Revue de presse SNPL du 7 juin 2019

Revue de presse élaborée par

 

  • Vols domestiques chez Air France : Transavia ne remplacera pas Hop! Négociations en cours au sein du groupe Air France
  • Air France-KLM pourrait racheter une compagnie aérienne?
  • Wizz Air : résultats records en 2018
  • Aéroport de Toulouse-Blagnac : l’actionnaire chinois Casil réagit après une décision du tribunal de commerce
  • easyJet évincée de l’indice phare de la Bourse de Londres
  • Tunisair : les annulations de vols inquiètent (et irritent) les TO
  • Air Transat bientôt rachetée par un promoteur immobilier ?
  • La France appelle à une taxation du secteur aérien au niveau européen
  • Pourquoi les prix des billets d’avion vont bientôt augmenter

 

Vols domestiques chez Air France : Transavia ne remplacera pas Hop! Négociations en cours au sein du groupe Air France

Tour Mag – 06/06/2019
Alors que Transavia négocie actuellement sa croissance, le sujet de la reprise de certaines lignes de Hop! a été abordé. Dans le même temps, les pilotes de la compagnie domestique du groupe Air France s’inquiètent toujours plus de leurs avenirs.

Depuis quelques jours, des négociations sur l’expansion de Transavia France, bridée à l’exploitation de 40 appareils maximum, se sont ouvertes entre la direction d’Air France et son Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL).

La question de la reprise de certaines lignes court-courriers et domestiques, opérées par la filiale Hop y a été abordée.

D’après plusieurs sources présentes autour de la table des négociations, il semble néanmoins très peu probable que Transavia, dont les représentants syndicaux approuvent à 97% le déplafonnement de la limite actuelle de 40 avions, viennent empiéter sur les plates-bandes de Hop.

Pour autant, « le développement de Transavia représente une opportunité pour les emplois et les carrières d’Air France. Le SNPL s’engage dans cette négociation avec confiance afin de trouver les modalités d’un accord qui permette à Transavia de devenir un acteur low-cost majeur », a fait savoir le président du SNPL Air France, Guillaume Gestas.

Pour la direction d’Air France, « faire évoluer le périmètre de Transavia France permet à la fois de protéger les parts de marché d’Air France sur son réseau et de positionner Transavia France comme un acteur majeur sur le marché des compagnies low-cost ».

Chez Hop, l’inquiétude persiste

« Vouloir développer Transavia, c’est très bien, tant mieux pour eux et leurs pilotes. Mais ce développement va certainement jouer un rôle sur notre avenir. On observe Transavia et tout le groupe Air France qui se développe, et Hop qui s’affaisse toujours plus », prévient de son côté une source syndicale chez Hop.

Car, les temps sont durs pour Air France Hop, dont la flotte continue de baisser. Après l’annonce du retrait de ses ATR-500 dans les prochains mois, la compagnie domestique, issue de la fusion en 2016 de trois anciennes compagnies régionales françaises, n’exploitera plus que 51 appareils.

« On va très vite se retrouver en sureffectif », nous explique-t-on. Par ailleurs, la direction d’Air France a officialisé un plan de départ volontaires de son personnel au sol dans ses escales de province. Et à partir de septembre prochain, les vols Hop passeront aussi sous code Air France, et les avions seront repeints aux couleurs de la maison-mère.

Une réunion se tiendra ce vendredi 6 juin 2019 entre les directions d’Air France et de Hop, et les représentants SNPL des deux compagnies.

Alors que l’épineuse question de l’intégration des salariés Hop à Air France, déjà demandée officiellement par les pilotes, sera abordée, nul doute que l’avenir de la compagnie domestique devrait commencer à un peu mieux se dessiner.

 

Air France-KLM pourrait racheter une compagnie aérienne?

Business Travel – 06/06/2019
Lors du sommet de la IATA Benjamin Smith n’a pas écarté l’idée du rachat d’une compagnie aérienne en Europe de l’Ouest pour participer à la consolidation du marché européen.
« C’est une industrie très concurrentielle et nous n’avons pas le choix » a déclaré Benjamin Smith.

