Revue de presse SNPL du 17 mai 2019

Revue de presse élaborée par

 

 

 

  • Loi Pacte : le Conseil constitutionnel valide les privatisations
  • Air Canada va racheter Transat
  • TUI: le CSE lance un droit d’alerte économique
  • Grève du contrôle aérien en Belgique : Brussels Airlines menace
  • Alitalia : ponctualité au top mais nouvelle grève en vue
  • TUI Fly Belgium : 6 routes vers le Maroc depuis CDG et l’Espagne
  • Développement et acceptabilité du transport aérien face au défi climatique

 

Loi Pacte : le Conseil constitutionnel valide les privatisations

L’Express du 16/05/2019

Le Conseil constitutionnel était invité à se prononcer sur le projet de loi Pacte après quatre recours de parlementaires.

Le Conseil constitutionnel a tranché : les privatisations entérinées par la loi Pacte ont été validées ce jeudi, notamment celle d’Aéroports de Paris. Les Sages ont rejeté le principal argument des opposants à la privatisation d’ADP en estimant que le gestionnaire des aéroports de Paris n’est pas en situation de monopole de fait car « il existe sur le territoire français d’autres aérodromes d’intérêt national ou international ». Les Sages étaient invités à se prononcer ce jeudi sur le projet de loi après quatre recours des groupes Les Républicains de l’Assemblée et du Sénat, ainsi que des députés de gauche (LFI, PCF et PS) de l’Assemblée et des socialistes du Sénat. Ils ont validé la très grande majorité des 221 articles mais en ont censuré 24 pour « défaut de lien » avec le projet de loi initial. Adopté définitivement par le Parlement le 11 avril, le projet de loi prévoit, outre la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP), gestionnaire des aéroports parisiens, le transfert au privé de la majorité du capital de la Française des Jeux et une diminution de la part de l’État au capital d’Engie (ex-GDF Suez). Les Sages avaient préalablement donné leur feu vert à une proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) soutenue par plusieurs partis d’opposition sur la privatisation d’ADP. Cette décision, qui devrait retarder son application de plus de 9 mois, a inquiété le gouvernement qui a estimé qu’elle créait une « situation dangereuse pour la conduite de l’action publique ».

Guichet unique pour les entreprises

Figurent également dans le texte législatif une simplification des seuils déclenchant des obligations fiscales et sociales pour les entreprises, la suppression du stage préalable à l’installation pour les artisans, un guichet unique pour les formalités des entreprises ou encore la limitation des retraites chapeaux. Le Code civil sera aussi modifié pour permettre la prise en considération des enjeux sociaux et environnementaux dans l’objet social de l’entreprise. Le projet de loi Pacte favorise enfin l’épargne retraite, la participation et l’intéressement des salariés aux résultats de l’entreprise, et renforce leur présence aux conseils d’administration des grandes sociétés. 

 

Air Canada va racheter Transat

Air journal du 17/05/2019

La compagnie aérienne Air Canada a conclu une entente exclusive avec le voyagiste Transat A.T. Inc., y compris Air Transat, afin de procéder au regroupement des deux sociétés.

Transat a confirmé le 16 mai 2019 avoir convenu avec Air Canada d’une période d’exclusivité de négociations de 30 jours, aux termes d’une lettre d’intention envisageant une transaction par laquelle Air Canada ferait l’acquisition de la totalité des actions de Transat sur une base de 13,00 $ par action (une prime de 47,8 % sur le cours moyen pondéré en fonction du volume pour la période de 20 jours se terminant mercredi). Pendant cette période d’exclusivité, il est prévu qu’Air Canada « complètera sa revue diligente et les parties finaliseront la négociation de l’entente définitive sur la transaction », précise le voyagiste. Le regroupement de ces « deux entreprises respectées » du transport aérien et du voyage permettra la création d’un chef de file du marché mondial du voyage d’agrément, du tourisme et de la distribution de voyages à Montréal, « qui offrira aux Canadiens des options pour plus de destinations et favorisera le tourisme bidirectionnel », souligne de son côté la compagnie nationale canadienne ; cette « solution toute québécoise » permettra de conserver « des emplois de grande qualité au sein de la direction générale et des fonctions clés » au siège social à Montréal, ainsi que de fournir une plateforme pour une croissance et des emplois futurs, ajoute Air Canada. La transaction demeure assujettie à la conclusion des ententes définitives, aux compléments de vérification diligente, à l’approbation des organismes de réglementation et des actionnaires, ainsi qu’à d’autres conditions propres à la conclusion d’une telle transaction.

