Revue de presse SNPL du 17 avril 2019

Revue de presse élaborée par

 

  • ADP : L’opposition ne désarme pas, le Conseil constitutionnel saisi
  • Coup de massue pour les deux aéroports privatisés de Toulouse et Nice
  • La justice administrative annule la procédure de vente de l’aéroport toulousain
  • ADP : le trafic aéroport en hausse de 5,2% en mars 2019
  • Lufthansa plonge dans le rouge au premier trimestre
  • Aéroport Lyon-Saint Exupéry: le trafic s’envole au premier trimestre
  • Plus que deux semaines pour trouver une solution pour Alitalia
  • Jet Airways sera-t-elle la prochaine compagnie aérienne à faire faillite ?
  • Le chantier du nouvel aéroport de Berlin s’achèvera-t-il un jour ?

 

ADP : L’opposition ne désarme pas, le Conseil constitutionnel saisi

Investir / Reuters – 16/04/2019
Le Conseil constitutionnel a annoncé mardi avoir été saisi par des parlementaires au sujet du projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), qui intègre les dispositions contestées sur la privatisation d’ADP (ex-Aéroports de Paris).
Adopté définitivement la semaine dernière après un long parcours législatif, ce texte met sur les rails un vaste programme de cession d’actifs, dont la privatisation controversée d’ADP, contre laquelle un référendum d’initiative partagée a été engagé par près de 250 parlementaires de droite et de gauche.
Dans une saisine publiée sur leur site, des députés du groupe Les Républicains (LR) estiment que le gestionnaire des aéroports d’Orly et de Roissy, qui concentre plus de la moitié du trafic total de passagers dans les aéroports français, exploite un monopole de fait.

Soulignant l’absence de mesures remédiant à cette situation dans la loi Pacte, ils réclament l’invalidation des articles prévoyant la privatisation d’ADP, dont l’Etat détient 50,6%. Ils estiment également que « l’impossibilité matérielle » dans laquelle se sont trouvés les députés de consulter le cahier des charges défini par le gouvernement pour encadrer cette opération constitue une atteinte au « principe de clarté et de sincérité du débat parlementaire ».

Le groupe socialiste à l’Assemblée compte de son côté déposer un recours le 23 avril, a-t-on appris auprès de sa présidente, la députée du Tarn-et-Garonne Valérie Rabault.
Le groupe socialiste au Sénat avait fait part la semaine dernière de son intention de saisir le Conseil constitutionnel, en soulignant qu’ADP comme la Française des Jeux (FDJ) constituent des monopoles de fait qui doivent donc être la propriété de la collectivité, selon les termes de la Constitution.

Texte touffu de près de 200 articles, la loi Pacte contient différentes mesures destinées à favoriser la croissance des entreprises tout en associant davantage les salariés à leurs résultats.

Les dispositions les plus emblématiques et les plus critiquées concernent les cessions d’actifs (privatisations d’ADP et de la FDJ, diminution de la participation de l’Etat dans Engie), dont le produit doit contribuer à alimenter un fonds pour l’innovation de rupture, doté de dix milliards d’euros, ainsi qu’au désendettement.

 

Coup de massue pour les deux aéroports privatisés de Toulouse et Nice

La Tribune – 16/04/2019
La cour administrative d’appel a annulé ce mardi la procédure de sélection des candidats au rachat en 2014 d’une part de 49% que l’Etat détenait dans l’aéroport de Toulouse qui avait conduit à céder le contrôle de l’aéroport à des actionnaires chinois. Ces derniers essayent de revendre aujourd’hui cette participation. La semaine dernière, le gendarme des aéroports, l’ASI a imposé une baisse de 33% des redevances de l’aéroport de Nice facturées aux compagnies aériennes.

Il ne fait pas bon être actionnaire de l’un des trois aéroports français privatisés. Dans la foulée du vote le 11 avril de la loi Pacte qui inclut la privatisation d’ADP, le groupe italien Atlantia, actionnaire majoritaire de l’aéroport de Nice (49,9%) et le consortium chinois Casil, actionnaire dans les mêmes proportions de l’aéroport de Toulouse, viennent tous deux de prendre un sacré coup derrière la tête.