Ces dernières années Air France-KLM avait subi des difficultés financières tandis que ses concurrents avaient racheté de nombreuses entreprises en Europe. IAG a racheté Iberia, Aer Lingus et Vueling tandis que Lufthansa s’est emparée d’Austrian Airlines, Swiss, Brussels Airlines ainsi que des actifs d’Air Berlin.

Air France-KLM pourrait être intéressée par LOT Polish Airlines, Norwegian ou Scandinavian Airlines ou pourquoi pas la low-cost Wizz Air en pleine croissance en Europe de l’est…

En attendant Benjamin Smith s’est attaché surtout à restructurer Air France via l’abandon de la marque Joon, le recentrage d’Air France sur le marché haut de gamme et le développement de la low-cost Transavia sur le marché loisirs. Un accord est d’ailleurs en négociation avec les pilotes pour développer encore plus Transavia…

 

Wizz Air : résultats records en 2018

Business Travel – 06/06/2019
Wizz Air, la low-cost hongroise va bien, très bien même. Elle vient de publier d’excellents résultats 2018…
Wizz Air a vu ses revenus augmenter de 19,6% en 2018 pour atteindre 2,3 milliards d’euros. Ses bénéfices sont également en hausse de 6% à 291,6 millions d’euros. Et la tendance devrait se poursuivre lors que Wizz Air prévoit un bénéfice compris entre 320 et 350 millions d’euros cette année.

Wizz Air a réussi à afficher ces excellents résultats malgré une hausse des prix du kérosène et un marché européen très concurrentiel voire même saturé en termes d’offres selon Ryanair.
Wizz Air a l’une des bases de coûts les plus faibles en Europe de par son implantation en Hongrie. Elle affirme être le leader du marché pour l’Europe de l’est et centrale, son plus important concurrent étant Ryanair.

Les bons résultats de Wizz Air s’expliquent aussi par la plus forte croissance de ce marché par rapport à l’Europe Occidentale alors que le niveau de vie des populations s’est amélioré et qu’ils voyagent plus.

La compagnie a également étoffé son offre de produits et services ancillaires comme le passage rapide des contrôles, l’accès aux salons d’aéroport…Il est possible de souscrire à son offre Wizz Priority jusqu’à 40 minutes avant le départ. L’offre de produits ancillaires représente désormais 2/5ème des revenus de la low-cost. Ces services ont connu une hausse de 19% pour atteindre 953 millions d’euros de revenus.

Cette performance globale est d’autant plus à saluer que les compagnies aériennes ont dû faire face à une forte hausse des retards de vols l’an passé du fait de grève des contrôleurs aériens.

Pour nombreux de ses concurrents, la situation s’est avérée bien loin positive: Wow Air a fait faillite ainsi que Primera Air et Norwegian a annoncé qu’elle allait réduire ses coûts en 2019.

Ryanair a vu son profit avant impôts baisser de 41% pour son exercice fiscal qui s’est terminé en mars 2019 : il a atteint tout de même 948 millions d’euros.

Les dirigeants de compagnies aériennes qui se sont réunis pour le sommet de la IATA à Séoul se sont plaints d’une surcapacité du marché particulièrement en Europe de l’ouest.

En mai 2019 Wizz Air a ouvert une nouvelle base à Cracovie et vient d’annoncer une accélération de son développement à l’aéroport de Vienne.

Elle va y baser 6 avions supplémentaires et va lancer de nouvelles routes depuis Vienne vers Alicante, Bremen, Chisinau, Naples, Oslo et Porto.

 

Aéroport de Toulouse-Blagnac : l’actionnaire chinois Casil réagit après une décision du tribunal de commerce

La Dépêche – 05/06/2019
Lundi 3 juin, le tribunal de commerce de Toulouse a décidé d’ajourner l’assemblée générale annuelle des actionnaires de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), qui devait se tenir ce mercredi. L’actionnaire majoritaire Casil Europe réagit.