« Un regroupement avec Transat représente une excellente occasion pour les parties prenantes des deux sociétés, notamment les actionnaires de Transat et d’Air Canada, les employés des deux sociétés, qui profiteront d’une sécurité d’emploi et de perspectives de croissance améliorées, et les voyageurs canadiens, qui profiteront de la capacité accrue de la société fusionnée à occuper une place de chef de file sur le marché hautement concurrentiel du voyage d’agrément à l’échelle mondiale. L’acquisition présente une occasion unique de se mesurer aux plus grands du marché mondial du voyage d’agrément. Nous pourrons ainsi élargir notre plaque tournante de Montréal, l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, où nous avons ajouté 35 liaisons depuis 2012 pour les collectivités de Montréal et du Québec, et au départ de laquelle nous avons transporté 10 millions de passagers en 2018 seulement », a souligné dans un communiqué Calin Rovinescu, président et chef de la direction d’Air Canada.

Cette annonce « est une bonne nouvelle pour Transat », ajoute Jean-Marc Eustache, Président et Chef de la direction de Transat, « c’est l’occasion de s’adosser à une grande entreprise qui connaît et comprend notre métier et qui a un succès incontestable dans le voyage. Ceci représente la meilleure perspective non seulement de maintien, mais de croissance à long terme de l’activité et des emplois que Transat a développés au Québec et ailleurs depuis plus de 30 ans ».

Transat tient à rappeler que ses opérations se poursuivent normalement et n’entraînent aucun changement pour ses clients, ses fournisseurs et ses employés. En particulier, les voyageurs et clients de Transat « peuvent continuer à voyager et réserver leurs forfaits avec Transat comme avant ». Et comme d’habitude dans ce genre d’annonce, le voyagiste précise qu’il n’y a aucune certitude qu’une entente définitive interviendra « à l’égard d’une quelconque transaction au terme de cette période d’exclusivité et des discussions en cours ».

Annoncée le mois dernier, la vente de Transat AT intervient alors que le voyagiste mène un programme de réduction de coûts de 150 millions de dollars sur cinq ans, investit dans des projets dont la rentabilité appartient au futur (comme des complexes hôteliers au Mexique), et renouvelle la flotte d’Air Transat – qui doit mettre en service cette année deux des quinze Airbus A321neo LR commandés. Les premières réactions évoquaient des raisons de concurrence devant empêcher Air Canada de s’en emparer, la porte semblant alors ouverte en revanche à WestJet (qui vient de se vendre au fond d’investissement canadien Onex) et Sunwing.

L’entreprise de tourisme international intégrée spécialisée dans le voyage vacances a vu son chiffre d’affaires progresser de 6% en 2018 à près de trois milliards de dollars, mais elle a enregistré une perte d’exploitation annuelle de 44,5 millions de dollars – suivie par une autre de 38 millions au premier trimestre 2019. Le PDG Jean-Marc Eustache évoquait d’ailleurs à l’AG d’avril une année écoulée « à la fois extraordinaire et décevante ». Trois actionnaires québécois possèdent ensemble une minorité de blocage dans Transat : le gestionnaire Letko Brosseau (18,2%), le Fonds FTQ (11,6%) et la Caisse de dépôt (5,9%). Le gouvernement québécois, qui souhaite conserver le siège de la société et ses 5000 employés à Montréal, s’était dit prêt à participer financièrement. Rappelons que la loi canadienne permet désormais aux « étrangers » de posséder jusqu’à 49% du capital d’une compagnie aérienne.

