Revue de presse SNPL du 3 décembre 2019

Revue de presse élaborée par

 

 

  • A Berlin, le nouvel aéroport pourrait ouvrir fin 2020… avec neuf ans de retard
  • Les patrons de Hong Kong Airlines ont cinq jours pour sauver la compagnie
  • Alitalia : nouveau prêt et report, Hambourg et partage avec Azul
  • Qui est IndiGo, la compagnie low-cost indienne qui s’ouvre aux agences de voyages ?
  • Transavia France dévoile 14 destinations au départ de Montpellier à partir d’avril 2020
  • Air France : Virgin Atlantic, China Airlines et bio à San Francisco
  • Air Canada augmente fortement ses capacités au départ des Antilles
  • Air India au bord de la faillite ?
  • Lufthansa : low cost, Qatar Airways et toujours les PNC
  • Air Corsica reçoit ses premiers A320neo
  • Grève du 5 décembre : 80% des vols assurés à Paris ?

 

A Berlin, le nouvel aéroport pourrait ouvrir fin 2020… avec neuf ans de retard

Les Echos, 02/12/2019

Après plusieurs reports et neuf ans de retard sur le calendrier initial, le nouvel aéroport « Willy Brandt » de Berlin-Brandebourg prévoit d’ouvrir ses portes le 31 octobre 2020. Mais beaucoup reste encore à faire pour pouvoir tenir cette date.

Après une décennie de péripéties, six reports d’ouverture, des démissions, des faillites, une affaire de corruption et un coût passé de 2 à 6,5 milliards d’euros,  l’interminable feuilleton du nouvel aéroport de Berlin-Brandebourg est peut-être entré dans sa dernière saison. Alors que des centaines d’ouvriers s’efforcent toujours de corriger les milliers de défauts découverts depuis l’achèvement des bâtiments en 2015, les dirigeants de la société FBR (Flughafen Berlin Brandenburg) sont sortis du bois vendredi, pour annoncer que l’aéroport ouvrirait finalement ses portes le 31 octobre 2020. Soit  neuf ans après la date prévue lors du lancement du projet en 1992.

Si tout se passe comme prévu…

Si tout se passe comme prévu, le nouvel aéroport Willy Brandt, situé au sud de la capitale sur le site de l’actuel aéroport de Schönefeld, accueillera donc à compter de novembre 2020, la totalité des vols pour Berlin, aujourd’hui dispersés entre Schönefeld et Tegel au Nord. Le transfert du trafic de l’aéroport de Tegel débutera le 31 octobre par les vols d’easyJet, devenue la première compagnie aérienne à Berlin depuis la reprise d’une grande partie des activités d’Air Berlin . Les autres compagnies, dont Lufthansa et Air France, devraient suivre les 3 et 4 novembre. Et tout devrait être terminé pour le 8 novembre 2020, date prévue de la fermeture définitive de l’aéroport de Tegel.

Une liaison ferroviaire en prime

A l’ouverture de l’aéroport s’ajoutera également une autre bonne nouvelle pour les passagers : l’inauguration de la gare située sous le nouvel aéroport, qui permettra de rejoindre le centre-ville en 35 minutes par le service Airport express ou en 51 minutes par le métro. Deutsche Bahn a investi 675 millions d’euros dans la construction de cette gare et de ses 18,5 km de voie ferrée, achevée en 2011 et toujours pas utilisée depuis.

De quoi permettre à Berlin de disposer enfin d’un aéroport digne d’une grande capitale européenne. Datant tous deux de la guerre froide, les deux aéroports actuels de Tegel et Schönefeld, qui ont accueilli 33 millions de passagers en 2018, ont en effet dépassé depuis longtemps leur date de péremption. A l’aéroport de Tegel, construit en trois mois par l’armée française en 1948 et qui accueille les vols de Paris, la saturation est telle qu’il n’est pas rare de mettre plus d’une heure pour franchir les contrôles de sécurité.