Annulation de la procédure de sélection des candidats

A Toulouse, alors que les actionnaires chinois étaient en plein processus de revente de la participation qu’ils avaient achetées en 2015 à l’Etat, la cour administrative d’appel, saisie par trois syndicats, a annulé ce mardi les décisions portant sur la sélection des candidats pour l’achat des parts de l’Etat en 2014. Opposés à la privatisation, la CGT, FSU et Solidaires arguaient que « l’offre indicative » (initiale) avait été déposée par Casil associé à la SNC Lavalin, mais que l’offre finale n’avait été présentée que par le groupe Casil.

La cour leur a donné raison mardi sur ce point et « a annulé la décision de céder à la société Casil Europe » les parts du capital, « l’autorisation du ministre chargé de l’Economie du 7 avril 2015 et l’arrêté ministériel du 15 avril 2015 ».
« C’est la procédure de sélection du candidat qui a été annulée, pas la vente en soi. Pour la vente, c’est le tribunal du commerce de Paris qui est habilité à se prononcer. Je vais le saisir dans les semaines à venir », a-t-il ajouté.

Pour le conseiller départemental Pascal Boureau qui représente le département de la Haute-Garonne au conseil d’administration de Casil, « cela gèle le projet présumé de vente » des parts de l’actionnaire chinois. « Les acheteurs potentiels vont y regarder à deux fois ».

Selon nos informations, Casil avait sélectionné deux finalistes, Eiffage et Ardian en partenariat avec des banques locales et vu la tournure du dossier, « ce serait de la folie furieuse s’ils continuaient » explique un banquier d’affaires, en espérant « pour eux qu’ils disposent de clauses de sortie face à ce type d’événements ».

L’ASI, le cauchemar des aéroports 

Surtout, avec le durcissement de la régulation aéroportuaire comme l’ont illustré plusieurs décisions depuis le début de l’année de l’ASI, l’autorité de supervision indépendante. Et notamment celle concernant l’aéroport de Nice qui a provoqué un véritable séisme dans le secteur. L’ASI a en effet annoncé la semaine dernière qu’elle imposait à l’aéroport une baisse des redevances aéroportuaires facturées aux compagnies aériennes de 33%.

Après avoir refusé par deux fois en début d’année d’homologuer les tarifs de l’aéroport en raison de l’impossibilité qu’elle avait à évaluer leur évolution par rapport aux tarifs des anné »es 2017-2018 qui n’avaient pas soumis à homologation, l’ASI a fixé les tarifs de l’aéroport qui n’avaient pas évolué depuis 2016. Selon les calculs, les tarifs appliqués en 2017 et 2018 étaient beaucoup plus élevés que ce qu’ils auraient dû être. Pour rappel, ils doivent couvrir le coût du service rendu. Ce principe a été rappelé pour justifier un refus d’homologuer en début d’année la première mouture des tarifs 2019 d’ADP et de l’aéroport de Marseille. Tous les projecteurs sont désormais braqués sur l’aéroport de Bordeaux. L’ASI se prononcera d’ici à fin du mois d’avril sur les tarifs proposés pour 2019, après deux ans sans demande d’homologation.

Quel avenir pour l’ASI ? 

Chacun trouve dans la décision de l’ASI à Nice un symbole. Pour les partisans des privatisations des aéroports, elle démontre qu’une privatisation ne pose pas de problèmes si elle est accompagnée d’une régulation forte. Pour les compagnies aériennes, cette décision révèle les dérives tarifaires des aéroports qu’elles combattent depuis des années. Pour les aéroports au contraire, la décision de l’ASI qui s’inscrit après celle qui poussé ADP, le gestionnaire des aéroports parisiens, à réviser à la baisse son projet d’augmentation des redevances en 2019, traduit la nécessité de faire évoluer une régulation inadaptée, incohérente et inéquitable.