 

TUI: le CSE lance un droit d’alerte économique

Le Quotidien du Tourisme du 17/05/2019

Après les deux réunions des 15 et 16 mai, le CSE veut en savoir plus sur les difficultés de TUI France. Situation économique, orientation stratégique, plan social… autant de points d’interrogation.  Les syndicats de la filiale française de TUI Group se sont prononcés à l’unanimité pour cette procédure.

Première épreuve de dialogue social pour Hans Van de Velde, le nouveau président de TUI France. Jeudi 16 mai, les syndicats de l’entreprise se sont mis d’accord pour lancer un droit d’alerte économique. La veille en CSE extraordinaire, la commission économique, avec l’appui du cabinet comptable Apex, a livré un rapport sur l’état financier de TUI.  « Sans surprise, ce n’est pas bon » commente Lazare Razkallah, secrétaire du CSE de TUI.

A défaut de bons résultats, les élus du Comité social et économique attendent de connaître la stratégie de l’entreprise. « Depuis la venue en octobre 2018 à Levallois de Friedrich Joussen [président de TUI Group, NDLR] qui annonce des moments difficiles à venir, on n’a rien eu de nouveau, signale le secrétaire du CSE. La rumeur de plan social s’est accentuée. Il y a eu le départ de Pascal de Izaguirre, en janvier, les délocalisations au Maroc et les mauvais chiffres. On voudrait des précisions sur la stratégie de TUI en France. « Hans Van de Velde n’aurait pas dévoilé son projet en CSE jeudi. En termes de partenariats avec la distribution, il aurait indiqué « début juin ». Tout ne serait pas « finalisé ». Il aurait néanmoins évoqué « un impact social ».

Une réaction à l’unanimité

« Lorsqu’il a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l’entreprise, le CSE est en droit d’exercer un droit d’alerte économique » indique la loi française. « CGT, FO et CFDT, on a tous voté à l’unanimité pour cette procédure », indique Lazare Razkallah, secrétaire du CSE de TUI. L’idée leur avait été « soufflée », raconte l’élu, par Jean-Pierre Floris, le délégué interministériel aux restructurations d’entreprises, lors de leur entrevue à Bercy le 4 avril. A l’époque, des pertes de 39 millions sur l’exercice 2017-18 et 50 millions sur 2018-2019 étaient évoquées. « On nous parle de mieux acheter, de renforcer le flexi pack -pour diminuer les engagements aériens-, de réduire les frais de structure -le déménagement de Levallois surviendra en 2020- , de contrôler la distribution…mais il manque la stratégie » s’agace le secrétaire du CSE.

Un été 2019 sans plan social?

Quant au plan social,  « ce ne sera pas avant fin septembre » mentionne Lazare Razkallah et « peut-être sous la forme d’une GPEC, ce que nous avons réclamée il y a quelques mois. Cela a le mérite de travailler sur l’évolution des métiers et de laisser passer la période des vacances ».

Le thème de la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences tend à s’imposer chez TUI avec la délocalisation d’emplois (carnets de voyage, SAV…) au Maroc. « L’externalisation de services est une réalité et ne correspond plus à un ‘surcroît de travail’ comme l’avait évoqué la direction, explique Lazare Razkallah. Le CSE  va passer par une phase de point information consultation. » Pour élaborer son rapport sur ce droit d’alerte, le CSE sera assisté du cabinet Apex et de l’un de leurs experts. « Il pourra demander à la direction une foule d’informations sur les chiffres, la stratégie… » Le rapport que fera le CSE sera « transmis au Conseil d’administration et à l’actionnaire », souligne son secrétaire.

 

Grève du contrôle aérien en Belgique : Brussels Airlines menace

Air journal du 17/05/2019

Une grève sauvage du contrôle aérien a entrainé la « fermeture » du ciel belge pendant plus de trois heures hier matin, avec à la clé l’annulation de plusieurs dizaines de vols et de nombreux retards. La compagnie aérienne Brussels Airlines a obtenu d’un tribunal l’imposition d’astreintes si le mouvement se répète à partir de ce vendredi matin.

