Revue de presse SNPL du 24 mars 2020

Revue de presse élaborée par

 

 

  • Air France KLM : l’Etat à la rescousse ?
  • Coronavirus : fermeture d’Orly en vue d’ici à fin mars, selon Djebbari
  • L’aéroport de Beauvais réduit encore la voilure
  • Ces aéroports français qui ferment (en partie ou complètement) leurs terminaux
  • Coronavirus : Delta enjoint les salariés à quitter la compagnie
  • EasyJet obligé de s’excuser après la diffusion d’une vidéo polémique
  • Coronavirus : Emirates, Etihad et Turkish Airlines annulent en masse
  • Coronavirus : Singapore Airlines va immobiliser 96% de sa flotte jusqu’à fin avril
  • Coronavirus en Afrique : Air Côte d’Ivoire, Kenya Airways, Ethiopian et SAA réagissent
  • Les vols entre la Métropole et l’Outre-mer seront très limités à partir de lundi minuit
  • Covid-19 : Vinci ne tiendra pas ses objectifs cette année
  • Le secteur aérien américain commence à licencier
  • Coronavirus : Airbus ne versera pas de dividendes à ses actionnaires pour l’année 2019
  • Le baril de pétrole à 20 dollars : quelles conséquences ?

  

Air France KLM : l’Etat à la rescousse ?

Boursier.com – 21/03/2020

Air France KLM, qui restait sur deux séances de hausse, retombe de 4% à 4,4 euros en ce début de semaine dans un contexte toujours très compliqué pour le secteur. La compagnie, dont le titre a été divisé par plus de deux en 2020, fait l’objet de nombreux bruits de couloir alors qu’elle a été contrainte de clouer au sol quasiment toute sa flotte et de mettre au chômage partiel 45.000 salariés pour faire face à la chute de la demande et aux restrictions de voyage imposées par les différents gouvernements.

Face à cette situation, l’Etat pourrait apporter son soutien au transporteur. Une possibilité une nouvelle fois évoquée ce matin sur ‘Europe 1’ par le patron de la banque publique d’investissement, Bpifrance. Selon Nicolas Dufourcq, le gouvernement français pourrait devoir « injecter massivement des liquidités » dans « une ou deux entreprises » dont il est déjà un très gros actionnaire pour les aider à surmonter la crise. Le dirigeant évoquant notamment le cas d’AF-KLM. A suivre.

 

Coronavirus : fermeture d’Orly en vue d’ici à fin mars, selon Djebbari

La Tribune – 23/03/2020

Après la fermeture de la zone 2 de l’aéroport d’Orly la semaine dernière et d’Orly 1 ce dimanche soir, l’aéroport du sud de Paris pourrait fermer d’ici à la fin du mois de mars, selon le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari. Les quelques vols restants seraient concentrés à Roissy-Charles de Gaulle, où les terminaux 3 et 2G ont fermé hier soir.

Fermeture en vue de l’aéroport d’Orly. Comme La Tribune l’indiquait la semaine dernière l’aéroport du sud de Paris pourrait fermer ses portes en raison de l’effondrement du trafic  aérien. L’activité restante serait transférée à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, au nord de Paris. Ce dimanche sur LCI, le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari a en effet déclaré qu’Orly pourrait fermer d’ici à la fin du mois.

« A Orly, il n’est pas tout à fait impossible à un moment que l’ensemble de l’activité soit regroupée à Roissy (Charles-de-Gaulle) (…) possiblement à compter de la fin du mois de manière à regrouper l’activité qui va être assez résiduelle », a-t-il indiqué.

Le terminal 2 de l’aéroport d’Orly est fermé depuis mercredi. Orly 1 a quant à lui été fermé hier soir. Restent pour l’heure ouverts les terminaux 3 et 4 pour les quelques vols d’Air France, Air Corsica, Iberia, TAP, Lufthansa, Vueling et Easyjet (terminal 3) et ceux de French Bee, Air Caraïbes et Corsair au terminal 4.

A Roissy, CDG 3 et CDG 2G ont fermé

A Roissy-Charles de Gaulle, les terminaux 3 et 2G ont été fermés hier soir. Air France, le plus gros client d’ADP avec plus de 50% des vols en temps normal, n’assurera plus que 10% environ de son programme à compter de lundi, principalement pour opérer des rapatriements de français bloqués à l’étranger ou assurer la continuité territoriale.

L’aéroport de Lille a annoncé de son côté dimanche l’interruption du trafic des vols commerciaux à compter de lundi après la suspension des vols des compagnies easyJet et Ryanair. Il maintiendra « un service minimum pour les derniers passagers en cours de rapatriement et pour assurer la disponibilité des infrastructures pour les services d’urgence et de Santé », a-t-il précisé.

L’aéroport de Biarritz ferme lui aussi ses portes ce lundi « jusqu’à nouvel ordre », dans la mesure où « le trafic journalier se limite désormais à quelques dizaines de voyageurs » et « que le programme des compagnies aériennes se réduit de jour en jour (jusqu’à -95% sur le réseau court courrier d’Air France) ». L’aéroport de Pau « accueillera le seul vol quotidien Air France reliant Paris à notre territoire à partir de lundi », a poursuivi le Syndicat mixte d’Aéroport de Biarritz-Pays Basque, gestionnaire de l’aéroport.