Prudence de Lufthansa

Toutefois, l’annonce de ce calendrier a été accueillie avec prudence par les compagnies aériennes, échaudées par les reports successifs. « Il s’agit à présent de respecter ce calendrier », a commenté Lufthansa dans un communiqué. De son côté, le ministre président du Brandebourg, Dietmar Woidke, a annoncé ne pas prévoir de fête pour l’inauguration. « Cela serait mal venu pour un projet qui a tant joué sur les nerfs de tout le monde », a-t-il expliqué.

Plus de 2.000 défauts à régler

De l’aveu même du directeur de FBB, le pari du 31 octobre est en effet loin d’être gagné. Plus de 2.000 défauts restent encore à régler, concernant notamment les systèmes de sécurité. On s’est notamment rendu compte que le circuit anti-incendie installé dans les plafonds avait été fixé par des colliers en plastique ! Tout devra donc être résolu avant l’inspection finale par les autorités, qui n’interviendra probablement pas avant juin 2020. Après quoi, l’aéroport devra encore passer avec succès une période de tests durant les mois d’été.

Le moindre imprévu pourrait compromettre ce calendrier déjà serré. Or, les mauvaises surprises n’ont pas manqué jusqu’à présent. Vendredi dernier encore, alors que les dirigeants de FBB annonçaient la date d’ouverture de l’aéroport, la découverte d’une bombe de la Seconde Guerre mondiale avait entraîné la fermeture temporaire de l’aéroport de Schönefeld.

 

Les patrons de Hong Kong Airlines ont cinq jours pour sauver la compagnie

Déplacements pros, 02/12/2019

Les dirigeants de la compagnie ont jusqu’au 7 décembre pour trouver des liquidités ou de nouveaux investisseurs, faute de quoi Hong Kong Airlines pourrait cesser toutes ses activités.

Le gouvernement de Hong Kong a déclaré lundi que la compagnie aérienne doit trouver de nouvelles liquidités ou des investisseurs de dernière minute, faute de quoi sa licence d’exploitation risque d’être suspendue ou même révoquée.

Hong Kong Airlines est au bord du dépôt de bilan. Victime d’une forte concurrence mais également de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis et du mouvement de manifestation pro-démocratie qui secoue l’ancienne colonie britannique depuis près de six mois, la compagnie contrôlée par le conglomérat chinois HNA Group est à court d’argent. Elle n’a toujours pas pu verser les salaires de novembre à ses employés.

La compagnie avait annoncé le mois dernier mettre fin à tous ses vols vers les Etats-Unis. Une réduction de voilure de mauvais augure pour le transporteur qui semble être engagé dans une recherche effrénée de réduction des coûts d’exploitation.

Le délai fixé par les autorités hongkongaises court jusqu’au samedi 7 décembre. Si vous avez prévu de voyager à bord d’un appareil de Hong Kong Airlines passé cette date, n’oubliez pas de vérifier le statut de votre vol sur le site de la compagnie.

En cas de faillite, la compagnie asiatique viendrait compléter la liste, déjà bien remplie, des transporteurs ayant cessé toute activité cette année : Jet Airways, Aigle Azur, XL Airways ou encore Thomas Cook.

 

Alitalia : nouveau prêt et report, Hambourg et partage avec Azul

Air Journal, 03/12/2019

Le gouvernement italien a approuvé un prêt d’urgence de 400 millions d’euros à la compagnie aérienne Alitalia, en attendant de trouver un repreneur ou de décider d’une autre stratégie d’ici juin prochain. Elle devrait ouvrir une nouvelle liaison entre Milan et Hambourg au printemps 2020, et a mis en place un partage de codes au Brésil avec la low cost Azul.

Réuni le 2 décembre 2019 à Rome, le gouvernement a annoncé le report au 31 mai 2020 de la date limite pour sauver la compagnie nationale italienne, en grande difficulté et placée sous « administration extraordinaire » depuis plus de deux ans, l’échéance précédemment annoncée du 21 novembre étant passée sans solution – comme toutes les précédentes. Et après les 900 millions d’euros prêtés en 2017, remboursables selon les règles européennes à la fin juin et dont une partie a été convertie en capital, un nouveau prêt-relais a été annoncé : d’un montant de 400 millions d’euros, il introduit des « mesures urgentes » pour assurer la continuité du service Alitalia, explique un communiqué, organiser « l’achèvement du transfert d’entreprise » avant juin prochain vers la nouvelle Alitalia et financer « des besoins de gestion non reportables ».

