Revue de presse SNPL du 15 janvier 2020

Revue de presse élaborée par

 

 

  • Aéroports parisiens : 108 millions de passagers en 2019
  • Survie de Flybe: moins de taxes sur les vols intérieurs ?
  • Groupe ADP : Hub One, filiale du Groupe ADP, annonce les acquisitions des sociétés Oveliane et OïkiaLog
  • ADP garde le cap de la croissance malgré les faillites de compagnies aériennes
  • Transport aérien : le Sénégal se sent pousser des ailes

 

Aéroports parisiens : 108 millions de passagers en 2019

Air-Journal.fr – 15 Janvier 2020

Paris Aéroport a accueilli un total de 108.003.056 passagers en 2019, soit une hausse de 2,5% par rapport à l’année précédente, dont 76,15 millions à Paris-Charles de Gaulle (+5,4%) et 31,85 millions à Paris-Orly (-3,8%).

Le gestionnaire des aéroports parisiens ADP précise dans son communiqué que le trafic a augmenté de 4,8% au 1er semestre et de 0,5% au 2nd semestre. La baisse du trafic à Paris-Orly est « notamment liée » aux limitations de mouvements induites par la fermeture pour travaux de la principale piste d’Orly (fermée le 28 juillet et rouverte depuis le 2 décembre) ainsi qu’aux effets de la faillite de la compagnie Aigle Azur qui a cessé ses activités à compter du vendredi 6 septembre au soir.

Le trafic France dans les deux aéroports parisiens est en décroissance (-0,3%), tandis que le trafic Europe (hors France) progresse de 2,5%. Le trafic international (hors Europe) est en progression (+3,7%) avec une croissance sur les faisceaux suivants : Amérique du Nord (+7,3%), Amérique Latine (+6,1%), DOM-COM (+5,5%), Afrique (+1,5%), Moyen-Orient (+1,4%) et Asie-Pacifique (+1,1%).

Le nombre de passagers en correspondance progresse de 7,4% ; le taux de correspondance s’est établi à 22,7%, en hausse de 1,0 point par rapport à 2018.

Le trafic de TAV Airports, dont le Groupe ADP détient 46,1% du capital, est en décroissance de 32,6 % en 2019, à 105,2 millions de passagers. Pour mémoire, les vols commerciaux d’Istanbul-Atatürk ont été transférés vers le nouvel aéroport d’Istanbul depuis le 6 avril 2019 ; hors Atatürk, le trafic de TAV Airports est en hausse de 1,3%. Le trafic de l’aéroport de Santiago du Chili, dont le Groupe ADP détient 45% du capital, est en hausse de 5,7% sur l’année 2019 à 24,6 millions de passagers. Le trafic d’Amman, dont le Groupe ADP détient 51% du capital, est en hausse de 5,9% en 2019 à 8,9 millions de passagers.

Au seul mois de décembre 2019, le trafic de Paris Aéroport « a été impacté par les mouvements sociaux » et est en baisse de 0,3% par rapport au mois de décembre 2018 avec 8,1 millions de passagers accueillis dont 5,8 millions à Paris-Charles de Gaulle (+2,9%) et 2,3 millions à Paris-Orly (-7,5%). Le trafic France est en décroissance (-2,6%), et le trafic Europe (hors France) est en diminution (-0,7%). Le trafic international (hors Europe) est en progression (+0,8%) avec une croissance sur les faisceaux suivants : DOM-COM (+9,6%), Moyen-Orient (+4,7%) et Amérique du Nord (+4,1%) ; les faisceaux en retrait sont : Afrique (-5,2%), Asie-Pacifique (-1,6%) et Amérique Latine (-0,4%). Le nombre de passagers en correspondance augmente de 0,2% en décembre, le taux de correspondance s’établissant à 24,3%, en hausse de 0,2 point par rapport à décembre 2018.

 

Survie de Flybe: moins de taxes sur les vols intérieurs ?