L’aéroport « reste cependant opérationnel et ouvert à la circulation aérienne publique pour toute opération d’urgence ainsi que les vols privés ».

 

L’aéroport de Beauvais réduit encore la voilure

Courrier Picard – 23/03/2020

Les vols se réduisent, onze sont prévus lundi 23 mars.

La semaine dernière, c’était environ une vingtaine de vols par jour sur les 70 à 90 avions qui décollent en période normale de l’aéroport de Beauvais-Tillé. Cette semaine, c’est encore moins : « Nous allons avoir 4 à 6 vols quotidiens entre les programmés et les vols de rapatriement », précise Edo Friart, directeur de la SAGEB. Les vols Wizzair continuent, les vols Ryanair s’arrêteront le 25 mars, et Skyup a remis ses vols de rapatriement, qui avaient préalablement été annulés. Ce lundi, ce sont 11 voyages qui sont prévus.

Au niveau salarial, 10 à 15 % des collaborateurs sont encore sur site, le reste au chômage partiel ou bien en télétravail. « L’activité a énormément baissé dans le but d’assurer la sécurité des équipes », précise une déléguée syndicale CGT. « Les vols restant sont des rapatriements, mais pas pour partir en vacances », précise-t-elle.

 

Ces aéroports français qui ferment (en partie ou complètement) leurs terminaux

Tour Hebdo – 23/03/2020

Après avoir déjà fermé son terminal 2, l’aéroport d’Orly, à Paris, pourrait être complètement mis à l’arrêt à la fin du mois. Certains aéroports de province ont, eux, déjà décidé de fermer leurs portes.

Aéroport d’Orly

Après le terminal 2, c’est l’ensemble de l’aéroport d’Orly qui pourrait être fermé à la fin du mois, a annoncé dimanche le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. L’activité aéroportuaire parisienne serait alors regroupée à Roissy Charles-de-Gaulle. « Le secteur aérien est l’un des plus touchés par cette crise sanitaire mondiale et l’activité va beaucoup se réduire la semaine prochaine », a indiqué Jean-Baptiste Djebbari, en évoquant la réduction du trafic des compagnies « mais aussi la fermeture de terminaux sur les principaux aéroports ».

Aéroport de Biarritz- Pays Basque

L’aéroport de Biarritz a déjà annoncé ce week-end fermer ses portes pour l’activité commerciale à partir de ce lundi et, cela, jusqu’à nouvel ordre. Le Syndicat mixte d’Aéroport de Biarritz-Pays Basque a pris cette décision après avoir constaté « que le trafic journalier se limite désormais à quelques dizaines de voyageurs » et « que le programme des compagnies aériennes se réduit de jour en jour (jusqu’à -95% sur le réseau court courrier d’Air France) ». L’aéroport restera néanmoins ouvert à la circulation aérienne publique pour toute opération d’urgence, ainsi que pour les vols privés.

Lorraine Airport

Lorraine Airport (Metz-Nancy) a, lui aussi, annoncé l’interruption de son trafic commercial pour une durée indéterminée à compter du vendredi 20 mars 15h00 (heure du dernier vol Air France à destination de Lyon). L’aéroport restera néanmoins ouvert pour accueillir les vols sanitaires et militaires.

Aéroport de Lille-Lesquin

À Lille également, l’aéroport cesse complètement ses activités commerciales. L’aérogare a annoncé sa fermeture au public à compter du 23 mars. Une décision qui fait suite notamment à l’arrêt de tous les vols des compagnies Easyjet et Ryanair. Un service minimum doit toutefois être assuré pour les rapatriements des ressortissants français ainsi que « pour assurer la disponibilité des infrastructures pour les services d’urgence et de Santé », précise la direction dans un communiqué.

Aéroport de Marseille Provence

Il y a quelques jours, c’est l’aéroport de Marseille Provence qui annonçait une réorganisation de ses terminaux pour faire face à la baisse du trafic. Dans le détail, les opérations aéroportuaires restantes se concentrent à présent sur le Terminal 1 Hall B. Le terminal 2 a quant à lui été fermé dès le 18 mars et le terminal 1 Hall A devait lui aussi fermer ses portes suite à l’arrêt progressif du trafic. « L’activité du fret est quant à elle vouée à rester globalement stable », annonce la direction dans un communiqué.

Aéroport de Nice

S’il reste ouvert, l’aéroport de Nice a dû lui aussi se réorganiser. Depuis le 16 mars, et jusqu’à nouvel ordre, tous les vols maintenus sont opérés à partir du terminal 2. « Cette réorganisation doit permettre d’optimiser les flux de passagers, la sécurisation de leurs parcours et le suivi optimal des obligations en matière de santé publique », est-il indiqué sur le site Internet de l’aéroport.

Et les autres ?