L’annonce survient après le constat d’échec du ministre du Développement économique, Stefano Patuanelli : « pour le moment, il n’y a pas de solution de marché. Nous devons comprendre comment créer une solution de marché (un ou plusieurs repreneurs privés) ou comment agir pour trouver une possibilité, compatible avec les moyens financiers » dont dispose actuellement Alitalia « pour trouver une solution différente… ». Après l’expiration d’un énième délai fixé par le gouvernement, le groupe autoroutier et aéroportuaire Atlantia, contrôlé par la famille Benetton, avait indiqué la semaine dernière que les conditions n’étaient pas réunies pour qu’il puisse rejoindre les chemins de fer italiens Ferrovie dello Stato (FS), chargé de boucler le tour de table, et la compagnie aérienne américaine Delta Air Lines au sein d’un consortium qui reprendrait Alitalia.

Les syndicats ont déjà annoncé une grève pour le 13 décembre, demandant une solution de long terme – et évoquant même une possible nationalisation, qui n’est pas exclue par le gouvernement.

En attendant, la compagnie de l’alliance SkyTeam prévoit de lancer en mars prochain une nouvelle liaison quotidienne entre sa base à Milan-Linate et l’aéroport de Hambourg : à partir du 29 mars 2020 selon Airlineroute, un Airbus A319 de 144 sièges décollera tous les jours à 11h40 (arrivée à 13h30), et repartira d’Allemagne à 14h35 (arrivée à 16h25). Alitalia sera en concurrence sur cette route avec Eurowings, qui dessert Malpensa.

Et au Brésil, elle partage désormais ses codes avec la low cost Azul Linhas Aéreas Brasileiras, sur un total de 19 routes selon la même source : depuis Rio de Janeiro-Galeao vers Recife et São Paulo-Campinas, et depuis Sao Paulo-Guarulhos vers Belém, Belo Horizonte, Brasília, Cuiabá, Curitiba, Florianópolis, Fortaleza, Foz do Iguaçu, Goiânia, Ilhéus Navegantes, Porto Alegre, Porto Seguro, Recife, Rio de Janeiro-Santos Dumont, Salvador de Bahia et Vitoria. Alitalia partage déjà ses codes dans le pays avec la low cost GOL, mais celle-ci se rapproche d’American Airlines et donc de l’alliance Oneworld suite à l’annonce par Delta Air Lines de l’acquisition de 20% du capital du LATAM Airlines Group.

 

Qui est IndiGo, la compagnie low-cost indienne qui s’ouvre aux agences de voyages ?

Tour Hebdo, 02/12/2019

La compagnie aérienne à bas coûts indienne annonce à la fois son entrée au sein de IATA et l’ouverture de ses ventes aux agences françaises. Gros plan sur ses ambitions.

Alors que Jet Airways a fait faillite en avril dernier et que le gouvernement indien cherche à se débarrasser d’Air India, la low-cost indienne IndiGo affiche son dynamisme. Elle vient d’abord d’annoncer son adhésion à IATA, l’Association internationale du transport aérien. IndiGo est ainsi la 4e compagnie indienne à rejoindre l’association, aux côtés d’Air India, SpiceJet et Vistara. Une nouvelle étape clé pour la low-cost, qui va pouvoir plus facilement étendre ses opérations en dehors de l’Inde. D’ailleurs, au début du mois, la compagnie a annoncé la signature d’un accord de partage de codes avec Qatar Airways.

Autre développement : les agences de voyages françaises peuvent désormais réserver et émettre les billets d’IndiGo. La low-cost est toutefois uniquement accessible via le GDS Travelport-Galileo. Si les agences n’utilisent pas ce GDS, il est possible d’accéder aux disponibilités et aux tarifs via le site B2B de la compagnie, en créant un compte auprès d’Aviareps, qui peut également se charger d’émettre les billets.

