Revue de presse SNPL du 7 janvier 2019

Revue de presse élaborée par

 

  • Trois suicides chez Air France à Marseille
  • Aéroport de Lisbonne : Vinci va investir 1,15 milliard d’euros
  • XL Airways : les PNC en grève ce weekend ?
  • Brexit : Ryanair tient sa licence britannique
  • Emirates : plus de 59 millions de passagers en 2018
  • L’aéroport de Nice mise tout sur l’international
  • Un bon rapport prix de parking-ponctualité des vols à l’aéroport de Beauvais
  • Ryanair à nouveau élue pire compagnie aérienne du Royaume-Uni
  • Shutdown : des centaines de contrôleurs de la TSA se font porter pâle

 

Trois suicides chez Air France à Marseille

L’Humanité – 07/01/2019

Trois employés de la compagnie aérienne à l’aéroport de Marignane se sont donné la mort ces dernières semaines. La CGT, FO et la CFE-CGC appellent à une journée de grève aujourd’hui.

Le lien avec leurs conditions de travail n’est pas avéré, mais la récurrence a de quoi interroger la compagnie aérienne. Entre mi-novembre et fin décembre 2018, trois salariés d’Air France à l’aéroport de Marseille Provence, à Marignane (Bouches-du-Rhône) – un mécanicien avion et deux agents de piste – se sont donné la mort à leur domicile, a-t-on appris par la CGT jeudi. La direction du groupe a estimé que ces suicides « correspondent à des situations personnelles différentes », se disant « aux côtés des familles, des proches et des collègues de ces salariés pour les soutenir », notamment via la mise en place d’un « dispositif d’accompagnement psychologique afin de soutenir les personnels qui le souhaitent ».

Si Didier Pacione, délégué SNMSAC-Unsa à Marseille, ne voit pas un lien direct entre ces suicides et les conditions de travail, celui-ci affirme en revanche que le mécanicien avion décédé, qu’il connaissait personnellement, aurait confié à son épouse subir « du stress au travail » quelque temps avant de se donner la mort. « Il était en train de suivre un stage pour pouvoir intervenir sur les avions de Hop (filiale d’Air France – NDLR), dont nous avons récupéré le marché récemment. Il devait valider ce stage avec un examen qui aurait pu être facteur de stress », explique-t-il, soulignant néanmoins que celui-ci était par ailleurs traité pour dépression pour des problèmes d’ordre personnel. Mais pour la CGT, qui appelle aujourd’hui, avec FO et la CFE-CGC, à la grève sur la plateforme marseillaise, la détérioration des conditions de travail provoquerait aussi un mal-être croissant chez les employés de la compagnie. Au niveau national, le syndicat a sollicité une entrevue avec le directeur général d’Air France-KLM, Ben Smith, rappelant le précédent suicide, en mars 2018, d’une salariée de la compagnie à Nice, qui pointait dans un courrier des pressions subies dans le cadre professionnel. Pour tenter de faire la lumière sur le lien potentiel entre ces trois derniers décès à Marseille et le management de l’entreprise, une réunion extraordinaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) se tiendra mercredi.

« Les choses se sont aggravées depuis l’arrivée localement d’une nouvelle équipe dirigeante en 2016, qui nous a annoncé d’entrée de jeu vouloir supprimer 180 postes équivalents temps plein », affirme Aimé Musto, secrétaire général adjoint de la CGT Air France et délégué syndical CGT sur l’escale de Marseille. « Ils ont commencé par casser les solidarités, individualiser les postes et changer nos grilles horaires », explique le syndicaliste, qui estime que la direction locale a appliqué « avec zèle » l’accord d’entreprise de 2013 portant sur le temps de travail, signé par la CFDT, la CFE-CGC et FO. Ce texte permet à la direction de modifier les plannings des personnels au sol avec seulement sept jours de prévenance, et à tout moment avec l’accord du salarié. « Il arrive que la direction change les horaires d’un parent isolé pour le faire travailler un jour où il est censé avoir la garde de ses enfants. Nombre de salariés se sont exprimés contre ces pratiques à l’inspection et à la médecine du travail », rapporte Aimé Musto.