Air-Journal.fr – 14 Janvier 2020

Le gouvernement britannique étudie la possibilité de réduire la taxe passager sur les vols domestiques, afin de faciliter la survie de la compagnie aérienne Flybe – dont le réseau intérieur, représentant plus de la moitié des routes intérieures en dehors de Londres, est vital pour de nombreuses régions.

La compagnie régionale n’a toujours pas commenté officiellement les rumeurs de situation financière critique dévoilées ce weekend par Sky News, mais le gouvernement avec qui elle discuterait d’un prêt d’urgence a suggéré une autre piste : réduire la taxe passager sur les vols domestiques. Ce qui selon la BBC permettrait de reporter la facture fiscale de la compagnie régionale (100 millions de livres sur trois ans d’après Sky News), qui pourrait alors mettre en place un plan de sauvetage et garantir la pérennité de plus de 2000 emplois. Tout en échappant aux potentielles foudres européennes puisque la mesure touchera tous les transporteurs du pays. Prélevée sur tous les vols au départ du Royaume Uni (hors Highlands en Ecosse et îles), la taxe passager rapporte environ 3,7 milliards de livres selon l’Office pour la Responsabilité du Budget cité par BBC.

Les syndicats ont également donné de la voix hier, le BALPA représentant les pilotes demandant à être associés aux discussions : « Il s’agit d’une situation épouvantable et nous exigeons que les propriétaires de Flybe – Virgin, Stobart et Cyrus – et les ministères concernés cessent de se cacher et nous parlent de Flybe. Nous avons le droit d’être consultés et le personnel a le droit de savoir ce qui se passe ». Pour la dirigeante Diane Holland de Unite, premier syndicat du pays, « les spéculations sur le futur de Flybe sont profondément inutiles et terriblement déstabilisantes pour les employés loyaux de la compagnie » ; elle aussi demande à être reçue par la direction. Plusieurs écologistes se sont en revanche élevés contre le principe d’une aide d’état à une compagnie aérienne.

Selon la presse anglaise, un courriel du CEO de Flybe Mark Anderson à ses employés explique que la direction reste « concentrée » sur le redressement de la compagnie aérienne. « Toute mon énergie, et celle de notre équipe de direction, est très concentrée sur la poursuite de la transformation de Flybe, qui deviendra bientôt Virgin Connect, et de la prestation du service sincère que nos clients attendent », a-t-il déclaré. « J’apprécie que les titres de la presse que certains d’entre vous ont déjà lus soient inquiétants, mais je veux que vous sachiez que nous sommes déterminés à faire tout notre possible pour que cela fonctionne ».

Flybe avait officialisé l’automne dernier son changement de nom en Virgin Connect, après avoir été sauvée de la faillite en janvier par un consortium dans lequel figure le groupe Virgin. La plus grande compagnie aérienne régionale d’Europe assure plus de vols intérieurs au Royaume-Uni que toute autre compagnie aérienne (38% de tous les vols intérieurs en 2019), et transporte environ 8 millions de passagers par an. Elle exploite plus de 140 lignes desservant 10 pays à partir de 57 points de départ au Royaume-Uni et en Europe, avec une flotte de 71 appareils – 54 Bombardier Q400, deux Embraer E195, neuf E175 et six ATR.

 

Groupe ADP : Hub One, filiale du Groupe ADP, annonce les acquisitions des sociétés Oveliane et OïkiaLog pour…

ZoneBourse.com – 13 Janvier 2020

Hub One, filiale du Groupe ADP, annonce les acquisitions des sociétés Oveliane et OïkiaLog pour renforcer son positionnement d’acteur majeur de la cybersécurité et d’opérateur SOC.

Hub One, société du Groupe ADP et opérateur de technologies digitales pour les entreprises, a finalisé les acquisitions de Oveliane, éditeur de logiciel de gouvernance de sécurité des systèmes d’information, et de OïkiaLog, société de conseil et d’intégration dans le domaine de l’analyse de LOG (Security Infrastructure and Event Management : SIEM).