Après la décision, lundi 3 juin, du tribunal de commerce de Toulouse d’ajourner l’assemblée générale annuelle des actionnaires de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), qui devait se tenir ce mercredi, l’actionnaire majoritaire, Casil Europe (groupe chinois Symbiose) qui détient 49,9 % des parts, estime que ce « report, ordonné à la demande des actionnaires locaux, porte préjudice à la société ATB ».

Pour autant, Casil Europe, qui a annoncé récemment vouloir vendre ses parts au groupe de construction français Eiffage, se félicite de l’ordonnance rendue par le tribunal de commerce qui rejette « les demandes de mise sous séquestre de ses titres ainsi que les demandes additionnelles formulées par les actionnaires locaux ».

Ces derniers – Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Toulouse, conseil régional Occitanie, conseil départemental de la Haute-Garonne et Toulouse Métropole – ont provisoirement obtenu le report de l’assemblée générale, durant laquelle 16 millions d’euros de dividendes qui devaient être distribués aux actionnaires, dont 8 millions d’euros pour Casil Europe. Celui-ci a réagi dans un communiqué :

« Ce report porte préjudice au bon fonctionnement d’ATB, à l’ensemble de ses parties prenantes, notamment les employés. Il bloque l’adoption de certaines décisions importantes pour l’aéroport, pour une période indéterminée. Par exemple, la clôture des comptes annuels et la nomination des commissaires aux comptes de la société, comme la loi lui en fait l’obligation. Le préjudice dû à ce blocage voulu par les collectivités locales, perdurera jusqu’au rendu de la décision du Conseil d’État concernant la légalité de la décision prise par l’État de céder 49,99 % de ses parts dans l’aéroport de Toulouse Blagnac à Casil Europe en 2015. Ce report est d’autant plus dommageable qu’il génère une grande instabilité pour ATB, alors que l’entreprise connaît un grand succès depuis notre entrée au capital. Pour rappel, les engagements pris par notre société dans son plan stratégique initial de 2014 ont été largement tenus et se sont traduits par une augmentation des flux de passagers et du chiffre d’affaires de près de +30 % ».

 

easyJet évincée de l’indice phare de la Bourse de Londres

Le Figaro / AFP – 05/06/2019

La compagnie aérienne britannique easyJet va sortir de l’indice vedette de la Bourse de Londres, après avoir vu sa capitalisation fondre ses derniers mois, a annoncé aujourd’hui l’opérateur London Stock Exchange (LSE).

Le LSE a annoncé dans un communiqué avoir décidé d’évincer de l’indice FTSE-100, regroupant les principales entreprises cotées à Londres, easyJet, ainsi que le groupe pharmaceutique Hikma Pharmaceuticals.

Ces deux titres sont relégués dans l’indice FTSE-250, selon cette révision trimestrielle qui sera effective à partir du lundi 24 juin. Ils seront remplacés par le spécialiste des logiciels informatiques Aveva et l’enseigne d’articles sportifs JD Sports. Cet éviction d’easyJet n’est pas une grande surprise puisque le groupe a vu son cours chuter de 18% depuis le début de l’année au point que sa capitalisation boursière est tombée à autour à 3,5 milliards de livres, la plus faible du FTSE-100. Il a notamment pâti d’un contexte difficile en début d’année pour les valeurs exposées à l’économie britannique, qui ont eu tendance à être délaissées par les investisseurs inquiets des conséquences du Brexit.

En outre, le secteur aérien européen traverse une zone de turbulences, en particulier les spécialistes du court-courrier, en raison d’une augmentation des coûts du carburant et la féroce compétition sur le continent qui tire les prix vers le bas et comprime les marges. La compagnie au logo orange et blanc avait publié mi-mai des pertes quadruplées au premier semestre 2028-2019, à 218 millions de livres et s’était montrée prudente pour le reste de l’année du fait des conditions de marché défavorables.

 

Tunisair : les annulations de vols inquiètent (et irritent) les TO

Tour Hebdo – 06/06/2019
La restructuration de la compagnie nationale tunisienne passe par un allègement du plan de vols y compris sur le marché français dès cet été. De quoi compromettre la reprise de la Tunisie ?

