérique latine, même si nous observons avec intérêt le marché de l’Amérique du Nord, qui s’ouvrira probablement dans les années qui viennent. S’agissant de notre première place, tant que l’année 2019 n’est pas achevée, que nous ne connaissons pas le résultat final des appels d’offres pour les aéroports de Sofia, en Bulgarie, et d’Hokkaido au Japon, et que nous ne connaissons pas les performances de nos concurrents, nous ne pouvons pas dire que nous l’avons perdue.

Le gouvernement a repoussé le CDG Express à fin 2025. Est-ce un renoncement ?

Si ce projet était simple, il aurait été fait depuis trente ans… Aujourd’hui, c’est le meilleur compromis possible. Le gouvernement a tranché pour faire le CDG Express, et a mis en place un comité de suivi destiné à s’assurer de la bonne cadence des travaux pour une mise en service fin 2025. L’absence du CDG Express vient parmi les deux premiers critères qui handicapent l’attractivité de Paris aux yeux des investisseurs internationaux.

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Privatisation ADP : présentation du dispositif de consultation le 13 juin

Air-Journal.fr – 8 Juin 2019

Le dispositif sur le référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) sera publiquement présenté le 13 juin, a annoncé jeudi le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

L’ouverture de la période de recueil intervient dans le mois suivant la publication de la décision du Conseil constitutionnel au Journal officiel, soit le 15 mai dernier. C’est le ministre de l’Intérieur qui met en œuvre ce recueil, sous le contrôle des «Sages». Le dispositif sera ouvert «pendant neuf mois» de façon dématérialisé mais aussi dans les chefs-lieux de canton. Une circulaire a été adressée en début de semaine pour que les maires soient sensibilisés à ce dispositif dont la mise en œuvre est inédite depuis son introduction dans la Constitution en 2008, à l’initiative de Nicolas Sarkozy.

A l’initiative des parlementaires PS, quelque 250 députés et sénateurs (de LFI à LR, avec le soutien du RN) ont enclenché il y a deux mois cette procédure. Ils entendent s’opposer à la privatisation controversée du groupe aéroportuaire ADP, inscrite dans la loi pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), adoptée définitivement par le Parlement le 11 avril.

Seuls les électeurs inscrits sur les listes électorales peuvent apporter leur soutien. Il faut la signature d’au moins 10% du corps électoral, soit environ 4,7 millions de Français. Le Conseil constitutionnel doit intervenir une nouvelle fois pour valider ces soutiens. Et enfin, si la proposition de loi n’a pas été examinée au moins une fois par chacune des deux assemblées parlementaires dans un délai de six mois – dernière restriction-, le président de la République la soumet au référendum. En cas de résultat positif, le président pourra alors promulguer la loi dans les quinze jours.

 

Trafic Air France-KLM : + 3,3% en mai

Air-Journal.fr – 11 Juin 2019

Le trafic du groupe aérien franco-néerlandais a encore progressé en mai avec 9,182 millions de passagers, une hausse de 3,3% par rapport au même mois l’année dernière. Une croissance de 2,2% est affichée par la seule Air France, quand KLM Royal Dutch Airlines gagne 4,6% et la low cost Transavia +1,0%.

Les statistiques d’Air France-KLM pour mai 2019 indiquent une hausse de 4,8% du trafic en PKT (passager kilomètre transporté), sur des capacités en SKO (siège kilomètre offert) en augmentation de 2,6% – mais cette augmentation des capacités est de « 1,0% hors impact de 4 jours de mouvements sociaux chez Air France en mai 2018 ». Le coefficient d’occupation global du groupe, toutes filiales comprises, progresse de 1,8 point de pourcentage à 87,3%. La recette unitaire au siège kilomètre offert (RSKO) n’est pas mentionnée dans le communiqué publié ce vendredi.

L’activité passage réseaux, regroupant les compagnies aériennes Air France et KLM (HOP n’est plus mentionnée), a accueilli 7,527 millions de passagers en mai, un résultat en hausse de 3,8% par rapport à l’année dernière. Le trafic en PKT gagne 4,9% sur des capacités en SKO progressant de 2,3%, pour un coefficient d’occupation à 86,8% (+2,1 points). Ce trafic progresse de 4,8% sur le seul long-courrier (2,339 millions de passagers), et en particulier de 7,5% sur l’Amérique du nord, de 5,5% sur l’Amérique latine, de 6,9% vers l’Asie, de 2,6% vers les Caraïbes-Océan Indien ; mais il recule de 1,5% sur l’Afrique et le Moyen-Orient avec environ 422.000 passagers. Le coefficient d’occupation moyen sur le long-courrier est de 87,4% (+2,4 points) L’activité court et moyen-courrier gagne 3,4% avec 5,188 millions de passagers, et une occupation à 84,3% (+1,0 point).