D’autres aéroports comme ceux de Nantes ou Bâle-Mulhouse assurent, eux aussi, un service minimum, sans pour autant communiquer sur la fermeture des terminaux. Les vols pour le fret ou pour des services d’urgence, ainsi que pour les rapatriements, sont toujours programmés.

 

Coronavirus : Delta enjoint les salariés à quitter la compagnie

La Tribune – 21/03/2020

La compagnie américaine a annoncé que la pandémie de coronavirus allait entraîner une dégringolade de 10 milliards de dollars de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre. Son PDG, Ed Bastian, enjoint les employés encore hésitants à quitter l’entreprise.

« Je vous en prie, demandez-vous si (partir) n’est pas la meilleure décision pour vous et votre famille à court terme ». Dans un document adressé à la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, Ed Bastian, le PDG de la compagnie aérienne américaine Delta (actionnaire d’Air France-KLM), a une nouvelle fois poussé les salariés à quitter l’entreprise, elle aussi touchée de fouet par la crise du coronavirus, alors qu’elle est l’une des plus solides de la planète. Il y a quelques jours déjà, dans un précédent courrier, il leur ordonnait presque de profiter du plan de départs en cours.

« J’enjoins tout employé (…) de voir si un départ volontaire momentané n’est pas ce qu’il y a de mieux pour lui/elle et sa famille actuellement. N’oubliez pas que vous continuerez à avoir accès à vos avantages sociaux, comme la couverture santé et les voyages », expliquait-il.

Chute de 10 milliards de dollars du chiffre d’affaires au deuxième trimestre

Delta a lancé un plan de départs volontaires portant sur 13.000 personnes, soit 14% de ses effectifs (91.000). 10.000 employés ont déjà accepté ce plan et ont quitté la compagnie. Objectif : baisser les coûts au maximum, alors que Delta brûle 50 millions de dollars par jour. Le 18 mars, le chiffre d’affaires de mars avait déjà diminué de près de 2 milliards de dollars par rapport à mars 2019. Et la projection pour avril « est pire », expliquait Ed Bastian. Ce dernier prévoit au deuxième trimestre une dégringolade de 10 milliards de dollars de son chiffre d’affaires, en baisse de 80% par rapport au deuxième trimestre 2019. Face à cet écroulement de la demande, les capacités sont réduites de 70% « jusqu’à ce que la demande se redresse ».

Demande une aide publique

En concertation avec les autres compagnies aériennes, Delta demande une aide publique de 58 milliards de dollars (25 milliards de dollars d’aides directes, 25 milliards de prêts garantis pour les compagnies de transport de passagers et huit milliards pour les transporteurs de fret). Les compagnies américaines demandent aussi un allègement des charges jusqu’à au moins fin 2021 qui pourrait s’élever à des dizaines de milliards de dollars.

Mais des membres du Congrès veulent au préalable que les compagnies aériennes renoncent aux programmes de rachats d’actions, qui permettent de rémunérer les actionnaires en dopant artificiellement le cours de Bourse de l’action. D’après le S&P Dow Jones Indices, Delta, American, Southwest et United ont ensemble consacré 39 milliards de dollars au cours des cinq dernières années à de tels programmes. Ed Bastian a rappelé vendredi que Delta avait déjà décidé de les suspendre et que le conseil d’administration a également voté la suspension des versements des futurs dividendes.

Report de prises de livraisons d’avions

Outre le plan de départs volontaires, Delta avait pris ces derniers jours une série de mesures d’économies, dont des congés sans solde. Ed Bastian et les membres du conseil d’administration ont renoncé à leur rémunération pour les six prochains mois tandis que les salaires des cadres dirigeants vont diminuer de 25 à 50% jusqu’à juin. Delta a également décidé de suspendre toute livraison de nouveaux avions, va consolider ses opérations à Atlanta et fermer tous les salons DeltaSky Clubs aux aéroports.

 

EasyJet obligé de s’excuser après la diffusion d’une vidéo polémique

Capital – 22/03/2020

La compagnie aérienne a diffusé une vidéo dans laquelle elle demande à ses pilotes et équipages d’importants sacrifices financiers tout en plagiant un discours du Premier ministre irlandais.

C’est ce que l’on appelle un « bad buzz ». La compagnie aérienne easyJet a été contrainte de s’excuser auprès de ses personnels après la diffusion d’une vidéo censée « motiver » les salariés du groupe face à la crise économique que traversent les transporteurs aériens. Dans cette vidéo, le patron d’easyJet demandait ainsi aux pilotes et aux personnels de cabine de faire de « gros efforts financiers », détaille The Guardian.

Non seulement l’annonce est mal passée auprès des personnels du groupe mais il s’avère également que le patron de la compagnie a en réalité plagié un autre discours, tenu cette fois par le Premier ministre irlandais. Un monteur anonyme s’est en effet amusé à assembler les images de l’allocution de Leo Varadkar avec l’appel à la solidarité de Peter Bellew, ancien directeur de Ryanair et désormais chef d’exploitation d’easyJet.