Selon plusieurs observateurs, le durcissement de l’ASI n’est pas une bonne nouvelle pour l’Etat dans la perspective de la vente de sa participation de plus de 50% dans ADP. Ce mardi, lors d’une conférence de presse, le SCARA, le syndicat des compagnies aériennes autonomes, a fait part de ses craintes de voir l’ASI remplacée par une autre autorité, comme l’Arafer (le gendarme du rail et des autoroutes). Après le vote de la loi Pacte autorisant la privatisation d’ADP, le gouvernement a prévu de définir le cadre de la régulation dans une ordonnance.
« Avant de retrouver une expertise comme celle qu’a acquise l’ASI, il faudra 3 ou 4 ans », ont expliqué Jean-François Dominiak et Jean-Pierre Bes, respectivement président et secrétaire général du Scara, soit « après la signature du prochain contrat de régulation économique (CRE) pour la période 2021-2025 »

L’importance de régulateur est énorme. Car il devra donner un avis conforme sur ce prochain CRE qui doit être signé l’an prochain entre l’Etat et ADP. Ce CRE déterminera le montant des investissements à réaliser sur le périmètre régulé (les activités aéronautiques) et le plafond des redevances à ne pas dépasser pour les financer. Comme tous les CRE, le calcul du coût moyen pondéré du capital (CMPC), sera crucial. En présentant le 2 avril son projet, ADP a lancé le processus d’élaboration du prochain CRE. Le Scara a dénoncé ce calendrier anticipé.

 

La justice administrative annule la procédure de vente de l’aéroport toulousain

Les Echos – 16/04/2019
La cour administrative d’appel de Paris a annulé la procédure de privatisation en estimant que le retrait de SNC Lavalin du groupement de Casil Europe au cours de l’appel d’offres était contraire au cahier des charges. Mais la vente en elle-même ne pourra être annulée que par une décision du tribunal de commerce.

C’est un revers pour l’Etat. La cour administrative d’appel de Paris a annulé ce mardi la procédure de vente partielle de l’aéroport de Toulouse en avril 2015. Le consortium chinois Casil Europe, composé du groupe public d’infrastructures Shandong Hi-Speed Group et du fonds Friedmann Pacific Asset Managment de Hong Kong, avait acheté 49,99 % des parts de la société portant la plate-forme aéroportuaire pour 309 millions d’euros. Saisie par un collectif d’associations et de syndicats opposés à la privatisation, la cour a rendu un arrêt annulant le jugement du tribunal administratif de Paris du 15 mars 2017, qui leur était défavorable, ainsi que la procédure administrative de privatisation partielle .

La cour a suivi la réquisition du rapporteur public estimant que le retrait, pendant la procédure d’appel d’offres, du groupe canadien SNC Lavalin du groupement candidat mené par les sociétés chinoises contrevient au cahier des charges dudit appel d’offres. La candidature du consortium avait été déclarée recevable le 19 août 2014. Empêtré dans des affaires de corruption, SNC Lavalin s’était néanmoins retiré avant le dépôt de l’offre ferme le 31 octobre de la même année. La cour condamne l’Etat à verser 1.500 euros de dommages aux syndicats de requérants.

Illégalité

Pour la cour, les requérants « sont fondés à soutenir que cette méconnaissance du cahier des charges, qui a nécessairement affecté le choix de l’acquéreur, entache d’illégalité la décision de céder à la société Casil Europe 49,99 % des parts du capital de la société anonyme Aéroport de Toulouse-Blagnac, jusque-là détenues par l’Etat ».

Mais la vente n’est pas annulée pour autant, précise l’avocat des anti-privatisation, Christophe Lèguevaques. « La cour administrative a annulé la procédure de sélection des candidats mais ne peut pas annuler la vente qui est un acte de commerce, précise-t-il. Nous allons donc saisir le tribunal de commerce de Paris début mai. » L’avocat reste « prudent » sur l’issue de cette nouvelle procédure « car se posera la question de la recevabilité de notre plainte ». Si celle-ci ne l’était pas, « ce serait alors du grand n’importe quoi car nous avons une décision administrative qui constate que l’Etat s’est trompé et il faut en tirer toutes les conséquences », estime l’avocat, qui se félicite de cette issue après quatre ans de procédures. « C’est historique car aucune privatisation n’a été annulée à ce jour ! »

L’Etat peut encore se pourvoir devant le Conseil d’Etat. Si la vente était finalement annulée, Casil Europe devrait rendre ses actions en récupérant les 309 millions d’euros, mais en rendant les dividendes de près de 30 millions d’euros empochés en quatre ans.