51% des salariés se sont dit inquiets pour la stabilité de leur emploi

À tel point que la CGT aurait tenté de déclencher un droit d’alerte pour danger grave et imminent dans le cadre du CHSCT, qui aurait échoué faute de majorité. Une étude de mesure de la satisfaction au travail menée par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) et sa déclinaison régionale, l’Aract, en juin 2017, montraient par ailleurs que le mécontentement au sein de la compagnie est réel, notamment chez les salariés du pôle client, et encore plus chez ceux du pôle avion, auquel appartenaient les trois agents décédés récemment. Dans ce dernier secteur, le taux de satisfaction des répondants concernant la reconnaissance de la qualité du travail et la prise en compte des problèmes personnels n’était que de 20 %. Toutes catégories confondues, ils étaient 49 % à estimer que les conditions de travail étaient insatisfaisantes, jugeant à 54 % que la conciliation entre travail et vie personnelle était problématique. Ils étaient également une majorité (51 %) à se dire inquiets pour la stabilité de leur emploi.

Pour ne pas apparaître comme évacuant totalement le débat sur les conditions de travail, la direction d’Air France a annoncé la mise en place d’ateliers pour réfléchir à l’organisation du travail avec « tous les salariés volontaires de l’escale ».

 

Aéroport de Lisbonne : Vinci va investir 1,15 milliard d’euros

Le Figaro – 05/01/2019

Le groupe de bâtiment et de concessions français Vinci s’est engagé auprès du gouvernement portugais à investir 1,15 milliard d’euros dans l’agrandissement de l’actuel aéroport de Lisbonne et la construction d’un aéroport secondaire desservant la région, rapportait samedi l’hebdomadaire Expresso.

Selon Expresso, l’investissement requis sera pris en charge par Vinci, en échange d’une révision du contrat de concession lui permettant d’augmenter les taxes aéroportuaires. Le groupe français a pris le contrôle du gestionnaire des dix aéroports du pays, ANA, en 2012 pour 3 milliards d’euros. Vinci investira 650 millions d’euros dans l’agrandissement de l’actuel aéroport de Lisbonne et 500 millions d’euros dans la construction de l’aéroport secondaire, précise l’hebdomadaire.

Le gouvernement portugais et ANA avaient annoncé jeudi qu’ils signeront mardi prochain « un accord pour le financement de l’augmentation de la capacité aéroportuaire de la région de Lisbonne ». « Au terme d’une négociation très difficile, longue et intense, nous sommes parvenus à un accord qui ouvre la voie à la réalisation de cet investissement », a déclaré le ministre aux Infrastructures Pedro Marques, cité par l’hebdomadaire. Le nouvel aéroport doit voir le jour à l’horizon 2022 sur la base militaire aérienne de Montijo, située sur la rive sud de l’estuaire du Tage.

 

XL Airways : les PNC en grève ce weekend ?

Air Journal – 07/01/2019

Le syndicat UNAC, représentant 22% des voix chez les hôtesses et les stewards de XL Airways France, a déposé un préavis de grève les 12 et 13 janvier, demandant un rattrapage du gel des salaires depuis 2007 via une « augmentation de 14,5% sur plusieurs années ».

Déposé depuis plusieurs semaines, le préavis de grève des PNC pendant le deuxième weekend de 2019 porte d’abord sur des revendications salariales. La perte de pouvoir d’achat des membres du syndicat atteindrait 10% selon l’UNAC, qui veut aussi dénoncer la situation des salariés en CDD : « le salaire d’un PNC débutant est de 1338 euros net, sachant qu’il reste en CDD pendant 10 ans avant d’être titularisé à l’échelon A1, comme s’il n’avait pas d’ancienneté dans l’entreprise et cela va l’impacter dans sa progression jusqu’à sa retraite », expliquait à l’automne le délégué syndical Eric Ghodbane dans actu-aero.fr.

Autre sujet de mécontentement pour le syndicat, le « retour au bi-classe » annoncé par XL Airways avec l’installation d’une classe Premium suite à l’abandon de la classe Galaxy en juin 2017. Cela entrainera « de facto la suppression de notre cabine repos. Nous ne pouvons imaginer et encore moins accepter le retour à la position antérieure avec l’obligation de nous reposer au milieu des clients en fonction du remplissage », dénonce l’UNAC.