1 400 vols par jour vers 83 destinations

Mais qui est IndiGo ? Fondée en 2006, cette compagnie aérienne privée est majoritairement détenue par le conglomérat indien InterGlobe Enterprises. Le groupe est aussi présent dans l’hôtellerie, à travers un partenariat avec le groupe Accor pour le développement d’un réseau d’hôtels Ibis en Inde, au Bangladesh, au Sri Lanka et au Népal. Un ensemble de 17 hôtels Ibis est aujourd’hui formé dans la région. Le conglomérat est également le distributeur officiel du GDS Travelport dans 6 marchés de la zone Asie-Pacifique, dont l’Inde et le Sri Lanka.

La compagnie aérienne a, quant à elle, débuté ses opérations en août 2006 et ne cesse de se développer depuis. La low-cost compte aujourd’hui une flotte de 247 appareils qui assurent plus de 1 400 vols quotidiens à destination de 83 destinations, dont 60 en Inde. IndiGo revendique plus de 50 millions de passagers sur son exercice 2017-2018 et une part de marché de 49% sur les vols domestiques en Inde.

Et la croissance se poursuit ! En octobre dernier, la compagnie a signé une commande de 300 Airbus, des A320neo, A321neo et A321XLR, pour un montant de 33 milliards de dollars au prix catalogue. IndiGo s’impose ainsi comme le premier client d’Airbus pour les A320neo ! De quoi nourrir ses prochains développements et lancer de nouvelles routes, en particulier vers l’Europe, avec notamment une nouvelle ligne entre Mumbai et Londres.

 

Transavia France dévoile 14 destinations au départ de Montpellier à partir d’avril 2020

Tourmag, 02/12/2019

Transavia France a dévoilé ses 14 premières destinations dont 13 en exclusivité au départ de Montpellier.

A partir du 3 avril 2020, elle sera la seule compagnie low-cost à posséder une base à Montpellier, avec deux avions positionnés. Voici les destinations qui seront desservies :

– Portugal

Lisbonne : 3 vols par semaine, 1er vol le 5 avril 2020

Faro : 2 vols par semaine, 1er vol le 3 avril 2020

– Espagne :

Madrid : 3 vols par semaine à partir de 34€, 1er vol le 5 avril 2020

Séville : 2 vols par semaine à partir de 39€, 1er vol le 5 avril 2020

Palma : 2 vols par semaine à partir de 29€, 1er vol le 5 avril 2020

– Grèce :

Athènes : 2 vols par semaine, 1er vol le 4 avril 2020

Héraklion : 2 vols par semaine, 1er vol le 3 avril 2020

– Italie

Rome : 2 vols par semaine, 1er vol le 5 avril 2020

Palerme : 2 vols par semaine, 1er vol le 3 avril 2020

– Maroc

Marrakech : 2 vols par semaine, 1er vol le 3 avril 2020

Agadir : 2 vols par semaine, 1er vol le 20 juin 2020

Oujda : 2 vols par semaine, 1er vol le 27 juin 2020

– Tunisie

Tunis : 3 vols par semaine, 1er vol le 5 avril 2020

Djerba : 2 vols par semaine, 1er vol le 13 juin 2020

 

Air France : Virgin Atlantic, China Airlines et bio à San Francisco

Air Journal, 03/12/2019

Le patron de la compagnie aérienne Virgin Atlantic a confirmé qu’il ne vendra pas ses parts à Air France-KLM, un accord ayant été trouvé sans remise en question de leur coentreprise transatlantique avec Delta Air Lines. Air France a étendu son accord de partage de codes avec China Airlines, et relancera l’utilisation de biocarburant à partir de juin prochain, initialement entre San Francisco et Paris.