Congés sans solde

Il a ainsi prouvé que les deux discours étaient identiques sur certains points ce qui a provoqué la consternation au sein du personnel de la compagnie low cost. D’autant plus que, dans cette allocution, le dirigeant appelait les équipages à accepter la prolongation de la période de congés sans solde et un gel des salaires pour faire face à la crise traversée par easyJet, détaille The Irish Time. De nouveaux sacrifices demandés aux personnels en pleine polémique autour des conditions de travail des salariés de la compagnie.

« Les pilotes d’easyJet étaient déjà consternés par la conduite de Peter cette semaine, je pense que ce discours clairement plagié cimente sa réputation d’être totalement indigne de confiance », détaille au Guardian un pilote qui souhaite rester anonyme. Face à la situation, Peter Bellew a dû présenter ses excuses, samedi 21 mars. « Certains d’entre vous ont repéré des similitudes entre le message que j’ai fait la semaine dernière et un récent discours du taoiseach irlandais [premier ministre irlandais NDLR], Leo Varadkar. Je ne peux que lever la main et m’excuser […] j’ai emprunté certaines de ses phrases dans mon récent message aux équipages de cabine et aux pilotes, je réalise désormais que c’était une erreur ».

Le dirigeant a ensuite promis d’écrire ses « propres discours à l’avenir ». Le scandale intervient alors qu’easyJet doit immobiliser, à partir de lundi, la majeure partie de sa flotte pour n’assurer que 10% de ses vols. Face à cette situation, les personnels du groupe ont déjà accepté le principe d’un congé sans solde de trois mois.

 

Coronavirus : Emirates, Etihad et Turkish Airlines annulent en masse

Air Journal – 23/03/2020

Face à la pandémie de Covid-19, les compagnies aériennes Emirates Airlines et Etihad Airways annoncent la suspension à partir de mercredi de la quasi-totalité de leurs vols, tandis que Turkish Airlines ferme de son côté son secteur international à l’exception de cinq destinations – dont aucune en Europe.

Les Emirats Arabes Unis ont annoncé l’arrêt de tous les vols internationaux à partir du 25 mars 2020 et pour deux semaines. Alors qu’elle avait déjà décidé de suspendre 111 de ses 159 destinations au départ de Dubaï à compter de ce lundi matin (dont Paris), Emirates Airlines a annoncé hier soir la suspension d’ici mercredi de « la plupart » de ses vols passagers, sans plus de précision – les vols cargo restant opérés. Ses avions doivent encore décoller (si possible) vers le Royaume-Uni, la Suisse, Hong Kong, la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines, le Japon, Singapour, l’Australie, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, les États-Unis et le Canada. La compagnie explique avoir eu pour objectif de maintenir les vols « aussi longtemps que possible pour aider les voyageurs à rentrer chez eux dans un nombre croissant d’interdictions de voyager, de restrictions et de fermetures de pays à travers le monde ». Elle continuera de maintenir des liaisons internationales « essentielles » de fret aérien pour les économies et les communautés, déployant sa flotte de 777 cargos pour le transport de biens essentiels, y compris des fournitures médicales à travers le monde.

Parmi les mesures de « maîtrise des coûts » annoncés hier par le groupe Emirates figure un encouragement aux employés à « prendre des congés payés ou non payés en raison de la capacité de vol réduite », et une réduction du salaire de base pour la majorité des salariés du groupe « pendant trois mois, allant de 25% à 50%. Les employés continueront de recevoir leurs autres indemnités pendant cette période. Les employés subalternes seront exemptés de la réduction du salaire de base ». Les présidents d’Emirates et de Dnata – Sir Tim Clark et Gary Chapman – subiront une réduction du salaire de base de 100% pendant trois mois.

Cheikh Ahmed bin Saeed Al Maktoum, président-directeur général d’Emirates Group a déclaré dans un communiqué : « Le monde est littéralement entré en quarantaine en raison de l’épidémie de COVID-19. Il s’agit d’une situation de crise sans précédent en termes d’ampleur et d’échelle: géographiquement, mais aussi d’un point de vue sanitaire, social et économique. Jusqu’en janvier 2020, le groupe Emirates s’en sortait bien par rapport à nos objectifs de l’exercice en cours. Mais COVID-19 a entraîné tout cela à un arrêt soudain et douloureux au cours des 6 dernières semaines ».

A Abou Dhabi, la compagnie nationale émiratie Etihad Airways n’a pas immédiatement réagi à l’annonce de son gouvernement, mais devait aussi profiter des deux prochains jours pour tenter de transporter le plus de passagers possibles. Elle avait déjà suspendu plus de la moitié de ses routes ; sa dernière annonce concerne les vols pour Pékin, qui font désormais escale à Xi’an pour que les passagers soient testés. Le CEO du groupe Tony Douglas expliquait hier dans The National que des diminutions de coûts sont également envisagées ; plus de 2500 employés auraient déjà accepté de partir en congé sans solde.

A Istanbul, la compagnie nationale Turkish Airlines a annoncé pour le 27 mars l’arrêt quasi-total de son programme international, et ce jusqu’au 17 avril (ses vols vers 68 pays étaient déjà suspendus). Seules cinq routes restent ouvertes durant la période, vers New York et Washington aux Etats-Unis, Hong Kong, Moscou en Russie et Addis Abeba en Ethiopie. Au total, la compagnie a réduit de 85% ses capacités.