Ces acquisitions ciblées accélèrent la stratégie de Hub One qui souhaite s’imposer comme un acteur essentiel du marché de la cybersécurité, et ce dans quatre principaux domaines : la formation, le cyber-entraînement, le conseil et l’audit ainsi que les services managés, avec notamment la fourniture de SOC (Security Operation Center) à destination des ETI comme des Opérateurs d’Importance Vitale (OIV).

Ces acquisitions renforcent la capacité de Hub One à réaliser, à configurer et à monitorer de façon autonome un SOC : véritable tour de contrôle de la cybersécurité d’une entreprise. Grâce à cette technologie, Hub One est en mesure de répondre à la fois aux exigences de qualité des ETI et des grands comptes comme à celles de l’ANSSI1 portant sur les Opérateurs d’Importance Vitale.

Après le rachat, en juin 2018, de la société Sysdream, expert reconnu de la cybersécurité et qualifié PASSI2,ces nouvelles opérations de croissance externe s’inscrivent dans la stratégie de Hub One visant à atteindre un chiffre d’affaires compris entre 200 et 300 millions d’euros d’ici trois à six ans (contre 155 millions d’euros réalisés en 2018).

PME(s) françaises fondées respectivement en 2003 et 2010 par Laurent Noë et Jean-Louis Charton, OïkiaLog et Oveliane comptent à elles deux une dizaine de salariés pour un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros en 2018. Le rapprochement avec Hub One est né d’une volonté commune de renforcer la construction d’une offre SOC intégrant au maximum des outils et compétences internes. Les deux sociétés sont spécialisées dans la mise en œuvre, l’intégration et le suivi des logs, de solutions de sécurité et de conformité leader du marché (Stormshield, Splunk), ainsi que dans la création de leur propre solution (OSE) de contrôle d’intégrité et de conformité des systèmes d’information (hygiène de la sécurité), suivant une approche unique en France de centralisation et d’analyse des états et des écarts en lien direct avec la politique de sécurité des SI de ses clients.

« Ce rapprochement est une formidable occasion pour OïkiaLog et Oveliane de disposer de la capacité industrielle de Hub One, filiale du Groupe ADP, et ainsi de stimuler notre croissance. Ceci va nous donner la capacité d’accélérer les développements et les innovations sur notre solution logicielle OSE, facteurs essentiels pour répondre toujours mieux aux enjeux actuels de sécurité et aux besoins de nos clients », indique Laurent Noë, Président de OïkiaLog et Oveliane.

Pour Guillaume de Lavallade, Directeur Général de Hub One, « ces acquisitions vont permettre à Hub One de renforcer son positionnement et sa stratégie de développement sur le marché de la cybersécurité. Nous nous dotons ainsi en interne de compétences rares et de briques essentielles dans la fourniture d’un SOC, en réduisant la dépendance à des outils non souverains ».

Enfin, Edward Arkwright, Directeur Général exécutif du Groupe ADP et Président de Hub One, déclare : « La cybersécurité est un marché en très forte expansion sur lequel nous souhaitons capitaliser afin d’accélérer le positionnement de Hub One en tant qu’acteur de poids capable de répondre aux exigences de secteurs dits contraints tels que celui du transport aérien ».

*ANSSI : Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information

*2PASSI : Prestataires d’Audit de la Sécurité des Systèmes d’Information

À propos de Hub One

Hub One est l’opérateur de technologies digitales pour les entreprises et organisations publiques. Acteur de référence de la transformation numérique en univers contraints, Hub One s’appuie sur ses trois expertises : connectivité haut-débit, logiciels métiers et cybersécurité. Hub One propose le meilleur des technologies au travers de solutions éprouvées et adaptées aux besoins et usages des professionnels.