Richard Branson, ex-CEO et principal actionnaire de Virgin Atlantic, a confirmé le 2 décembre 2019 ce que La Tribune annonçait la veille : il ne vendra pas 31% du capital de la compagnie basée à l’aéroport de Londres-Heathrow au groupe franco-néerlandais, comme le prévoyait un accord de juillet 2017 pour un montant de 220 millions de livres (258 millions d’euros). Il conservera donc 51% du capital, expliquant dans une« lettre aux employés » avoir trouvé un accord (« sujet à contrat ») avec ses partenaires Air France-KLM et Delta Air Lines dans la coentreprise transatlantique qui vient de recevoir le feu vert des autorités américaines, impliquant que « notre famille conservera les 51% du capital de Virgin Atlantic que nous détenons. Nous continuerons à travailler en extrêmement étroite collaboration avec nos partenaires qui investissent ensemble dans une compagnie aérienne et une compagnie de vacances en plein essor. Cela profitera à vous tous, les gens merveilleux de Virgin Atlantic et de Virgin Holidays, et contribuera à un partenariat gagnant. La joint-venture élargie avec Delta et Air France-KLM reste un élément essentiel de notre succès futur et à long terme ». Pas de commentaire du côté d’Air France-KLM, la conclusion de l’accord final étant attendue dans quelques semaines.

Le milliardaire britannique est à cette occasion revenu sur ce qui avait précédé le changement de décision : la lutte en 2008 contre la fusion entre British Airways et American Airlines, puis l’alliance « forte » en 2014 avec Delta (prise de 49% du capital), et devant la puissance de BA en Europe le besoin de nouveaux partenaires pour alimenter le réseau Virgin Atlantic – et donc l’accord en 2017 avec Air France-KLM. Mais il rappelle aussi une « année 2019 fantastique », avec l’entrée dans la flotte des Airbus A350-1000 et la commande d’A330neo lors du Salon du Bourget en juin, l’ouverture de nouvelles liaisons vers Tel Aviv et Mumbai (et l’annonce pour 2020 de vols vers Sao Paulo, sa première destination en Amérique du Sud) ou le lancement de Virgin Connect (ex-Flybe).

Air France a de son côté étendu l’accorde partage de codes avec la compagnie taïwanaise China Airlines, signé en janvier 2018 après l’annonce du lancement d’un Paris-CDG – Taipei-Taoyuan (après 22 ans d’absence du transporteur français à Taïwan), puis étendu à des vols entre Taïwan et l’Australie et entre Paris et Amsterdam (avant une suspension en février dernier du partage sur la ligne entre les deux capitales). Selon Airlineroute, Air France peut désormais vendre sous code AF les vols de sa partenaire dans l’alliance SkyTeam entre Taipei et Fukuoka ou Okinawa au Japon, tandis que les passagers de China Airlines peuvent voler sous code CI entre Amsterdam et Marseille. Rappelons que le Roissy – Taipei d’Air France est opéré cet hiver trois fois par semaine en Boeing 787-9 Dreamliner, face à la concurrence d’EVA Air.

La compagnie française a d’autre part annoncé hier vouloir à partir du 1er juin 2020 prochain alimenter avec du carburant durable d’aviation (SAF) ses vols entre San Francisco et Paris-CDG, ce qui pourrait « permettre d’éviter l’émission » d’environ 6000 tonnes de CO2 en 16 mois. Air France et Shell ont signé un protocole d’accord prévoyant l’utilisation d’un mélange de carburant conventionnel et du SAF produit par World Energy (comme United Airlines en juin dernier) ; cette collaboration « illustre ce dont l’industrie a besoin : une offre de carburant durable d’aviation suffisamment mature pour être intégrée dans les opérations quotidiennes des compagnies aériennes », souligne Air France dans un communiqué. Ce carburant alternatif est notamment produit à partir de résidus d’huiles et de graisses non comestibles ; « il a obtenu la certification RSB et respecte des critères stricts en matière de durabilité ». La distribution pourra s’effectuer via le système centralisé de l’aéroport californien, qui sera desservi l’été prochain en Boeing 777-300ER ou 777-200ER jusqu’à trois fois par jour.

Air France rappelle qu’elle « soutient depuis longtemps le développement d’une filière viable de production de carburant durable d’aviation » : elle en a testé l’utilisation sur ses vols commerciaux dès 2014 et « réalise d’importants investissements en matière d’innovation aux côtés de chercheurs ». Elle vise une réduction de 50% de ses émissions de CO2 au passager/km d’ici à 2030, grâce notamment à d’importants investissements dans des appareils plus économes en carburant.