Cette décision de justice fragilise la revente de ses parts par Casil Europe, qui a reçu les candidatures de Vinci Airports, Ardian et Eiffage en espérant en retirer de 450 à 500 millions d’euros.

 

ADP : le trafic aéroport en hausse de 5,2% en mars 2019

Capital / AOF – 16/04/2019
En mars 2019, le trafic de Paris Aéroport est en hausse de 5,2 % par rapport au mois de mars 2018, avec 8,7 millions de passagers accueillis, dont 6 millions à Paris-Charles de Gaulle (+ 7,2 %) et 2,7 millions à Paris-Orly (+ 1%). Dans le détail, le trafic international (hors Europe) est en progression (+ 5,9 %) du fait d’une croissance sur les faisceaux suivants : Amérique du Nord (+ 8 %), DOM-COM (+ 6,3 %), Afrique (+ 6,1 %), Amérique Latine (+ 5,6 %), Asie-Pacifique (+ 4,2 %) et Moyen-Orient (+ 3,8 %).

De son côté, le trafic Europe (hors France) est en progression de 4,7 % et le trafic France est en croissance de 4,7 %.
En parallèle, le nombre de passagers en correspondance augmente de 8,7 %. Le taux de correspondance de Paris Aéroport s’est établi à 23,8 %, en hausse de 0,6 point par rapport à mars 2018.

Depuis le début de l’année, le trafic de Paris Aéroport est en progression de 4,1 % avec un total de 23,7 millions de passagers.

Les points forts de la valeur

– Deuxième groupe aéroportuaire européen après British Airports, deuxième par le nombre de passagers, premier européen pour le fret et le courrier, propriétaire et opérateur de Paris-Charles-de Gaulle, Paris-Orly and Paris-Le Bourget ;

– Modèle économique résilient basé sur la première destination touristique mondiale, la France, et le hub aérien (plate-forme de correspondances) le plus puissant d’Europe, les commerces étant les plus forts contributeurs au bénéfice ;

– Activité répartie en 5 pôles :

  • 3 pour les aéroports de Paris – activités aéronautiques (59 % des revenus), commerces & services (31 %) et l’immobilier (9 %, ADP étant l’un des plus grands propriétaires fonciers d’Ile-de-France),
  • 2 pour les filiales et participations –développements aéroportuaires (aéroport turc TAV, aéroports de Santiago du Chili, de Madagascar, du Viet-nam) et « autres activités », dont les contributions sont mises en équivalence ;

– Partenariats importants avec Air France-KLM et l’alliance Skyteam, Star Alliance, Fedex, Schiphol Group (Aéroport d’Amsterdam) et La Poste pour le fret ;

– Visibilité accrue en France avec l’application, depuis juillet, de la nouvelle grille tarifaire « CRE3 » qui privilégie les vols long-courriers ou en correspondance au détriment des vols européens, avec pour objectif d’attirer les compagnies asiatiques et nord-américaines ;

– Hausse de 4,5 % du nombre de passagers à Paris (101,5 millions en 2017), de 9,8 % dans les aéroports turcs (115 millions) et chiliens (21,4 millions) ;

– Situation financière saine, avec un taux de distribution maintenu à 60 % et versement d’un acompte sur dividende en décembre 2016.

Les points faibles de la valeur

– Forte dépendance au trafic aérien, lui-même lié à la conjoncture économique, aux grèves, aux intempéries et aux attentats ;

– Environnement réglementaire et fiscal jugé contraignant par les analystes ;

– Absence de liaison directe entre Roissy et Paris jusqu’en 2023 ;

– Stagnation des dépenses commerciales, handicapées par la neutralité des paquets de cigarettes et la force de l’euro ;

– Appétit de l’actionnaire principal – l’Etat français- pour les liquidités, d’où un risque d’entrave des programmes d’investissement.