Avec plus de 10 agences régionales et 550 collaborateurs au service quotidien de plus de 5 000 clients, Hub One a généré un chiffre d’affaires de 155 millions d’euros en 2018. Hub One est une société membre du Groupe ADP, filiale à 100 % d’Aéroports de Paris SA.

 

ADP garde le cap de la croissance malgré les faillites de compagnies aériennes

LesEchos.fr – 14 Janvier 2020

Le trafic des aéroports parisiens a progressé de 2, 5 % en 2019, à 108 millions de passagers, malgré l’impact de la disparition d’Aigle Azur sur l’activité d’Orly. Le groupe ADP est néanmoins devancé par le groupe Vinci au palmarès des groupes aéroportuaires mondiaux.

A l’instar des cernes des arbres qui conservent les traces des variations météorologiques, les chiffres de trafic annuels du groupe ADP gardent les traces des événements de l’année. Après  la grève d’Air France et les gilets jaunes en 2018, c’est la faillite d’Aigle Azur qui a laissé sa marque sur l’activité des aéroports parisiens en 2019. Alors que le trafic de Roissy-CDG a progressé de 5,4 %, à 76,2 millions de passagers, celui d’Orly a baissé de 3,8 % l’an dernier, à 31,9 millions. Mais au total, le trafic des aéroports parisiens a poursuivi sa croissance en 2019, avec 108 millions de passagers au total, soit 2,7 millions de plus qu’en 2018.

Vinci devant ADP

En revanche, le trafic global du groupe ADP, incluant celui de sa filiale turque TAV et des aéroports d’Amman et de Santiago du Chili, s’est réduit de 32,6 % l’an dernier, à 213 millions de passagers, du fait de la fermeture de l’aéroport Atatürk d’Istanbul, qui lui a fait perdre 16 millions de clients. Résultat, le groupe ADP est désormais devancé, au hit-parade des groupes aéroportuaires mondiaux, par le groupe Vinci, qui s’est considérablement renforcé en 2019 avec  la prise de contrôle de l’aéroport de Londres-Gatwick , lui permettant d’afficher un trafic total de plus de 240 millions de passagers.

Croissance de l’international

ADP n’en reste pas moins largement en tête pour le trafic long-courrier, tiré notamment par la croissance du trafic vers l’Amérique du Nord (+7,3 %), l’Amérique latine (+6,1 %) et les DOM-TOM (5,5 %). Cette clientèle long-courrier, qui est la plus rémunératrice, a encore de 3,7 % et représente désormais 41,3 % du trafic des aéroports parisiens, contre 43,8 % pour l’intra-européen et 15 % seulement pour le domestique dont la part ne cesse de se réduire.

En revanche, ADP semble avoir réussi à enrayer l’érosion du trafic de correspondance, en nette progression sur 2019 (+7,4 % à 12,25 millions) après plusieurs années de baisse. La baisse de la taxe de correspondance et les efforts pour améliorer le service, commencent apparemment à porter leurs fruits.

 

Transport aérien : le Sénégal se sent pousser des ailes

LeMonde.fr – 9 Janvier 2020

Le pays se positionne en première ligne sur un marché de l’aviation promis à une croissance exponentielle en Afrique.

C’est une année faste qui s’est achevée pour Air Sénégal. Lancée en 2018, la compagnie aérienne, propriété de l’Etat sénégalais, est devenue la vitrine d’un secteur de l’aviation qui nourrit de grandes ambitions. Le 4 décembre, le président Macky Sall s’est déplacé en personne pour accueillir sur le tarmac de l’aéroport international Blaise-Diagne, à 50 km de Dakar, le deuxième Airbus A330neo de la compagnie, dernier arrivé dans la flotte d’Air Sénégal, composée désormais de sept appareils long-courrier.