Selon Anne Rigail, Directrice Générale d’Air France, les carburants durables d’aviation « sont au cœur de notre démarche de durabilité. Ils constituent une réponse immédiate et concrète aux enjeux environnementaux et nous devons encourager leur production. Cette initiative que nous lançons en Californie est la preuve que quand les États mettent en place des mesures incitatives, la production augmente et les compagnies aériennes ont les moyens d’agir. C’est un exemple à dupliquer à travers le monde et notamment chez nous, en France ». Anna Mascolo, Vice-Présidente de Shell Aviation, a ajouté : « Au même titre que les nouvelles technologies et les compensations, les carburants durables d’aviation ont un rôle important à jouer en matière de réduction des émissions du transport aérien. En prenant des actions urgentes et en collaborant à l’échelle de l’industrie, il est possible de voler tout en émettant moins. Nous ne sommes cependant qu’au début du process. D’importantes opportunités se présentent pour augmenter l’offre en carburant durable d’aviation et dupliquer des réussites comme celle-ci à travers le monde ». Les engagements comme celui d’Air France « ne peuvent qu’accélérer le processus en donnant aux producteurs les garanties nécessaires pour investir dans la construction de capacités de raffinage, et en nous permettant de construire les infrastructures d’approvisionnement requises ».

World Energy se présente comme l’un des fournisseurs de biocarburants avancés « les plus importants et les plus établis d’Amérique du Nord ». Fondée en 1998, l’entreprise exploite plusieurs sites de production de biodiesel à Houston (Texas), Natchez (Mississippi), Rome (Géorgie), Harrisburg (Pennsylvanie) et Hamilton (Ontario). A Paramount en Californie, l’entreprise exploite une raffinerie de diesel renouvelable ainsi que le premier et le seul site de production de carburant durable d’aviation des Etats-Unis.

 

Air Canada augmente fortement ses capacités au départ des Antilles

Le Quotidien du tourisme, 02/12/2019

Air Canada enregistre pour cet hiver une forte croissance sur ses lignes au départ de Fort-de-France (+12%) et de Pointe-à-Pitre (+62%), deux des huit escales françaises desservies par la compagnie à ce jour.

Air Canada qui fêtera prochainement son 45ème anniversaire de présence aux Antilles Françaises y accroît ses capacités de près de 37%. En effet, les réservations se portent bien cet hiver avec, en cumulé, près de 10 000 passagers supplémentaires attendus pour la période janvier-mars 2020 sur les lignes au départ de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et Fort-de-France (Martinique) vers Montréal. La croissance la plus importante vient de la Guadeloupe qui enregistre, pour le moment, +62% de réservations pour 2020 vs 2019 sur la période.

Les Antilles Françaises étant une destination prisée par les Canadiens en hiver, 65% des passagers sont originaires du Canada tandis que 35% sont Antillais.

L’année 2020 s’annonce comme une année majeure pour la compagnie Air Canada depuis son arrivée en France en 1951 avec le lancement d’une nouvelle ligne annuelle vers Montréal au départ de Toulouse, et le renforcement de ses liaisons au départ de Lyon, Marseille, Nice et Bordeaux.

 

Air India au bord de la faillite ?

L’écho touristique, 02/12/2019

L’endettement abyssal de la compagnie nationale indienne oblige le gouvernement à favoriser sa privatisation pour éviter la faillite.

Selon Bloomberg, Air India est en très grande difficulté financière et va tenter l’opération de la dernière chance. « La compagnie aérienne devra fermer si elle n’est pas privatisée », a déclaré Hardeep Singh Puri, le ministre de l’Aviation civile, au Parlement indien. La réussite de la vente d’Air India est cruciale pour le Premier ministre Narendra Modi, elle doit contribuer à combler le déficit budgétaire grandissant, exacerbé par des recettes fiscales insuffisantes et une réduction de 20 milliards de dollars de l’impôt sur les sociétés. La compagnie nationale indienne a débuté sous le nom de Tata Airlines en 1932 et est ensuite devenue une entreprise publique. Elle n’a pas gagné d’argent depuis sa fusion en 2007 avec l’opérateur national indien Indian Airlines Ltd, et voit ses comptes grever d’une dette avoisinant les 11 milliards de dollars. La compagnie transporte plus de 20 millions de passagers par an.