Comment suivre la valeur

– Forte corrélation au PIB français et à la santé financière des compagnies aériennes, notamment EasyJet et Air France-KLM, 1er et 2ème opérateurs à Paris (47,5 et 8 % du trafic total) ;

– Livraison des grands projets d’infrastructures à Orly et Roissy, des projets immobiliers (siège social, hôtels et messagerie cargo), avant la ligne CDG Express entre Paris et Roissy, livrable en 2023 ;

– Evolution du plan Connect 2016-2020, fondé sur 4,6 Mds€ d’investissements et assorti d’un nouveau plan d’économies de coûts :

  • en France, conquête du trafic, notamment en correspondance, compétitivité du hub parisien par le déploiement de la technique « one roof », optimisation de l’offre de commerce dans les terminaux internationaux (23 € de chiffre d’affaires par passager) et création d’une ville portuaire à partir du patrimoine immobilier (croissance annuelle des loyers de 10 à 15 %) ;
  • faire de l’international le 3ème métier du groupe ;
  • obtenir une progression de 30 à 40 % de l’excédent brut d’exploitation ;

– Poursuite de la croissance externe :

  • en France, candidature à la privatisation de l’aéroport de Lyon,
  • à l’étranger, après l’acquisition de l’aéroport jordanien AIG (7,4 millions de passagers), intérêt pour le développement de l’aéroport de Téhéran, pour la privatisation d’aéroports philippins et en Amérique latine ;

– Retour des rumeurs de privatisation ;

– Valeur non opéable, l’Etat, détenant 50,6 % devant le groupe Vinci (8 %) et Schiphol Group, exploitant de l’aéroport d’Amsterdam (8 %).

Transport aérien

Les perspectives sont mitigées pour le transport aérien mondial. L’association des compagnies aériennes internationales (Iata) prévoit que le nombre de passagers devrait être multiplié par deux pour atteindre 8,2 milliards de voyageurs en 2037, après avoir déjà doublé sur les vingt dernières années. Néanmoins, le classement des principaux marchés va être complètement modifié : dès 2025, la Chine sera devenue le premier marché aérien mondial, avec 1,6 milliard de passagers en 2037, soit un milliard de plus qu’aujourd’hui. Ce marché devancera ainsi le numéro un actuel, les Etats-Unis. L’Inde et l’Indonésie, respectivement en septième et dixième positions deviendront les troisième et quatrième marchés. Le continent européen suscite le plus d’inquiétudes car le Brexit devrait avoir des conséquences négatives sur le trafic entre le Royaume-Uni et ses principaux partenaires européens.

 

Lufthansa plonge dans le rouge au premier trimestre

Les Echos – 16/04/2019
Le groupe allemand a enregistré une perte d’exploitation de 336 millions d’euros au premier trimestre. Hausse des prix du carburant et surcapacités dans un environnement ultra-concurrentiel compliquent la tâche de Lufthansa qui maintient cependant ses objectifs pour l’année.

Le premier groupe aérien en Europe avait déjà sonné l’alarme mi-mars, revoyant à la baisse ses ambitions. Il n’a pas voulu attendre le 30 avril, date prévue de publication de ses résultats trimestriels, pour confirmer la mauvaise nouvelle. Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 3 % à 7,9 milliards d’euros, Lufthansa a fait état dès lundi soir d’une perte d’exploitation de 336 millions au cours des trois premiers mois de cette année, contre un gain de 52 millions il y a un an.

Le groupe allemand a beau avoir baissé ses coûts de 0,8 % hors carburant, voire de 7,2 % pour sa filiale low cost Eurowings, la force cumulée d’une série de vents contraires l’a emporté, faisant par la même occasion chuter le cours de la compagnie aérienne de près de 5 %, mardi, à l’ouverture de la Bourse de Francfort, mais aussi celui des autres acteurs du secteur en Europe.

Surcapacités et prix du carburant en hausse

Lufthansa maintient toutefois ses prévisions sur l’année, se disant confiante quant à sa capacité à dégager une marge opérationnelle dans une fourchette comprise entre 6,5 % et 8 %. Le groupe a notamment revu à la baisse ses capacités de vol afin d’éviter une trop forte pression sur ses prix dans un environnement ultra-concurrentiel.