Ceux qui ont acheté des billets avant le 20 mars pourront changer les billets jusqu’à la fin de l’année, a expliqué le président Ilker Ayci, ajoutant qu’aucun frais supplémentaire ne sera facturé pour les changements de billets. La compagnie accordera un bonus de 15% à ceux qui reportent leurs vols au lieu de les annuler, et 1000 miles bonus seront accordés pour chaque 10 euros du prix du billet d’avion reporté et non annulé.

 

Coronavirus : Singapore Airlines va immobiliser 96% de sa flotte jusqu’à fin avril

Air & Cosmos – 23/03/2020

La compagnie singapourienne va mettre au sol 138 avions de sa flotte (avec Silkair) sur un total de 147 appareils et 47 avions sur 49 pour Scoot, sa filiale low cost long courrier.

Pas de marché domestique

Jour après jour, le coronavirus continue à impacter le transport aérien mondial. La compagnie Singapore Airlines vient d’annoncer qu’elle allait garder au sol 96% de sa flotte et de ses filiales jusqu’à fin avril. Cette mesure va donc entraîner l’immobilisation d’environ 138 avions de la flotte de Singapore Airlines et de sa filiale régionale Silk Air sur une flotte totale de 147 avions. La filiale low cost de SIA, Scoot Airlines, va elle garder au sol 47 de ses 49 avions. La compagnie précise que la crise sanitaire du coronavirus est « le plus grand défi auquel SIA a été confrontée dans son histoire » et que « en l’absence de marché domestique à Singapour, les différentes compagnies aériennes du groupe SIA deviennent plus vulnérables lorsque les marchés internationaux restreignent de plus en plus la libre circulation des personnes ou interdisent totalement les voyages en avion.

Mesures de réductions de coûts supplémentaires

Par ailleurs, SIA continue de prendre des mesures pour réduire l’impact économique du Covid-19 sur sa santé financière et économique. « Des discussions sont en cours avec les constructeurs pour différer les livraisons d’avions à venir. Si un accord est trouvé, cela reportera par conséquent le paiement de ces livraisons d’avions », précise Singapore Airlines. Par ailleurs, ont été mise en place des réductions de salaires pour la direction du groupe SIA et les administrateurs de la société. Des discussions sont par ailleurs en cours avec les organisations syndicales syndicales pour arrêter des mesures de réduction de coûts supplémentaires. SIA annonce enfin qu’elle a puisé dans ses lignes de crédit pour répondre à ses besoins de trésorerie immédiats et le groupe est actuellement en discussion avec plusieurs institutions financières pour ses futurs besoins de financement.

 

Coronavirus en Afrique : Air Côte d’Ivoire, Kenya Airways, Ethiopian et SAA réagissent

Air Journal – 23/03/2020

Les fermetures de frontières successives face à la pandémie de Covid-19 ont contraint les compagnies aériennes Air Côte d’Ivoire, Kenya Airways, Ethiopian Airlines ou South African Airways à suspendre tout ou partie de leur offre internationale. 

Suite à la décision du Gouvernement ivoirien de fermer ses frontières aériennes, terrestres et maritimes le dimanche 22 mars 2020 à 23h59, Air Côte d’Ivoire indique ne plus opérer à Abidjan vers les destinations suivantes « pour raison de fermeture de leurs aéroports respectifs » : Douala, Yaoundé, Bamako, Freetown, Niamey, Kinshasa et Dakar. Les derniers vols Accra, Lagos, Lomé, Monrovia ont été opérés hier, tandis que ceux prévus vers Abuja, Pointe noire et Brazzaville ont été annulés. Les vols intérieurs ou domestiques pour la Côte d’Ivoire « sont maintenus sur Korhogo, San Pedro, Man, Bouaké et Odienné », ajoute le transporteur national dans un communiqué.

A Nairobi, Kenya Airways a de son côté annoncé suspendre temporairement tous les services passagers internationaux « à compter du 25/03/2020 jusqu’à nouvel ordre ». Dans l’intervalle, les vols intérieurs vers Mombasa et Kisumu restent opérationnels. Les clients concernés par la suspension « pourront modifier leurs réservations pour un voyage ultérieur ou échanger leur réservation contre des bons pour de futurs voyages dans 12 mois ».

En Afrique du Sud, South African Airways a annoncé vendredi la suspension de tous ses vols internationaux, et ce jusqu’à la fin du mois de mai. La CEO par intérim Zuks Ramasia a déclaré : « Il est de notre responsabilité, et pas seulement du gouvernement, de freiner la transmission du virus. En outre, les risques croissants pour notre équipage de contracter le virus, y compris la possibilité d’être piégé dans des destinations étrangères en raison de l’interdiction croissante des voyages, ne peuvent être ignorés ». SAA, qui avait déjà considérablement réduit son offre début février, est actuellement dirigée par des administrateurs, le temps d’élaborer un plan de restructuration.