La direction de XL Airways France n’a pas encore communiqué sur l’impact du mouvement samedi et dimanche prochain, ni sur la tenue de négociations cette semaine.

XL Airways France transporte chaque année près d’un million de passagers vers les Antilles, les Caraïbes, l’océan Indien, les Etats-Unis et le bassin méditerranéen. Basée à Roissy, elle assure également des vols vers la Réunion au départ de Marseille, Lyon et Toulouse ainsi que des vols vers les Antilles au départ de Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon, Nantes, Lille et Brest.

 

Brexit : Ryanair tient sa licence britannique

Air Journal – 04/01/2019

La compagnie aérienne low cost Ryanair a obtenu un certificat d’opérateur aérien (AOC) et enregistré un premier avion au Royaume Uni, ce qui lui permettra de continuer à opérer des liaisons intérieures et hors de l’Union européenne en cas d’absence d’accord sur le Brexit à la fin mars.

La spécialiste irlandaise du vol pas cher s’est félicitée le 3 janvier 2019 de l’obtention de l’AOC britannique auprès de la CAA (Civil Aviation Authority), qui lui permettra de continuer à opérer « si nécessaire » après la fin mars, en cas de « no deal ». Un premier Boeing 737-800 (EI-FEF) a déjà été réimmatriculé G-RUKA au nom de Ryanair UK. La low cost continue cependant d’appeler le Royaume-Uni et l’Union européenne à signer un accord de transition : selon le directeur des affaires légales de Ryanair Juliusz Komorek, le risque d’un Brexit sans accord en mars « est en hausse et malgré nos solides structures post-Brexit y compris notre plan sur l’actionnariat européen », et seul un accord permettra « d’éviter toute perturbation des vols et des vacances d’été des consommateurs britanniques en 2019 ».

Le mois dernier, la Commission européenne avait rappelé que pour maintenir « la validité d’une licence d’exploitation et la liberté de fournir des services aériens intra-UE, toutes les conditions de la licence d’exploitation doivent être respectées, notamment le fait d’être détenu et contrôlé majoritairement par l’UE ». Mais elle avait aussi présenté un plan de mesures afin de prévenir le scénario noir d’une absence de trafic entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Pendant les douze premiers mois après le Brexit, les avions pourront continuer à décoller et à atterrir de l’Union européenne vers le Royaume-Uni et inversement. En revanche, un avion britannique ne pourra plus se poser pour une escale sur un aéroport européen avant de repartir vers sa destination finale. Car, souligne la Commission, « les mesures assureront uniquement la connectivité de base et ne reproduiront en aucun cas les avantages significatifs conférés par l’adhésion au ciel unique européen ».

Les autres grandes low cost européennes comme easyJet et Wizz Air ont également pris des mesures pour se préparer au scénario du Brexit dur, la Britannique ouvrant une filiale en Autriche (easyJet Europe) ainsi qu’une autre au Royaume Uni (afin de permettre à la maison-mère d’être détenue par des Européens), et la Hongroise une filiale au Royaume Uni.

 

Emirates : plus de 59 millions de passagers en 2018

Air Journal – 05/01/2019

La compagnie aérienne de Dubaï a assuré plus de 192 000 vols et sa flotte de 274 appareils a parcouru plus de 908 millions de km pour un  trafic estimé à plus de 59 millions de passagers en 2018.

Cela représente aussi plus de 3 700 vols par semaine. Emirates précise encore qu’elle a servi plus de 66 millions de repas sur ses vols au départ de Dubaï et qu’elle a transporté près de 36 millions de bagages depuis Dubaï vers son réseau mondial de 157 destinations. « Nos ambitions ont toujours été motivées par un engagement d’amélioration continue, que ce soit dans l’expérience client ou pour rendre nos opérations commerciales plus efficaces », a commenté Tim Clark, président d’Emirates. «Nous avions nos défis en 2018, mais nous avons continué à maximiser les opportunités en déployant notre capacité pour répondre au mieux à la demande des clients, en surveillant de près nos coûts, en utilisant la technologie pour améliorer les performances de la compagnie et en développant des produits et des services plus centrés sur le client afin d’offrir à nos passagers un plus grand choix. Nos clients restent au cœur de tout ce que nous faisons, et nos investissements continus constitueront la base sur laquelle nous pourrons bâtir notre croissance future et continuer à produire des résultats solides. »

2018 a commencé avec le lancement par Emirates d’un programme de 150 millions de dollars visant à remettre à neuf sa flotte de Boeing 777-200LR. Elle a également annoncé la planification de la conception de la prochaine génération de cabines de son programme Boeing 777X.