La compagnie aérienne a en effet souffert de ces surcapacités venues s’ajouter à la forte hausse du prix du carburant, celui-ci ayant représenté une charge supplémentaire de 202 millions d’euros sur le trimestre. A la suite de la disparition d’Air Berlin fin 2017 , Lufthansa avait dopé ses ventes. Mais cet effet de base défavorable s’est accompagné d’une concurrence féroce sur les prix avec les autres compagnies aériennes, désireuses de récupérer aussi une part du marché abandonnée par Air Berlin.

Eurowings touchée de plein fouet

Les stigmates de cette guerre commerciale sont particulièrement flagrants chez Eurowings. Sous la pression d’easyJet et Ryanair, la filiale low cost a vu ses recettes chuter de 8,5 % au premier trimestre tandis que celles du réseau traditionnel de Lufthansa ont reculé de 5,2 %.

Le recul est d’autant plus important que le premier trimestre est traditionnellement médiocre dans le secteur. Le fait que Pâques n’arrive cette année que fin avril n’a pas aidé. « Le carnet de réservations pour le trimestre à venir se présente bien », assure néanmoins le directeur financier du groupe, Ulrik Svensson. Selon lui, la réduction globale de l’offre par l’ensemble des acteurs du marché devrait relâcher un peu de pression sur les marges.

À noter
Mise en vente par Lufthansa, sa filiale de restauration à bord LSG a doublé son résultat trimestriel sur un an, à 2 millions d’euros.

 

 

Aéroport Lyon-Saint Exupéry: le trafic s’envole au premier trimestre

Le Progrès – 15/04/2019
Le deuxième aéroport régional de France affiche une hausse du trafic des passagers de 9,7 %, grâce notamment à l’ouverture d’une nouvelle ligne vers Tel Aviv par easyJet.

Il avait dépassé le cap des 11 millions de passagers annuels en 2018. L’aéroport de Lyon-Saint Exupéry semble bien parti pour battre un nouveau record cette année. Le deuxième aéroport régional de France affiche une hausse du trafic des passagers de 9,7 % au premier trimestre, selon son gestionnaire, Vinci Airports.

Une hausse comparable à celle des autres aéroports régis par la société dans l’Hexagone. « En France, le trafic des 12 aéroports gérés par Vinci Airports affiche une hausse de 9,6 %, pour atteindre 4,6 millions de passagers », quantifie la société.

À Lyon-Saint Exupéry, « différents facteurs expliquent cette performance, notamment l’ouverture d’une nouvelle ligne vers Tel Aviv par easyJet, le doublement par Aeroflot des fréquences sur sa ligne vers Moscou, ainsi que la bonne dynamique du trafic des compagnies low-cost et classiques sur les lignes domestiques, expose Vinci Airports. D’autres aéroports français ont, par ailleurs, enregistré des croissances à deux chiffres au 1er trimestre : Nantes Atlantique (+14,1 %), Rennes Bretagne (+18,6 %) et Toulon Hyères (+21,0 %) », poursuit la société.

« Parallèlement à cette forte croissance du trafic passagers, le nombre de mouvements d’avions a plus faiblement progressé » à Lyon-Saint Exupéry (+ 6 %), « grâce à l’augmentation des taux de remplissage moyens et à l’utilisation par les compagnies aériennes d’appareils de plus grande capacité, conformément à l’engagement de l’aéroport pour favoriser le développement durable du trafic », détaille Vinci Airports, par voie de communiqué.

L’ouverture la semaine passée d’une nouvelle liaison directe entre la capitale des Gaules et Beyrouth (Liban), par la compagnie aérienne Transavia, ne peut que contribuer à améliorer encore le trafic des passagers à l’aéroport Lyon-Saint Exupéry. « Ce dernier propose 131 destinations directes dont 40 nouvelles lignes lancées en deux ans, et est connecté aux principaux hubs internationaux », précise le communiqué.

 

Plus que deux semaines pour trouver une solution pour Alitalia

Le Journal de l’Aviation / AFP – 15/04/2019
Les syndicats sonnaient l’alarme en Italie quant à l’avenir de la compagnie aérienne Alitalia, alors qu’aucune solution ne se profile à 15 jours de la date butoir fixée à la société des chemins de fer FS pour déposer son offre concrète de reprise.