Enfin à Addis Abeba, Ethiopian Airlines a annoncé vendredi avoir suspendu les vols vers 30 pays en raison de la pandémie, sans plus de précision. Elle détaille cependant ici les restrictions d’entrée imposées par différentes nations. Tous les passagers arrivant en Ethiopie en provenance des pays touchés par le COVID-19 seront mis en quarantaine pendant 14 jours, à leurs frais.

Rappelons que la semaine dernière, l’IATA appelait les gouvernements africains à venir en aide au transport aérien : les réservations internationales pour mars et avril en Afrique sont en baisse d’environ 20%, tandis que les réservations intérieures ont chuté d’environ 15% pour mars et 25% pour avril, selon les plus récentes données. Les compagnies aériennes d’Afrique ont perdu 4,4 milliards $ US en recettes au 11 mars 2020.  La contribution économique de l’industrie aérienne d’Afrique est évaluée à 55,8 milliards $ US ; l’industrie soutient 6,2 millions d’emplois et sa contribution au PIB s’élève à 2,6%.

 

Les vols entre la Métropole et l’Outre-mer seront très limités à partir de lundi minuit

Capital – 23/03/2020

Des restrictions sur les vols entre l’Hexagone et l’Outre-Mer vont entrer en vigueur dès lundi 23 mars minuit et ce, jusqu’au 15 avril.

Les déplacements de passagers par transport aérien entre la métropole et les départements et collectivités d’Outre-Mer (Martinique, Mayotte, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Saint Martin et Saint-Barthélemy) seront restreints à partir de lundi minuit et jusqu’au 15 avril, selon un arrêté publié dimanche au Journal Officiel. Les déplacements entre ces îles seront également strictement limités. Dans les deux cas des dérogations pour des motifs « impérieux d’ordre personnel ou familial », de « santé relevant de l’urgence » ou « professionnel ne pouvant être différé » peuvent cependant être accordées.

Cette mesure « ne fait pas obstacle au retour dans l’Hexagone des touristes partis en outre-mer, ni de résidents ultramarins qui étaient partis pour un court séjour dans l’Hexagone et n’auraient pas de solution pour y rester », a précisé le ministère des Outre-mer. « Le gouvernement a également demandé aux compagnies aériennes de rester mobilisées pour assurer une continuité minimale des liaisons aériennes avec les territoires ultramarins », a-t-il précisé.

Des justificatifs à présenter aux compagnies aériennes

La semaine prochaine par exemple, sept vols par jour seront opérés de ou vers La Réunion. « La situation sanitaire propre à l’insularité, à l’isolement et à l’éloignement des territoires ultra-marins du reste du territoire national, caractérisés par les difficultés majeures auxquelles ces territoires seraient confrontés en cas de propagation massive due à des cas d’importation du virus par voie aérienne » justifie ces mesures déjà annoncées la semaine dernière par les préfectures de ces territoires, selon l’arrêté.

Les personnes qui souhaitent bénéficier de l’une des exceptions mentionnées doivent présenter au transporteur aérien lors de leur embarquement les documents justifiant du motif et une déclaration sur l’honneur, précise l’arrêté. Les préfectures de La Réunion et de Mayotte avaient déjà indiqué mercredi que les vols d’agrément (tourisme, visites amicales, participation à des cérémonies familiales…) seraient interdits, après des annonces dans le même sens de la Guyane, des préfectures de Guadeloupe et de Martinique.

 

Covid-19 : Vinci ne tiendra pas ses objectifs cette année

Investir / Agefi-Dow Jones – 23/03/2020

Le groupe de construction et de concessions Vinci a averti lundi qu’il ne tiendrait pas ses perspectives communiquées en février dernier en raison de l’impact du coronavirus sur son activité.

Vinci a indiqué dans un communiqué ne pas être en mesure à l’heure actuelle de quantifier l’impact de cette crise sur ses résultats financiers. « Pour autant, il apparaît que l’objectif, annoncé en février dernier, d’une progression du chiffre d’affaires et du résultat pour 2020 ne pourra pas être tenu », a prévenu la société.

Concernant l’impact de la crise sanitaire sur son activité, Vinci a souligné que le trafic de ses aéroports avait enregistré une chute de 40% sur les trois premières semaines de mars. « Un plan de réduction des dépenses opérationnelles et de décalage des investissements est actuellement mis en œuvre sur l’ensemble des plateformes dans le respect des obligations contractuelles et aéronautiques et des décisions gouvernementales « , a annoncé le groupe.

Le trafic de Vinci Autoroutes a pour sa part chuté de 16% entre le 1(er) et le 20 mars.

« Dans le Contracting, après un niveau d’activité soutenu depuis le début de l’année, la mise en place des mesures de confinement en France a entraîné, à partir du 16 mars, une interruption de très nombreux chantiers », a expliqué Vinci. « Des démarches auprès des pouvoirs publics ont été entreprises par les organisations professionnelles afin de définir les conditions permettant la reprise progressive des travaux tout en assurant la sécurité sanitaire des intervenants », a poursuivi la société.