En 2018, plus de 12 millions de passagers se sont connectés au réseau Wi-Fi à bord d’Emirates, qui lancera prochainement la première «voie biométrique» au monde, offrant aux clients un trajet en douceur sur le hub de la compagnie à l’aéroport international de Dubaï. Car utilisant la dernière technologie biométrique – un mélange de reconnaissance du visage et de l’iris – les passagers d’Emirates pourront, dans les mois à venir, s’enregistrer pour leur vol, effectuer les formalités d’immigration, entrer dans le salon Emirates en différents points de contact de l’aéroport.

 Emirates a franchi deux jalons en 2018. D’abord, elle a fêté ses 10 ans d’exploitation de l’A380 en août. Ensuite, elle a réceptionné son dernier Boeing 777-300ER, son 146ème, en décembre.

 

L’aéroport de Nice mise tout sur l’international

Tour Mag – 04/01/2019

13.85 millions de voyageurs en 2018

Et de 8 ! l’aéroport Nice Côte d’Azur clôt sa huitième année de croissance record, qu’elle impute essentiellement au renforcement de son positionnement à l’international.

Encore une bonne année pour l’aéroport de Nice Côte d’Azur. Avec une croissance de 4,1% du trafic passager, l’aéroport frôle les 14 millions de voyageurs, et gagne cette année plus d’un demi-million de voyageurs avec un résultat à 13,85 millions en 2018.

Nice conforte ainsi sa place de deuxième plateforme aéroportuaire de France. Une croissance du nombre de passagers, mais pas du nombre de vols, puisque les compagnies réalisent des taux de remplissages pouvant atteindre jusqu’à 99%. L’augmentation des destinations directes en France et à l’international poussent la croissance du trafic passagers.

Ainsi, cet été Nice Côte d’Azur a desservi jusqu’à 117 destinations directes, dont 17 nouveautés. La croissance reste soutenue cet hiver, avec 12 nouveautés. Résultat : « la croissance du trafic passagers au cours des cinq mois de la saison Hiver (+7,8% versus 2017) aura été supérieure à celle de la saison Eté (2,6% versus 2017) » indique l’aéroport.

L’international pousse la croissance

Au-delà du nombre de desserte, l’attractivité de la destination est un booster indéniable pour le trafic passager. Ainsi, l’aéroport Nice Côte d’Azur accueille de plus en plus un public international.

 Si la croissance globale du trafic est monté de 4.1%, elle est largement portée par le nombre de passagers sur les vols internationaux, qui atteint les 4,8% (contre 2,8% pour les vols nationaux) avec plus de 9 millions de passagers. Les vols vers l’Europe (et notamment la Grande-Bretagne) sont en tête, mais le long courrier se développe et notamment au départ de la côte est américaine et des pays du Golfe, de plus en plus attirés par la région.

En droite ligne avec ces ambitions internationales, Nice Côte d’Azur compte par ailleurs ouvrir une ligne directe avec la Chine. Dans cette optique, il s’est doté cette année d’une hotline pour renforcer sa présence sur le réseau WeChat et d’un espace Accueil équipé de bornes interactives et une signalétique en mandarin. Cette stratégie tournée vers l’international a poussé l’aéroport à agrandir son Terminal 1 et lancer un projet d’extension du Terminal 2 avec l’ajout de 6 postes avions pour moyens et longs courriers, à horizon 2021.

« Notre conviction est que l’accroissement du trafic aérien et la saturation du ciel français justifient de repenser le modèle ultra-centralisé qui prédomine, comme c’est déjà le cas dans tous les grands pays européens. Cette orientation est non seulement pertinente d’un point de vue économique, mais aussi environnemental car elle va permettre de réduire les distances parcourues et les durées de rotation » analyse Dominique Thillaud, président du directoire d’Aéroports de la Côte d’Azur.