Jouant le pilote dans le cockpit de l’avion flambant neuf, le chef de l’Etat en a profité pour réaffirmer son ambition de faire de Dakar un « hub international » reliant l’Afrique de l’Ouest au monde entier. Volet majeur de son Plan Sénégal émergent (PSE), le secteur de l’aérien apparaît comme un marché d’avenir au potentiel encore sous-exploité.

« L’Afrique concentre 17 % de la population mondiale mais ne représente que 3 % du trafic aérien planétaire. De surcroît, l’Afrique de l’Ouest ne représente que 16 % du trafic africain », rappelle Romuald Ngueyap, spécialiste du secteur aérien africain et rédacteur en chef du site spécialisé News Aero. Selon les prévisions de l’Association internationale du transport aérien (IATA), le volume du trafic sur le continent est amené à doubler d’ici quinze ans pour atteindre 400 millions de passagers. L’augmentation des flux touristiques, l’urbanisation rapide et l’émergence d’une classe moyenne africaine favorisent le mouvement.

Un déploiement effréné

Dans ce contexte, Air Sénégal fait le pari de s’implanter vite et fort sur un marché qui en est encore à ses prémices. « Aujourd’hui, nous sommes dans une dynamique qu’on ne connaît pas dans les autres régions du monde », affirme Cheikh Seck, directeur des opérations. A 45 ans, ce commandant de bord orchestre le déploiement effréné de la compagnie sur des lignes à gros trafic déjà dominées par des mastodontes comme Air France ou Emirates.

« Lorsqu’en février 2019, Air Sénégal a repris les droits de trafic cédés par Corsair sur la ligne Dakar-Paris, c’était très difficile d’imaginer qu’on allait pouvoir remplir 290 sièges par jour », se remémore-t-il. Or sur les trois derniers mois de 2019, la ligne a atteint un taux de remplissage proche de 90 %. Mi-décembre, la compagnie a inauguré deux nouvelles destinations : Barcelone et Marseille. Et en 2020, elle espère pouvoir relier Dakar à Londres, Genève et, surtout, New York et Washington.

Des perspectives prometteuses après deux tentatives manquées de relancer la compagnie nationale, d’abord avec Air Sénégal International (2001-2009) puis avec Sénégal Airlines (2011-2016). « L’Afrique n’a pas le monopole des compagnies avortées, on l’a vu tout récemment avec Aigle Azur [compagnie française liquidée en septembre 2019]. C’est un domaine ultra-concurrentiel, et quand on n’a pas de stratégie claire, quel que soit le marché, on disparaît », assène M. Seck.

Pour autant, le directeur des opérations a bien conscience que sa compagnie ne peut pas porter à elle seule le développement du secteur au Sénégal, alors que les faillites se sont multipliées dans la sous-région depuis vingt ans. Les taxes élevées, les restrictions sur les droits de trafic et le prix du carburant en Afrique – « 35 % plus élevé que la moyenne mondiale », selon M. Ngueyap – pèsent sur les comptes et la rentabilité. Au sud du Sahara, Ethiopian Airlines demeure la seule compagnie à avoir su véritablement tirer son épingle du jeu.

« Susciter des vocations »

Pas de quoi doucher les espoirs des acteurs du secteur aérien sénégalais. Au cœur de la réserve naturelle de palmiers centenaires du domaine de Kalahari, à l’ouest de Dakar, s’est tenu les 7 et 8 décembre le Saly Air Show, « premier salon aéronautique d’Afrique de l’Ouest », qui a accueilli près de 3 200 visiteurs et une quarantaine d’exposants venus d’Afrique et d’Europe. Dans l’aérodrome, de nombreux jeunes Sénégalais ont pu voir décoller un avion pour la première fois et découvrir l’histoire qu’entretient leur pays avec l’aviation, des premiers trajets de l’Aéropostale en transit à Saint-Louis au rayonnement de la compagnie panafricaine Air Afrique (1961-2002).