La quasi-fermeture de l’espace aérien belge entre 9h30 et 13h00 le 16 mai 2019 a été déclenchée par  une grève non déclarée du syndicat chrétien ACV (CSC) chez le gestionnaire du contrôle aérien Skeyes, A l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, on parle de 103 vols annulés au départ et à l’arrivée pendant les trois heures et demie qu’a duré la grève impactant 35.000 passagers, au moins autant étant reprogrammés plus tard dans la journée. La compagnie nationale Brussels Airlines représentait la majorité des vols supprimés, qui ont aussi affecté Air France HOP (depuis Lyon), Eurowings, CityJet, Alitalia, Lufthansa, Swiss, SAS Scandinavian, LOT Polish Airlines, KLM… Parmi celles ayant reprogrammé leurs décollages plus tard dans la journée, on retiendra Ryanair, Air Canada, Royal Air Maroc, Finnair, Hainan Airlines, United Airlines ou Delta Air Lines entre autres.

L’aéroport de Charleroi-Brussels South affichait hier seulement quatre rotations annulées, toutes par la low cost Ryanair (vers et depuis Béziers, Toulouse, Biarritz et Carcassonne selon Flightradar24). Environ 25 rotations ont été retardées jusqu’après la fin de la grève, pour la low cost irlandaise mais aussi Wizz Air et TUI Fly Belgium qui a dérouté un avion vers Lille.

Le mouvement d’hier fait suite à celui du 13 février dernier, qui avait duré 24 heures. Il a été déclenché après que le gestionnaire du contrôle aérien a planifié hier une réunion d’information sur l’accord social, provoquant la colère des syndicats qui ont lancé un appel à « une présence massive » des aiguilleurs du ciel à cette réunion. Quand la direction de Skeyes a constaté que ces actions affectaient le trafic aérien « à cause de ces sessions d’information, elle a été contrainte d’annuler les réunions. Toute autre action est considérée comme grève sauvage ». Son communiqué d’hier expliquait que lorsque l’accord social a été conclu le 10 mai dernier, « il a été convenu que l’accord serait élaboré en concertation entre la direction et les syndicats. Au début de cette semaine, la direction a pris l’initiative et une première réunion a été fixée pour le lundi 20 mai. Il ne s’agit pas de renégocier l’accord, mais d’élaborer concrètement les détails de l’accord conclu. Les réunions d’information qui étaient prévues tout au long de la journée (de jeudi NDLR) ont été annulées après qu’il s’est avéré que des actions non-annoncées auraient lieu. Toutefois, ces actions n’étaient assorties d’aucune revendication. Les réunions d’information prévues à partir de demain auront lieu comme prévu ».

Brussels Airlines est allée en justice hier, et a obtenu l’application d’astreintes de 10.000 euros par vol en cas d’annulations de vols dus à de nouvelles perturbations du contrôle aérien à partir de ce vendredi matin et jusqu’au dimanche 26 mai à minuit (la facture monterait à 20.000 euros par vol long-courrier annulé). Des astreintes sont également prévues en cas de vols retardés d’au moins une heure et de vols déviés. La compagnie de Star Alliance explique ne « pas avoir eu d’autre choix » vu les 4 millions d’euros que lui ont déjà coûté les grèves du contrôle aérien et « l’atteinte à sa réputation ». Il ne s’agit pas de compenser d’éventuels nouveaux dommages économiques, précise Brussels Airlines, mais de « promouvoir une solution rapide et durable pour un service ininterrompu de Skeyes dans l’intérêt des passagers et de la compagnie aérienne ».

 

Alitalia : ponctualité au top mais nouvelle grève en vue

Air journal du 16/05/2019

La compagnie aérienne Alitalia s’affirme comme la compagnie aérienne la plus ponctuelle au monde au cours des quatre premiers mois de 2019 selon FlightStats. Mais des syndicats de pilotes et du personnel de cabine ont annoncé une nouvelle grève pour le 24 juin.