« Au global, le groupe s’attend à devoir faire face à une baisse prononcée mais limitée dans le temps de son chiffre d’affaires », a estimé le groupe.

L’entreprise a indiqué disposer d’une trésorerie nette disponible de 6,5 milliards d’euros.

Le groupe fera un nouveau point sur la situation lors de son assemblée générale, le 9 avril.

 

Le secteur aérien américain commence à licencier

Les Echos – 23/03/2020

General Electric a annoncé qu’il se séparait de 10 % de ses employés dans sa branche aviation. Boeing, lui, déjà ébranlé par la crise du 737 Max, a fermé pour deux semaines son usine de Seattle afin de ralentir la progression du virus parmi ses salariés.

La production est à l’arrêt aux Etats-Unis, et les licenciements se multiplient . Première victime : l’aéronautique. General Electric a annoncé qu’il se séparait de 10 % de ses effectifs dans sa branche aviation, soit environ 2.500 salariés. Le géant américain va aussi mettre au chômage technique la moitié de ses équipes de maintenance et de réparation, pendant trois mois. Ces mesures devraient lui faire économiser entre 500 millions et un milliard de dollars.

« En ce qui concerne notre situation financière, notre entreprise est solide. Cependant, les incertitudes sur l’ampleur et la durée de cette pandémie continuent de l’emporter sur les certitudes », a justifié le patron de GE, Larry Culp, qui renonce à son salaire pour le reste de l’année 2020. D’autres décisions pourraient être prises dans les prochaines semaines.

General Electric a complètement restructuré ses activités ces dernières années et semblait enfin sortir de l’ornière. La stratégie de son nouveau patron, Larry Culp, était validée par les marchés et les résultats du dernier trimestre étaient meilleurs que prévus, portés par les activités d’aviation. Cette division est la plus importante et la plus rentable du groupe, mais a connu un ralentissement dû à la suspension des vols du 737 Max de Boeing.

Boeing à l’arrêt

Boeing, justement, voit sa crise aggravée encore par le coronavirus et la chute du trafic aérien, ces dernières semaines. L’avionneur a annoncé, lui, qu’il suspendait pour 14 jours la production de ses longs courriers à Renton, dans l’Etat de Washington, là où la production des 737 Max est déjà à l’arrêt. Les salariés qui le peuvent continueront à travailler de chez eux, les autres recevront un congé payé de dix jours.

Cette mesure doit éviter la propagation du virus parmi les employés du groupe, dans une région qui a été la première touchée par le Covid-19 et qui déplore déjà une centaine de morts. Plusieurs salariés ont été testés positifs ces derniers jours.

La majorité des modèles de Boeing est construite dans la région de Seattle. L’usine de Caroline du Sud, où le 787 Dreamliner est produit, n’est pas concernée par ces fermetures. Afin de faire face à la crise, Boeing a demandé un plan de sauvetage d’au moins 60 milliards de dollars à l’Etat fédéral, sous la forme de prêts garantis. Son concurrent européen, Airbus, estime qu’à ce stade il n’a pas besoin d’aides.

 

Coronavirus : Airbus ne versera pas de dividendes à ses actionnaires pour l’année 2019

20 Minutes – 20/03/2020

Airbus a indiqué lundi avoir pris plusieurs mesures pour préserver sa trésorerie durant la période de crise

  • Pour préserver sa trésorerie, Airbus a indiqué lundi qu’elle ne verserait pas de dividendes à ses actionnaires au titre de l’année 2019.
  • Diverses actions financières ont permis à l’entreprise de disposer de 30 milliards d’euros pour faire face à la crise.
  • L’activité doit reprendre progressivement sur ses sites de production à compter de ce lundi.

Crise du coronavirus oblige, la société Airbus a indiqué ce lundi qu’elle prenait certaines mesures financières. La première consiste à ne pas verser à ses actionnaires de dividendes au titre de l’année 2019. Le groupe a aussi annulé ses prévisions de résultats pour 2020, un moyen pour atténuer l’effet de la crise sur sa trésorerie.

Pour la première mesure, l’avionneur européen annonce avoir « reçu l’aval » de son conseil d’administration. Initialement, il aurait dû verser 1,80 euro par action, soit au total une valeur totale d’environ 1,4 milliard d’euros.

« Notre priorité consiste à protéger les personnes tout en soutenant les efforts mondiaux visant à freiner la propagation du coronavirus. Nous sécurisons également nos activités afin de préserver l’avenir d’Airbus et de reprendre efficacement nos opérations après la crise. Je suis convaincu qu’Airbus et l’ensemble du secteur aéronautique et spatial surmonteront cette période critique », a indiqué Guillaume Faury, président exécutif d’Airbus.

Grâce à ces diverses décisions, l’entreprise indique qu’elle dispose désormais de 30 milliards d’euros de liquidités, contre 20 milliards auparavant. Une ressource « suffisante pour faire face aux besoins de trésorerie supplémentaires liés au COVID-19 », assure-t-elle dans un communiqué où elle indique avoir suspendu le financement volontaire des retraites.