« Nous devons faire connaître au grand public ce que représente l’aéronautique, concrètement, pour susciter des vocations », explique Mouhamadou Bamba Fall, directeur général de West Africa Aerospace Events, l’organisateur de l’événement. Ce Sénégalais qui a grandi en France est revenu il y a cinq ans dans son pays natal pour « apporter [sa] contribution ». « J’étais diplômé de l’ENAC [Ecole nationale de l’aviation civile], j’avais déjà travaillé pour plusieurs compagnies aériennes européennes et, quand je suis arrivé au Sénégal, je me suis rendu compte que le milieu était très fermé. Les aéroports, les compagnies, les écoles, les instances gouvernementales… Tous travaillaient dans leur coin sans jamais se croiser », décrit-il.

Il choisit alors de lancer l’Association sénégalaise pour la promotion des métiers de l’aéronautique (Asepma) et entame une tournée des collèges et des lycées du pays. L’enjeu est de donner une plus grande visibilité au secteur, alors que l’offre de formation du personnel navigant, des techniciens de maintenance et des pilotes reste encore parcellaire et inaccessible pour la majorité des étudiants du continent.

Au Sénégal, l’Ecole polytechnique de Thiès (EPT), à une trentaine de kilomètres de Dakar, est la seule à dispenser, depuis 2013, une formation publique en ingénierie aéronautique. Mais les promotions n’excèdent pas neuf élèves, dont une partie s’envolent vers l’Europe pour y faire carrière. « On attend un soutien extrêmement fort de la part du gouvernement sénégalais pour nous donner les moyens de former un personnel de qualité au niveau local », confie Alassane Diene, le directeur de l’EPT. L’enjeu est de taille. Rien que pour les cinq prochaines années, Air Sénégal aura besoin de recruter entre 50 et 100 pilotes par an.

Affaires et offshore

« Il n’y a pas d’écosystème pour que je puisse vivre aujourd’hui au Sénégal », observe Marie-Jeanne Ndiaye, l’initiatrice du Saly Air Show. Cette Sénégalaise de 37 ans, ingénieure aéronautique passée par Boeing, a l’intention de créer un réseau capable de soutenir le développement du secteur au Sénégal. « Des gens comme moi ou Bamba souhaitons être des catalyseurs. Car ici tout est en train d’évoluer : l’aviation avec Air Sénégal, mais aussi les formations et les start-up, qui se multiplient », souligne-t-elle.

Le Sénégal attire l’attention d’entrepreneurs convaincus que sa position géostratégique, sa stabilité politique et son nouvel aéroport, inauguré en décembre 2017, en font une place incontournable en Afrique de l’Ouest. « Blaise-Diagne » a été conçu pour une capacité d’accueil de 3 millions de passagers annuels. Avec ses 2,3 millions de passagers en 2018, l’aéroport sénégalais surclasse déjà ceux d’Abidjan (2,1 millions) et d’Accra (2 millions).

Mais l’aviation civile n’est pas le seul domaine qui pourrait bénéficier de ce hub. Des perspectives de développement existent aussi pour l’aviation d’affaires et le transport aérien offshore. En prévision de l’exploitation dès 2021 des réserves d’hydrocarbures découvertes au large du Sénégal, la société franco-marocaine HéliConia a été la première à investir le marché du transport offshore en hélicoptère, il y a deux ans.

Quant au Franco-Algérien Karim Benhamouda, il a lancé à l’été 2019, avec le soutien d’investisseurs privés locaux, ProJets Aviation, la première compagnie d’aviation d’affaires au Sénégal. Sa cible : des chefs d’Etat africains dépourvus d’avions présidentiels, des ministres, des institutions internationales, des entreprises, des célébrités et même des ONG. « Dans l’aviation d’affaires, il n’y a jamais rien eu de structuré en Afrique de l’Ouest. Pourtant, il y a un besoin énorme », affirme l’ancien pilote, à la tête d’une dizaine de salariés.