Dans ce dossier explosif pour le gouvernement populiste en pleine campagne électorale pour les européennes de mai, les syndicats ont dénoncé le risque d’une « euthanasie » de la compagnie.

La société des chemins de fer italiens Ferrovie dello Stato (FS) a déposé fin octobre une offre de rachat d’Alitalia, mais elle ne souhaite pas monter à plus de 30% de son capital.

FS a engagé des discussions avec les compagnies aériennes américaine Delta et britannique Easyjet pour en faire des partenaires à ses côtés, mais EasyJet a annoncé il y a un mois qu’elle se retirait des négociations.

Selon la presse italienne, outre les 30% de FS, Delta prendrait 15% et le Trésor italien 15%. Il manque donc encore un ou plusieurs partenaires pour les 40% restants. Ceux-ci doivent être trouvés d’ici le 30 avril, délai fixé à FS par les administrateurs d’Alitalia pour présenter une offre liante.

Selon les médias, Delta serait en contact avec la compagnie chinoise China Eastern, et aurait aussi approché le groupe italien Atlantia, contrôlé par la famille Benetton.

Mais celui-ci ne serait pas intéressé. De plus, un tel choix pourrait être compliqué à assumer pour les responsables au pouvoir, alors qu’ils n’ont pas eu de mots assez forts contre le groupe après l’effondrement cet été du pont de Gênes, dont Atlantia était le gestionnaire via Autostrade per l’Italia.

En cas d’échec de FS, la compagnie allemande Lufthansa est toujours intéressée, mais seulement par une partie des activités, sans aucune présence de l’Etat au capital et au prix de milliers de licenciements.

Dans un communiqué samedi, trois syndicats de pilotes et de personnel de cabine d’Alitalia — Anpac, Anpav et ANP — ont fait part de leur « forte préoccupation » en rappelant que la compagnie voyait aussi se profiler la date butoir du 30 juin pour le remboursement du prêt de 900 millions d’euros accordé par l’Etat.

Pilotes et hôtesses « n’entendent pas assister sans rien faire à ce qui risque de devenir une euthanasie d’Etat et sont prêts à se mobiliser et à discuter directement avec d’éventuels partenaires industriels et financiers qui garantissent une relance crédible de la nouvelle Alitalia », ont-ils ajouté.

Alitalia, qui emploie quelque 11.000 salariés, a accumulé les pertes ces dernières années face à la concurrence des compagnies à bas coût.

Jusqu’alors détenue à 49% par Etihad Airways, elle a été placée sous tutelle en mai 2017, après le rejet par les salariés d’un plan de restructuration prévoyant 1.700 suppressions d’emplois.

 

Jet Airways sera-t-elle la prochaine compagnie aérienne à faire faillite ?

Tour Hebdo – 15/04/2019
Jet Airways suspend de façon indéterminée tous ses vols internationaux. L’avenir de la compagnie dépend désormais de l’octroi d’un prêt…

L’agonie de Jet Airways n’est pas sans rappeler la (longue) fin de WOW Air, le mois dernier. Étouffée par les difficultés financières, la compagnie indienne a annoncé le 12 avril dernier la suspension pour une journée d’une partie de ses vols internationaux, notamment la ligne reliant Paris à Chennai.

Un arrêt qui vient d’être prolongé de façon indéterminée et étendu à tous les vols internationaux, y compris le Paris-Mumbai. Les vols au départ d’Amsterdam et de Londres sont également à l’arrêt. A noter que cette suspension touche Air France-KLM par ricochet puisque le groupe franco-hollandais a signé un accord de codeshare avec Jet Airways au départ de Paris et Amsterdam. Air France-KLM doit désormais trouver des solutions pour ses passagers…

Fondée en 1993, Jet Airways n’a plus la flotte suffisante pour assurer la totalité de son programme : elle n’exploite plus aujourd’hui que 7 appareils, un seul Boeing 737-800 et 6 ATR, contre une flotte de 123 appareils l’an dernier ! La situation financière est également calamiteuse avec une dette qui atteint désormais 1,6 milliard de dollars…

Réduction des coûts, non versement des salaires…

Une réunion présentée comme la réunion de la dernière chance doit être organisée aujourd’hui entre la direction de la compagnie et le consortium des débiteurs de la compagnie, emmené par la State Bank of India. Un nouveau prêt d’un montant de 218 millions de dollars pourrait alors être accordé à la compagnie pour lui permettre de poursuivre ses activités. Reste à savoir si les créanciers accepteront de remettre la main au porte-monnaie, sans pour autant être assurés d’une sortie de crise. La direction devra rassurer quant à l’exécution du plan de restructuration adopté en mars dernier, dans la foulée du départ du fondateur de la compagnie, Naresh Goyal. Le plan prévoit notamment une forte réduction des coûts.