La compagnie nationale italienne s’est classée au premier rang européen pour la ponctualité d’avril 2019 selon les statistiques de FlightStats, avec 87.5 % des vols atterrissant à l’heure prévue (avec moins de quinze minutes de retard). L’indice de ponctualité d’Alitalia était supérieur de 9 points de pourcentage à l’indice de ponctualité moyen des compagnies aériennes mondiales (78,5%) ; de plus, Alitalia était la seule compagnie aérienne européenne dans le Top 5 des compagnies aériennes les plus ponctuelles au monde. Iberia était 6eme, British Airways 9eme, Air France 14eme et Lufthansa 19eme, tandis que LATAM Airlines a dominé le palmarès global en avril.

Ce classement mondial est dominé par la compagnie de l’alliance SkyTeam sur les quatre premiers mois de l’année avec 89% des vols ayant atterri à l’heure convenue, Alitalia s’affirmant donc selon son communiqué comme « la compagnie aérienne la plus ponctuelle au monde au cours des quatre premiers mois de 2019 ». FlightStats, société indépendante américaine faisant autorité, rédige chaque mois le liste des principales compagnies aériennes du monde en termes de respect des délais, comparant les données de compagnies aériennes équivalentes en termes de taille et de réseau avec la méthode de performance «A14» dans les délais (arrivée à la porte moins de 15 minutes après l’heure d’arrivée prévue).

Un groupe de syndicats de pilotes et du personnel de cabine d’Alitalia a annoncé qu’ils feraient la grève le 24 juin pendant 24 heures, après avoir déjà reporté celle prévue le 21 mai prochain mais jugée « inopportune ». ANPAC, ANPAV et ANP ainsi que l’association Confael Trasporti Assovolo veulent « soutenir la relance de la nouvelle Alitalia », dont le gouvernement a reporté au 15 juin la présentation des nouveaux investisseurs (le cinquième report depuis 2017).

Placée sous « administration extraordinaire » depuis deux ans, la compagnie nationale attend toujours que Ferrovie dello Stato (FS) boucle son tour de table, le gouvernement ayant annoncé fin avril qu’il étudiait « de nouvelles offres », sans plus de détail. A ce jour, seuls FS et Delta Air Lines ont déjà déclaré leur intention de participer à la relance d’Alitalia, mais il manquerait encore 400 millions d’euros à la facture estimée aux alentours d’un milliard d’euros. Rappelons qu’une partie des 900 millions d’euros prêtés par l’Etat italien à la compagnie aérienne, remboursables selon les règles européennes, ont été convertis en capital de la société aujourd’hui dirigée par le gestionnaire des chemins de fer italiens.

 

TUI Fly Belgium : 6 routes vers le Maroc depuis CDG et l’Espagne

Air journal du 16/05/2019

La compagnie aérienne TUI Fly Belgium lancera cet été six nouvelles liaisons vers le Maroc, reliant Paris à Oujda et Rabat, ainsi que Madrid et Alicante à Casablanca et Nador. Entre Brexit et immobilisation des 737 MAX, le Groupe TUI passe un moment difficile sur le plan financier.

Après les nouveautés dévoilées en décembre entre la France et le Maroc, l’ex Jetairfly continue de développer son réseau. A partir du 1er juillet et jusqu’au 1er octobre 2019, elle proposera un vol tous les lundis entre Paris-CDG et l’aéroport d’Oujda-Angads, opéré en Boeing 737-700 de 148 sièges ou en 737-800 de 189 places. Les départs sont programmés à 8h10 pour arriver à 10h15, les vols retour quittant le Maroc à 10h50 pour se poser à 14h55. Sur cette route qui s’ajoute à celle déjà opérée depuis Orly, TUI Fly Belgium sera en concurrence avec ASL Airlines France (CDG), Royal Air Maroc (Orly) et Transavia France (Orly).