Air France (incluant désormais sa filiale régionale HOP) a accueilli en mai 4,412 millions de passagers, un résultat en hausse de 3,3% (à relativiser donc en raison des grèves de mai dernier). Le trafic en PKT gagne 6,6% sur des capacités en SKO en hausse de 2,9% ; le coefficient d’occupation progresse de 3,0 points de pourcentage à 85,6%. Le court et moyen-courrier affiche 3,052 millions de passagers (+1,8%), avec une occupation à 82,1% (+1,2 point) ; le long-courrier a transporté 1,370 million de voyageurs (+6,8%), avec une occupation moyenne à 86,5% (+3,5 points).

KLM Royal Dutch Airlines a de son côté accueilli 3,115 millions de passagers le mois dernier (+4,6%), avec un trafic en PKT à +2,6% sur des capacités en SKO à +1,6% ; le coefficient d’occupation s’établit à 88,5% (+0,9 point). Le court et moyen-courrier affiche 2,146 millions de passagers (+5,7%), avec une occupation à 87,7% (+0,5 point) ; le long-courrier a transporté 969.000 voyageurs (+2,1%), avec une occupation à 88,6% (+1,0 point).

Transavia, la filiale low cost du groupe de l’alliance SkyTeam, a accueilli le mois dernier 1,655 million de passagers (+1,0%), avec une hausse de capacité (+5,3%) supérieure à celle du trafic en PKT (+4,4%) ; le coefficient d’occupation perd 0,8 point par rapport à mai 2018 à 91,8%.

Enfin l’activité fret d’Air France-KLM a vu son trafic mensuel en TKT (tonne kilomètre transporté) gagner 4,3% le mois dernier, sur des capacités en hausse de 2,3% ; le taux de remplissage progresse de 1,1 point de pourcentage à 59,3%. Dans le détail, le cargo Air France voit son taux de remplissage gagner 2,7 points à 53,4% sur un trafic en TKT en hausse de 7,9%, quand celui de KLM perd 0,3 point à 64,9% sur un trafic en TKT en hausse de 1,7%.

Sur les cinq premiers mois de l’année, le groupe Air France-KLM a accueilli 40,816 millions de passagers (+4,4% par rapport à la même période en 2018), avec un coefficient d’occupation moyen de 87,3% (+1,8 point). Air France affiche 20,887 millions de clients entre janvier et mai (+5,7%), et KLM 13,849 millions de clients (+1,6%).

 

Avianca Argentina suspend ses opérations

Air-Journal.fr – 11 Juin 2019

La compagnie aérienne Avianca Argentina a suspendu ses opérations pour tenter de restructurer son réseau et son mode de fonctionnement, une annonce qui survient deux semaines après celle similaire d’Avianca Brasil.

La suspension annoncée le 9 juin 2019 par la filiale argentine d’Avianca porte sur une durée de 90 jours, avec possibilité d’extension pour 90 jours supplémentaires selon l’Autorité de l’aviation civile ANAC. Selon le régulateur, la demande faite par Avianca Argentina « est basée sur le début d’un processus de restructuration de l’entreprise, pour redévelopper un plan de transport régulier et un modèle commercial de l’entreprise ». Avianca Argentina opérait deux des douze ATR 72-600 commandés en 2016, sur deux routes intérieures au départ de sa base à Buenos Aires-Jorge Newbery vers Mar del Plata (face à Austral et Andes Líneas Aéreas) et Santa Fe (face à Austral). « Avec les avions actuels et la concurrence qui existe, il n’est pas viable de poursuivre les opérations », a déclaré le CEO d’Avianca Argentina Carlos Colunga, à l’agence de presse Telam. Il n’a pas mentionné l’inflation galopante et la dépréciation de la monnaie, qui ont mis un coup de frein aux voyages aériens. Cette suspension des activités commerciales, approuvée par l’État et effective depuis le 7 juin, devrait protéger Avianca Argentina des sanctions habituelles liées aux annulations de vols.

L’annonce en Argentine survient deux semaines après celle au Brésil qui a vu Avianca Brazil clouée au sol, alors qu’elle était déjà sous la protection de la loi contre les faillites depuis décembre 2018. Après avoir restitué des dizaines d’aéronefs aux bailleurs et réduit de 900 personnes ses effectifs, la compagnie aérienne n’avait maintenu qu’un réseau squelettique desservant les aéroports les plus achalandés du Brésil (dont São Paulo-Congonhas et Guarulhos, Salvador de Bahia, Rio de Janeiro-Santos Dumont.), afin de conserver ses créneaux d’atterrissage et de décollage, qui constituent son actif le plus précieux.

Rappelons que les deux compagnies aériennes ont pour maison-mère le groupe Synergy, également à la tête d’Avianca Holdings né de la fusion de la compagnie colombienne et de TACA au Salvador. Son propriétaire Germán Efromovich a perdu le contrôle de Avianca Holdings après avoir échoué à conclure un contrat de couverture pour un prêt auprès de United Airlines, cette dernière et le reste du Conseil d’administration le remplaçant comme président par Roberto Kriete (ex CEO de TACA).