La situation sociale n’est guère plus simple : les pilotes et le personnel de cabine avaient déposé un préavis de grève pour aujourd’hui pour protester contre le non versement des salaires. Un mouvement finalement suspendu à la dernière minute. Enfin, dernière ombre au tableau : l’autorité de l’aviation civile indienne a décidé de redistribuer les slots de la compagnie entre le 16 avril et le 15 juillet, notamment à l’aéroport de Mumbai. Les concurrentes Air Asia India et Vistara n’ont pas attendu pour s’en saisir !

 

Le chantier du nouvel aéroport de Berlin s’achèvera-t-il un jour ?

Les Echos – 16/04/2019
Lancé en 2006 pour désenclaver la capitale, le projet d’aéroport international Willy Brandt enregistre retard sur retard. Cette fois-ci, des milliers de fixations en plastique dans le système anti-incendie menacent l’inauguration prévue dans 18 mois.

Le nouvel aéroport international de Berlin semble décidément damné. Lancé en 2006, ce chantier censé désenclaver la capitale allemande pour lui assurer un statut à la hauteur des autres métropoles européennes n’en finit plus de traîner. Initialement prévue en 2011, l’inauguration de l’aéroport Willy Brandt a déjà été reportée cinq fois du fait d’erreurs de planification, de défauts de construction et de problèmes techniques. Un sixième report menace et le coût initial de 1,7 milliard d’euros dépasse désormais les 7 milliards.

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Michael Güntner, a envoyé à la société exploitante Flughafen Berlin Brandebourg une lettre vendredi dernier afin d’exiger « une déclaration contraignante » d’ici mercredi sur la capacité de cette dernière à ouvrir l’aéroport en octobre 2020 comme prévu. Le doute et l’exaspération sont telles, au sein de l’opposition dans le Land de Berlin, que le président du groupe parlementaire des libéraux (FDP), Sebastian Czaja, a accusé le PDG de l’aéroport, Engelbert Lütke Daldrup, d’être « un menteur notoire ». Lequel a, en retour, porté plainte pour diffamation.

Plus de 11.000 défauts à corriger

A l’origine de cette dernière crise, un rapport d’audit technique a fait état le mois dernier de 11.519 défauts à corriger avant le 31 juillet pour pouvoir ouvrir l’aéroport en 2020. Parmi ces défaillances, certaines semblent difficilement surmontables : des parties du système de protection incendie, de l’alimentation électrique de secours et de l’éclairage, ont été fixées à l’aide de milliers de chevilles… en plastique non ignifugé.

Un remplacement de ces chevilles entraînerait un démontage catastrophique pour le calendrier du projet. La société aéroportuaire a déposé une demande d’homologation auprès de l’Office de la construction et des transports du Land de Brandebourg. « Le facteur décisif n’est pas la norme, mais la sécurité des joints », assure un porte-parole de l’aéroport. « Si les entreprises de construction et les prestataires de services font leur travail, nous serons dans les temps », conclut-il.

Le plus grand aéroport du monde ouvre ses portes à Istanbul

Cet aéroport situé au sud de Berlin en bordure du Brandebourg doit remplacer ceux de Schönefeld, dont il couvre une partie du site, et de Tegel, au nord de la ville, qui sont sous dimensionnés. Le plus grand chantier aéroportuaire d’Europe devait offrir à Berlin, qui ne dispose que de six liaisons long-courriers – contre 137 pour Paris et 155 pour Londres – une capacité initiale de 40 millions de passagers environ par an, tous terminaux confondus. L’an dernier, ceux de Tegel et de Schönefeld en ont accueilli un total de 34,7 millions.