 

Lufthansa : low cost, Qatar Airways et toujours les PNC

Air Journal, 02/12/2019

La compagnie aérienne Lufthansa pourrait remplacer Eurowings par une nouvelle low cost long-courrier dès l’année prochaine, n’a pas répondu aux avances de Qatar Airways – et se débat de nouveau avec le syndicat UFO représentant des hôtesses de l’air et stewards.

Lancée en 2014, la marque Eurowings pourrait disparaître sur le long-courrier dès l’année prochaine, au profit d’une nouvelle marque basée plus ou moins sur le modèle d’Edelweiss, filiale basée à Zurich d’un autre membre du Groupe Lufthansa (Swiss International Air Lines). Selon Aviation24.be, la base pour la majorité de ces vols transcontinentaux serait non plus l’aéroport de Düsseldorf mais ceux de Munich et Francfort, le projet étant nommé « Purple Moon » – et parfois surnommé « Edelwings ». Eurowings aurait accumulé des pertes de 20 millions d’euros par an sur le long-courrier, contrairement à son secteur moyen-courrier qui est lui rentable, même si le prix moyen du billet sur ses lignes serait en hausse.

Eurowings opère actuellement vers moins de quinze destinations long-courriers, dans les Caraïbes, en Afrique, aux Etats-Unis, vers l’île Maurice et Bangkok. Elle dispose d’une flotte de sept Airbus A330-200, dont quatre opérés par Sun Express Deutschland (la coentreprise entre Lufthansa et Turkish Airlines), et de quatre A330-300 de Brussels Airlines.

Lufthansa de son côté n’a pas réagi à l’annonce de Qatar Airways à l’agence DPA sur une éventuelle prise de participation : selon le CEO Akbar Al Baker, « si l’opportunité se présente d’investir dans Lufthansa, nous aimerions le faire », une autre option étant l’établissement d’un partage de codes ou d’un « partenariat commercial », l’Allemagne étant « un pays important à la fois sur le plan des services aériens et du tourisme ». Le CEO serait en outre « heureux » si Lufthansa investissait dans la compagnie qatarie même si elle ne dessert pas Doha « probablement en raison du blocus » du Qatar par ses voisins. Une déclaration faite lors de la visite à Doha de Stefan Weil, leader de Basse-Saxe où Hanovre est une destination envisagée selon la FAZ, mais suivie par aucune déclaration officielle de part et d’autre. Qatar Airways détient déjà 20% du capital du groupe IAG (British Airways, Iberia, Aer Lingus, Vueling et Level), et possède 49% de la maison-mère d’Air Italy.

On retiendra aussi qu’après une détente annoncée, les relations entre Lufthansa et le syndicat de PNC UFO se sont de nouveau détériorées. Le syndicat s’est retiré jeudi dernier après deux jours de négociations sur un possible arbitrage, le chef adjoint du syndicat Daniel Flohr expliquant qu’un accord était possible sur presque tout « sauf 0,01% des problèmes » – une « sécurité juridique contraignante » sur les actions précédentes de Lufthansa à son encontre et celle de la dirigeante d’UFO Sylvia De La Cruz et de son prédécesseur Nicholas Baublies. Les revendications d’UFO portent sur les conditions de travail et les salaires des hôtesses et stewards ; elles avaient conduit à deux grèves en octobre et il y a trois semaines, entrainant l’annulation de milliers de vols.

Lufthansa a expliqué dans un communiqué avoir offert au syndicat UFO la possibilité d’entamer un « processus d’arbitrage complet dans ses filiales Eurowings, Germanwings et CityLine, même sans obligation de paix contraignante, afin de rendre possible un processus d’arbitrage majeur ». La renonciation à l’assurance d’une obligation de paix serait liée à un processus de modération chez Germanwings, « dans lequel toutes les questions de tarif ouvert pourraient être discutées. Lufthansa est ouverte et prête à débattre de la question de savoir si un processus de modération chez Germanwings peut avoir lieu avec ou sans obligation de paix contraignante », une « concession » faite à UFO « dans le cadre de discussions constructives au cours des derniers jours ». Lufthansa » continue de faire tout son possible pour convenir d’un arbitrage « majeur » avec Ufo pour la marque principale afin de résoudre les problèmes urgents du personnel de cabine » : si cette forme d’arbitrage ne se concrétise pas, l’arbitrage collectif sera poursuivi sous la direction des deux arbitres Matthias Platzeck et Frank-Jürgen Weise.