On retiendra d’autre part qu’en Colombie, Avianca (dont Efromovich demeure le principal actionnaire) a pris possession fin mai du premier des huit Boeing 787-9 Dreamliner attendus. Le MSN43983 est pris en leasing chez SMBC Aviation Capital, qui lui en fournira deux autres en 2021.

 

Une filiale à Malte pour Ryanair

Air-Journal.fr – 10 Juin 2019

La compagnie aérienne low cost Ryanair est sur le point de lancer une nouvelle filiale baptisée Malta Air dans l’île méditerranéenne, avec à terme une vingtaine d’avions basés à La Valette.

Après Lauda en Autriche en janvier dernier et Buzz en Pologne l’automne prochain, Malta Air serait la nouvelle filiale de Ryanair Holdings, qui reprendrait les 41 lignes opérées par la spécialiste irlandaise du vol pas cher depuis l’aéroport de La Valette-Luqa (sur un total de 67 dont Beauvais, Marseille, Nantes et Toulon). Selon le Times of Malta, durant les négociations avec le gouvernement local, Ryanair « s’est également engagée à créer plusieurs autres nouvelles routes » à Malte, où elle opère une base depuis 2010, et à doubler sa flotte de dix Boeing 737-800 « avec l’intention de poursuivre sa croissance dans un proche avenir ». Des opérations de maintenance seraient mises en place dans l’aéroport, et 350 emplois seraient créés en trois ans dans le siège de la nouvelle compagnie aérienne. D’autres sources annoncent qu’une soixantaine d’avions basés en Allemagne et Italie pourraient être enregistrés à Malte.

Les discussions entre le directeur commercial de Ryanair David O’Brien et le ministre du Tourisme Konrad Mizzi « se poursuivent depuis plusieurs mois » selon le quotidien, et la signature d’un accord serait « imminente ». Le gouvernement détiendrait des « actions en or » dans la nouvelle compagnie aérienne, et un droit de veto sur les questions liées à la vente du nouveau transporteur à des tiers. « Une fois conclu, ce partenariat novateur fera partie de notre vision visant à faire de Malte un hub de l’aviation au cœur de la Méditerranée, contribuant ainsi à assurer un avenir prospère à nos enfants et aux leurs », a déclaré le ministre dans un communiqué dimanche.

Rappelons qu’outre ses propres lignes, Ryanair propose sur son site 21 routes opérées par la compagnie nationale Air Malta vers et depuis Malte (dont Lourdes, Lyon, Casablanca, Tunis, Genève ou Moscou), suite à l’accord signé en août dernier. Le ministre du tourisme a précisé que le gouvernement « continuera à investir dans Air Malta, qui se développe et se concentre sur un modèle commercial et une offre de marché différents ». La rumeur croit notamment qu’elle pourrait développer une offre long-courrier et cargo, sa flotte actuelle étant limitée à un Airbus A319, sept A320 et un des trois A320neo attendus. Malte accueille deux lignes long-courrier à ce jour, celles d’Emirates Airlines depuis Dubaï et de Qatar Airways qui vient d’inaugurer des vols au départ de Doha.

 

Terrorisme : menaces d’attentat contre Roissy-CDG et Orly

Air-Journal.fr – 9 Juin 2019

Le parquet de Créteil (Val-de-Marne) a indiqué, jeudi, l’ouverture d’une enquête judiciaire après des menaces terroristes visant les aéroports parisiens Roissy-Charles de Gaulle et Orly, confirmant des informations révélées par la chaîne LCI.

Trois courriers électroniques ont été envoyés depuis mai à Aéroports de Paris (ADP), le gestionnaire des plateformes aéroportuaires parisiennes. Le dernier mail datant du 4 juin visait Orly : «Nous allons poser une bombe dans votre aéroport (…) Il y a des bombes, ça va exploser !», pouvait-on lire dans ces courriers, selon une source proche du dossier citée par l’AFP.

Un autre mail faisait état d’un commando ayant prêté allégeance à l’État islamique et d’une « cellule coordonnée » qui se seraient introduits dans l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle pour y installer « des engins explosifs », a rapporté LCI. « Cinq de nos soldats ayant prêté allégeance à l’État islamique viennent d’exécuter une opération sophistiquée qui conduira à un attentat puissant comme ceux du bon vieux temps », indiquait encore le mail.

Des recherches ont été effectuées dans les deux aéroports parisiens, mais n’ont rien donné. « Toutes les menaces sont prises au sérieux, a indiqué une source proche du dossier à LCI. Nous adaptons continuellement notre dispositif, compte tenu du contexte et des événements à dimension internationale, comme les cérémonies du débarquement ou encore la Coupe du monde de football féminin. »