 

Un bon rapport prix de parking-ponctualité des vols à l’aéroport de Beauvais

Le Courrier Picard – 04/01/2019

Faut-il choisir forcément les aéroports les plus grands ou les plus chers pour s’assurer d’un début de vacances sans stress ? Pas nécessairement, répond Airhelp.

Selon une toute récente analyse du « leader mondial d’indemnisation aérienne », qui a comparé la ponctualité des vols et les coûts de parking des neuf premiers aéroports français, la plateforme « low cost » de Beauvais tirerait même plutôt bien son épingle du jeu pour diminuer les coûts de voyage. « Ses frais de parking sont trois fois moins chers qu’à Orly, pour une ponctualité comparable », commente Airhelp.

Si l’aéroport de Marseille-Provence affiche le prix le plus bas (à partir de 28 euros la semaine en prix plancher), Beauvais-Tillé -lui emboîte le pas (à partir de 31 euros). Et ce pour un taux de ponctualité de 73,5 %. Moins bien qu’à Orly (75,5 % et 109 euros). Mais mieux qu’à Roissy (68,5 % et 75 euros), distant seulement d’une heure de l’aéroport picard. En termes de ponctualité, les meilleurs aéroports sont ceux du grand ouest (Toulouse, Bordeaux et Nantes), avec 78 % de performance.

 

Ryanair à nouveau élue pire compagnie aérienne du Royaume-Uni

Air Journal – 06/01/2019

Pour la sixième année consécutive, Ryanair a terminé en bas de la liste issue de l’enquête annuelle de Which Travel sur les prestations proposées par les compagnies aériennes.

Les passagers ont attribué à la compagnie aérienne la note la plus basse possible pour l’embarquement, le confort des sièges, la nourriture et les boissons et l’environnement de la cabine. Et Ryanair a obtenu un score client de 40%, contre 63% pour easyJet. Fournisseur recommandé, Jet2 continue d’impressionner avec un score client de 75% et des notes élevées pour son service, ses sièges et l’embarquement. En bas de classement, on trouve des compagnies aériennes telles que Thomas Cook Airlines (52%) et Wizz Air (54%). Wizz Air était le seul autre transporteur à partager avec Ryanair une classification deux étoiles pour le service clientèle. Malgré cela, Ryanair reste la pire compagnie aérienne du Royaume-Uni.

Crise pilotes et grèves

Les 12 mois terribles de Ryanair ont commencé lorsqu’elle a annoncé à l’automne 2017 qu’elle n’avait pas assez de pilotes pour ses vols réguliers. Dans un fiasco sans précédent, 400 000 personnes ont été informées que leurs vols avaient été annulés. Plus de 40 vols par jour ont été supprimés. Dix-huit autres millions de personnes se sont demandées si leurs vols, souvent destinés à rendre visite à leur famille ou à leurs amis à Noël, seraient finalement affectés. L’affirmation initiale de Ryanair selon laquelle elle ferait fi de la réglementation de l’UE en matière de réacheminement affectant les passagers s’est aggravée. Si une compagnie aérienne ne peut pas ramener ses clients chez eux dans un délai raisonnable, elle est obligée de payer pour qu’ils voyagent avec un concurrent. Ryanair pensait pouvoir ignorer cette loi. « Nous ne paierons pas pour des vols sur d’autres compagnies aériennes », avait déclaré le patron Michael O’Leary.  L’autorité de l’aviation civile (CAA) l’avait alors menacé de mesures coercitives et elle avait été obligée de faire marche arrière.

 Des milliers d’autres passagers de Ryanair ont vu leurs vols annulés vers la fin de 2018 alors que les pilotes et le personnel de cabine ont déclenché des grèves. En vertu de la législation de l’UE, les vols annulés auraient dû apporter la consolation d’un paiement décent – de 250 à 400 € pour les vols court-courriers. Cependant, bien que la CAA ait déclaré à Ryanair que les annulations causées par ses propres employés étaient éligibles au dédommagement, la compagnie aérienne avait refusé de payer. À la fin de 2018, la CAA a également entamé des poursuites contre Ryanair.