Reprise progressive de la production

La semaine dernière, l’avionneur a indiqué que ses sites de production français et espagnols allaient reprendre progressivement à compter de ce lundi une activité, sous des conditions sanitaires et de sécurité strictes.

« Airbus entend assurer la continuité de ses activités, même en cas de crise prolongée, en maintenant la production, en gérant son carnet de commandes résilient, en soutenant ses clients et en garantissant la flexibilité financière de ses opérations », indique le groupe qui emploie 135.000 personnes à travers le monde.

 

Le baril de pétrole à 20 dollars : quelles conséquences ?

La Tribune– 20/03/2020

Prix à la pompe, politiques d’austérité, crises sociales, faillites et baisse des investissements… Le plongeon des cours du brut ne sera pas sans conséquences.

Retombé mercredi sous la barre des 20 dollars à New York (avant de repartir à la hausse jeudi), le baril de pétrole n’avait plus évolué à de tels niveaux depuis 2002. En chute libre depuis le début de l’année – en janvier, le brut cotait à plus de 60 dollars -, les cours sont victimes d’un double choc. Un choc de demande, d’abord, précipité par l’épidémie de coronavirus et ses conséquences sur l’économie. Un choc d’offre, ensuite, en raison du conflit opposant l’Arabie saoudite et la Russie, deux des trois plus gros producteurs mondiaux, après l’échec de leurs négociations pour réduire la production afin de soutenir les cours. Revue de détail des conséquences.

Pour les consommateurs

Conséquence la plus visible du plongeon des cours du brut: les prix à la pompe. En France, le litre de diesel affiche une baisse proche des 20 centimes depuis le début de l’année, touchant son plus bas niveau depuis 2017. Le repli est plus limité pour l’essence (environ 13 centimes). Cette chute reste cependant moins marquée que l’évolution du baril. Pour deux raisons. D’abord, parce que les taxes représentent une part importante de la facture payée par les consommateurs. Ensuite, parce que l’ajustement des prix à la pompe prend du temps à se matérialiser. Ces derniers devraient donc poursuivre leur baisse.

Pour l’Arabie saoudite et la Russie

Après le refus de Moscou de baisser sa production, Riyad a riposté en baissant ses prix de vente et en augmentant fortement sa production. A 20 dollars le baril, l’Arabie saoudite ne perd pas d’argent: la production d’un baril ne lui coûte que 2,80 dollars. Mais le régime a aussi besoin d’un baril à plus de 80 dollars pour équilibrer son budget. Et pour mener ses ambitieux plans de diversification de l’économie. En Russie, les coûts de production sont nettement plus élevés, au-delà des 20 dollars. Mais le budget peut être équilibré avec un cours évoluant entre 40 et 50 dollars. Si les deux pays disposent, en outre, de marges de manœuvres financières, ils ne pourront cependant pas résister sur la durée, estiment les observateurs. Reste à savoir lequel cédera le premier.

Pour le schiste américain

Après des années fastes, le pétrole de schiste américain traversait déjà une période difficile. L’effondrement des cours pourrait donc être fatal à de nombreuses entreprises du secteur, qui ont besoin, en moyenne, d’un baril autour de 50 dollars pour être rentables. Certes, des efforts sur les coûts, comme ceux réalisés en 2014, pourraient permettre d’abaisser ce seuil. Mais le secteur s’est aussi fortement endetté: il devra rembourser 86 milliards d’emprunts sur les quatre prochaines années, selon les calculs de l’agence Moody’s. Sans compter que ces sociétés doivent sans cesse creuser pour maintenir leur production. Et donc sans cesse investir. Pour aider les acteurs les plus fragiles, le gouvernement américain envisage un plan d’aide. Un enjeu crucial pour maintenir l’indépendance énergétique américaine.

Pour les autres pays producteurs

Au-delà des trois mastodontes du marché, la chute des prix pourraient avoir des conséquences bien plus dramatiques pour les autres pays producteurs. Et plus particulièrement pour les pays émergents, dont le budget repose grandement sur les recettes liées au pétrole. En Afrique, l’Algérie, le Nigéria ou encore l’Angola pourraient être les victimes collatérales du coronavirus et du conflit entre Riyad et Moscou. L’Irak, l’Iran, la Libye ou encore le Venezuela sont également concernés. Si les cours ne remontent pas rapidement, tous ces pays devront certainement prendre des mesures drastiques d’austérité, qui pourraient se traduire en crise sociale. Voire même en crise politique.

Pour les groupes pétroliers

Première conséquence pour les six majors occidentales du pétrole: une forte chute boursière. Depuis le début de l’année, leurs titres ont chuté entre 50% et 60%. Un baril à 20 dollars menace désormais leur rentabilité. Et devrait se traduire par une forte baisse des dépenses d’investissements, au moins à court terme en attendant un rebond des cours. Si les cours ne remontent pas, se posera certainement la question des généreux dividendes versés aux actionnaires. Mais la marge de manœuvre est étroite pour ne pas précipiter une nouvelle baisse en Bourse. L’impact s’annonce encore plus catastrophique pour les groupes parapétroliers, qui souffriront de la baisse des investissements.