Du 3 juillet au 3 octobre, Paris-CDG sera également reliée à Rabat-Salé par la compagnie belge, avec des vols mercredi (départ à 14h45, retour de la capitale marocaine à 17h25) et jeudi (départ à 23h00, retour le vendredi à 2h). TUI Fly Belgium relie déjà les deux capitales au départ d’Orly, face à Air France (CDG) et la RAM (Orly). Elle propose en outre à Roissy des lignes vers Agadir, Casablanca, Marrakech et Rabat, plus Palma de Majorque et Malaga.

En Espagne justement, l’aéroport de Madrid-Barajas Adolfo Suarez sera relié à partir du 10 juin à Casablanca-Mohammed V deux fois par semaine selon Airlineroute, face à Iberia et Royal Air Maroc, plus Air Europa dès le mois prochain. L’aéroport de Nador sera relié à Madrid sur le même rythme à partir de la même date, sans concurrence. Enfin TUI Fly Belgium reliera les deux villes marocaines à Alicante-Elche dès le 7 juin, avec chaque fois deux rotation hebdomadaires sans concurrence. La compagnie ne proposait aucune ligne vers la capitale espagnole, alors qu’elle est déjà présente à Alicante au départ d’Anvers, Bruxelles, Charleroi, Liège et Ostende.

Ce développement du réseau intervient alors que le Groupe TUI, premier voyagiste européen, vient de révéler des résultats semestriels négatifs, avec en particulier une augmentation de 77% de la perte sous-jacente (underlying EBITA), qui passe de 169,7 à 300,6 millions d’euros. Le chiffre d’affaire du groupe a gagné 1,7% par rapport au même semestre 2017-2018, mais sur le dernier trimestre il recule de 1,4%. Pour le seul segment Markets & Airlines, la perte sous-jacente se creuse de 32,3% sur le semestre, y compris -35,8 % sur le seul dernier trimestre ; c’est ce segment « reflétant la faiblesse de la demande » qui est mis en avant dans le rapport du TUI Group. « Comme prévu », la baisse du résultat du premier semestre de Markets & Airlines reflète « l’impact de la vague de chaleur de l’été 2018 et des surcapacités en Espagne du fait du déplacement de la demande vers la Méditerranée orientale ; l’incertitude persistante liée au Brexit, ainsi que des comparatifs particulièrement solides pour les pays nordiques au premier semestre de l’année dernière ». De plus, ces résultats incluent « l’impact initial de la mise au sol du 737 MAX qui a commencé à la mi-mars, et le calendrier reculé de Pâques cette année ». Mais le groupe souligne aussi que ses positions « fortes » sur les marchés et les compagnies aériennes « sont un facteur important de la réussite de notre modèle intégré, avec une forte clientèle et des parts de marché dominantes. C’est ce qui aide à générer le rendement élevé de nos investissements dans Holiday Experience ».

 

Développement et acceptabilité du transport aérien face au défi climatique

Déplacementspro du 17/05/2019

En 2018 les compagnies aériennes ont transporté plus de 4 milliards de passagers et selon les projections de IATA ce seront 8,2 milliards qui voyageront sur leurs lignes en 2037.

Au-delà des aspects économiques et sociaux générés mondialement par l’industrie du transport aérien et face à l’immense défi de la soutenabilité environnementale et des limites opérationnelles de plus en plus contraignantes se pose une question cruciale pour les acteurs de notre écosystème : sommes-nous en capacité de satisfaire correctement ce doublement de trafic ? La prise en compte de la contribution du transport aérien à la croissance du PIB mondial, aux emplois directs et catalytiques générés par son activité, au développement du tourisme mondial et les aspects très prégnants du développement durable, représente une équation semblant difficile à résoudre. Les transporteurs aériens sont conscients des craintes formulées en regard des dangers qui pèsent sur le futur de notre planète et ne peuvent qu’adhérer aux propos de notre Ministre des transports s’interrogeant, dans son discours de conclusion des dernières Assises du transport aérien, sur l’acceptabilité d’une croissance sans limite de leur activité tout en reconnaissant son rôle stratégique pour notre pays et au-delà pour le monde. 