Nouvelle politique bagage

Le bricolage avec les règles concernant les bagages a également rendu les passagers furieux, rappelle Which Travel. En janvier de l’année dernière, Ryanair a mis en place une politique selon laquelle les passagers qui souhaitaient avoir la garantie d’apporter une valise à roulettes ou un sac de la même taille dans la cabine devaient payer 5 £ pour l’embarquement prioritaire. En mai, ces frais ont atteint 6 £ sur la plupart des liaisons. En novembre, Ryanair a de nouveau modifié les règles en interdisant les valises à roulettes et tout ce qui est plus gros qu’un sac à main dans la cabine, sauf si vous avez acheté un embarquement prioritaire. Cela coûtait 6 £, mais n’était disponible que pour les 90 premiers passagers – tous les autres passagers étant contraints de payer 8 £ pour un sac de cabine plus grand, qui devait ensuite être placé dans la soute. Les passagers étaient confus.

Dans le passé, Ryanair s’était toujours vantée de son bon record de ponctualité, mais celle-ci a également empiré. Dans cette enquête, 32% des passagers de Ryanair ont confié avoir subi des retards l’année dernière. Les statistiques de la CAA montrent que la ponctualité de Ryanair est tombée à 68%, contre 76% l’an dernier. La réputation de la compagnie aérienne à bas coûts a tellement diminué, poursuit Which Travel, que des milliers de personnes interrogées ont dit qu’elles ne voyageraient plus avec Ryanair, même si elle était moins chère que ses rivales. Parmi ceux qui ont déclaré qu’il existait une compagnie aérienne avec laquelle ils ne voyageraient jamais, 70% ont nommé Ryanair.

Ryanair a nié avoir rencontré des problèmes importants à la suite des grèves de 2018, affirmant que 90% des horaires restaient opérationnels les jours de grève. Elle a également déclaré qu’elle fournit un « service client de premier plan dans l’industrie » et a affirmé que sa politique en matière de valises avait été « simplifiée » par les récents changements. Elle a aussi affirmé que la ponctualité réduite en 2018 était principalement due aux grèves du contrôle de la circulation aérienne.

 

Shutdown : des centaines de contrôleurs de la TSA se font porter pâle

Air Journal – 05/01/2019

Des centaines d’agents de l’Administration américaine de la sécurité des transports (TSA), tenus de travailler sans chèque de paie en raison du shutdown (la paralysie partielle  des administrations fédérales), ont appelé à se faire porter pâle cette semaine dans au moins quatre aéroports principaux des Etats-Unis.

Ces appels massifs à cette grève déguisée devraient engendrer des voyages aériens moins sécurisés, d’autant plus que ce shutdown entre dans sa deuxième semaine sans aucune issue claire vu l’impasse politique en vue. « Cela va certainement affecter le public aérien que nous avons juré de protéger », a déclaré Hydrick Thomas, président du syndicat national des employés de la TSA. Le porte-parole de la TSA, Michael Bilello, a déclaré quant à lui que l’agence « surveillait de près la situation » et que « les temps d’attente pour le filtrage restaient largement conformes aux normes de la TSA », bien que cela puisse changer si les appels à la grève se multiplient. Les aéroports affectés par cet appel à se faire porter pâle sont ceux de New York JF Kennedy, Dallas-Fort Worth au Texas, ou encore Charlotte-Douglas et Raleigh-Durham en Caroline du Nord. « Ce problème de sous-traitance devrait vraiment exploser au cours des deux prochaines semaines lorsque les employés rateront leur premier chèque de paie », a déclaré à CNN un responsable syndical de l’aéroport international de Dallas-Fort Worth.

Environ un quart du gouvernement, y compris la TSA et le département de la Sécurité intérieure, sont sans financement depuis le 22 décembre. Quelque 55 000 employés de la TSA, qui contrôlent environ 800 millions de passagers par an, sont considérés comme essentiels et figurent parmi les 420 000 fonctionnaires fédéraux censés continuer à travailler sans être payés faute d’accord sur le financement du fameux mur voulu par le président Donald Trump pour verrouiller l’accès des migrants à sa frontière mexicaine.