 

Air Corsica reçoit ses premiers A320neo

Air&Cosmos, 02/12/2019

Fin 2019, la compagnie régionale opèrera une flotte Airbus constituée de quatre Airbus A320ceo et de deux nouveaux Airbus A320neo.

Le vendredi 29 novembre, la compagnie Air Corsica a pris livraison de son premier A320neo. Elle recevra un deuxième exemplaire dans le courant dans le courant de la première semaine de décembre 2019. Ils remplaceront deux Airbus A320ceo (180 sièges), livrés en 2013 et négociés pour être restitués fin 2019 à leurs propriétaires. Les A320neo seront, pour leur part, configurés en 186 sièges. Ils seront exploités sous contrat de location de douze ans auprès de ICBC Leasing, filiale de la banque chinoise du même nom. Fin 2019, la flotte Airbus sera donc constituée de quatre Airbus A320ceo et de deux nouveaux Airbus A320neo.

L’utilisation des A320neo (équipés de moteurs LEAP fabriqués par CFM International) permettront à Air Corsica de réduire sa consommation de carburant de 20% environ. La composition de la nouvelle flotte Airbus de la compagnie régionale permet ainsi de baisser sa consommation totale annuelle de carburant de 2 millions de litres, soit une diminution de la consommation totale annuelle de la compagnie de l’ordre de 4%.

Au-delà du gain de nombre de sièges, le nouvel agencement va permettre d’augmenter le pitch (espace entre les rangées) de trois centimètres, avec des sièges de classe économique ergonomiques dernière génération de l’équipementier italien Geven. Des prises USB pour charger les tablettes et téléphones sont intégrées sous les sièges, au nombre de quatre par demi-rangée.

 

Grève du 5 décembre : 80% des vols assurés à Paris ?

Air Journal, 02/12/2019

Le patron du groupe Aéroport de Paris (ADP) estime que 80% des vols seront assurés lors de la grève contre la réforme des retraites qui débute jeudi prochain, n’anticipant pas de mouvements « importants » dans les compagnies aériennes ou les aéroports. Orly retrouve ce matin l’usage de sa piste 3, fermée pour travaux depuis quatre mois.

Interrogé le 29 novembre 2019 sur Radio Classique, le PDG du groupe ADP Augustin de Romanet a déclaré que « ni au sein des compagnies aériennes ni au sein des aéroports, des mouvements de grève importants ne sont à anticiper ». Il estime ainsi  que 80% des vols devraient être assurés le 5 décembre dans les aéroports parisiens, tout en prévenant que des arrêts de travail dans le contrôle aérien pourraient entraîner « des abattements de trafic » de jeudi à dimanche. Le dirigeant recommande donc la prudence aux passagers : anticiper l’absence de transport public pour le voyage vers l’aéroport, et s’assurer du maintien du vol auprès de la compagnie utilisée.

Un seul syndicat de contrôleurs aériens, l’USAC-CGT, a déposé un préavis de grève pour les 5, 6 et 7 décembre ; le SNCTA majoritaire n’a à ce jour pas rejoint l’appel à la grève. Rappelons que les aiguilleurs du ciel doivent se déclarer en grève 48 heures avant le début du conflit, et en outre respecter un service minimum.

Rappelons que chez Air France en particulier, trois syndicats du sol restent à ce jour les seuls à avoir déposé un préavis de grève pour le 5 décembre 2019 ; ils ont aussi cosigné vendredi avec huit autres organisations, représentant entre autres les navigants, un appel à manifester partout en France pour « défendre le régime de retraite » et refuser de « travailler plus pour gagner moins », face à un gouvernement accusé de vouloir imposer « une dégradation majeure du système de calcul des retraites ».

On retiendra par ailleurs pour les aéroports parisiens la réouverture ce matin de la piste 3 à Paris-Orly, fermée depuis le 28 juillet pour travaux.