Elle ne manque pas par ailleurs de souligner que le transport aérien prend sa part au défi climatique en étant le premier secteur économique à s’être doté sous l’égide de l’OACI, d’un dispositif de compensation carbone au niveau mondial (Carbon offset reduction scheme for international aviation-CORSIA). En est-il de même pour tous les autres moyens de transport, autrement et plus hautement «contributif » que le nôtre en matière d’émissions gazeuses si l’on s’en réfère aux données de l’Agence européenne de l’environnement ? 

Rappelons qu’envers et contre toutes affirmations s’efforçant de désigner le transport aérien comme le plus grand pollueur de la terre, ses émissions de CO2 ne rentrent que pour une part infime dans le calcul total mais apparemment l’argument est systématiquement balayé par les tenants de la bonne vertu écologique, seuls détenteurs auto-déclarés de la vérité absolue en la matière. Fait-on avec la même force les mêmes procès médiatiques contre les émissions d’azote (NOX) et particules fines quantitativement plus nocives du transport maritime ou routier ? 

Dès lors la petite musique qui va s’amplifiant sur la taxation du kérosène n’en a que plus d’acuité quand, si je m’en réfère aux informations parues récemment dans le quotidien « Le Monde », une « étude » recommandant un prélèvement de 33 centimes par litre de carburant serait dans les tiroirs de la Commission européenne. 

Il est assez croustillant de remarquer à la lecture des données y figurant que la hausse du prix du carburant, déjà pénalisante par ailleurs en raison des fluctuations du marché du brut, supposerait une hausse du prix du billet de 10% avec comme corollaire une baisse de la demande du même ordre mais sans pénaliser l’emploi. On croit rêver devant tant d’anachronisme économique. Par ailleurs cette disposition, et ce n’est pas le moins savoureux de l’étude, rapporterait aux finances publiques (lesquelles ?) plus de 3,5 milliards d’euros. 

En conclusion, même si cela parait simpliste, on crée un permis de polluer qui rapporte beaucoup d’argent aux Etats collecteurs ! L’Europe aurait une belle manière de se tirer une balle dans le pied dans un environnement concurrentiel régenté, sauf erreur, par la Convention de Chicago.

Qu’en pensent les autres pays non directement concernés par cette mesure notamment du côté des plus grands producteurs d’émissions gazeuses de la planète ? Mais cela satisfera sans nul doute les promoteurs du « flight shame » prônant l’abstention d’utiliser l’avion notamment dans les pays nordiques ( ce qui ne les empêchera certainement pas de l’utiliser pour aller profiter des sites ensoleillées dont ils raffolent en hiver). Il est bien sur possible, si vous avez du temps disponible, de pouvoir effectuer, comme un récent reportage télévisuel vient de le suggérer, un voyage de Paris à Tokyo en utilisant le Transsibérien et un bateau pour une durée de 14 jours hypothèse charmante du temps de Phileas Fogg ! 

Cela dit le sujet est sérieux et mérite certainement un peu plus de sérénité pour aborder la problématique de la transition écologique en tenant compte de tous les enjeux technologiques, économiques, sociaux et environnementaux afin de répondre efficacement au défi climatique dont, est-il nécessaire de le répéter, tous les acteurs du transport aérien ont pleinement conscience. Mais vouloir leur infliger une taxation supplémentaire s’ajoutant à la kyrielle déjà existante ne nous paraît pas la juste mesure pour le résoudre globalement. 
Le système de compensation évoqué supra a pour le moins le mérite de souligner l’engagement de notre secteur d’apporter sa contribution à la lutte contre les conséquences néfastes du réchauffement climatique en sensibilisant tous les usagers sur la nécessité d’agir pour le bien être de notre planète tout en préservant l’essence même du voyage qui unit les hommes et les peuples comme l’exprimait si bien Saint Exupéry.