Huit ans après le Printemps arabe, le gouvernement tunisien sort le grand jeu pour sauver Tunisair en pleine turbulence, cumulant dettes, déficit, flotte vieillissante et taux de ponctualité catastrophique.

Un conseil des ministres exceptionnel, tenu le 20 mai à Tunis, a validé un programme de restructuration prévoyant notamment le départ de 1 200 salariés (15% des effectifs) au cours des trois prochaines années et des investissements pour le renouvellement de la flotte.

172 000 sièges annulés

Mais, et c’est là où le bât blesse, le redressement et le sauvetage de la saison en cours passent également par un ajustement du programme commercial sur la période juin-septembre 2019. 200 vols par mois sont supprimés, au moins jusqu’au 15 septembre.

Les 10% des voyageurs affectés seront replacés sur d’autres vols « dans les mêmes tranches horaires », a précisé Tunisair dans un communiqué. La suppression des fréquences, représentant au total 172 000 sièges, est nécessaire « pour s’adapter à la flotte disponible ».

Sur le marché français, le premier pour la compagnie, les conséquences de cette contraction se font déjà sentir sur les axes Lyon-Djerba (1 fréquence hebdomadaire sur 5 annulée), Nice-Djerba (1 sur 2), Nice-Tunis (1 sur 14), Paris-Djerba (1 sur 14). Les rotations Nantes-Djerba et Strasbourg-Djerba sont également concernées tout comme le Marseille-Djerba repositionné en vol de nuit.

Les TO montent au créneau

Pour les TO programmant la Tunisie, la perturbation est évidente avec un mécontentement grandissant au vu des annulations non anticipées intervenant à très court terme, en très haute saison touristique, y compris sur des billets déjà émis et souvent aléatoirement sur l’aller ou le retour.
« Tunisair veut nous convaincre que l’impact est limité et assure faire son maximum pour trouver des solutions de reprotection, la vérité est que nous avons été mis devant le fait accompli, sans concertation, et que l’accompagnement commercial est nul », témoigne, François Malcuit, directeur du broker Airgs, et directeur transport de Thomas Cook France jusqu’au 31 mai dernier.

Le traitement des modifications se fait « par robot », notent de nombreux voyagistes et sur certains axes, comme Nice-Djerba par exemple, il est compliqué de trouver des vols de remplacement sauf à prévoir une escale à Tunis. Une situation qui génère surcroît de travail et surcoûts.

Saisi par ses membres programmant la Tunisie (Voyamar, Mondial Tourisme, NG Travel, Club Med, Voyageurs du Monde, Fram, Jet tours, Ôvoyages…), le Seto a adressé le 28 mai un courrier à Tunisair, avec copie au ministre du tourisme tunisien, lui demandant « d’intervenir en urgence pour assurer la bonne commercialisation de la destination Tunisie sur le marché français ». Une réunion pourrait avoir lieu dans les prochains jours.

Un rappel à l’ordre du Seto

« Nous sommes préoccupés par les informations divulguées suite à la réunion du Conseil Ministériel du 20 mai dernier », commente sobrement Jürgen Bachmann, secrétaire général du Syndicat des Entreprises de Tour-Operating.

Dans la lettre que nous nous sommes procuré, le Seto exprime cependant vivement son inquiétude : «  (…) une partie importante de notre travail commun pour la relance de la destination Tunisie est pénalisée par une absence d’information, un manque de concertation et un suivi insuffisant dans la relation commerciale. Tous ces éléments commencent à devenir visibles sur le marché français, créant ainsi un mécontentement chez les clients des TO, soit chez les agences de voyages, soit chez les clients directs (…) ».

Un sale coup pour la reprise

Tous les clignotants semblaient être repassés au vert pour la Tunisie. Selon le dernier baromètre des Entreprises du Voyage présenté le 21 mai dernier, les réservations s’affichaient à date à +55% par rapport à N-1. Ce qui faisait dire à Jean-Pierre Mas, président des EDV, que « La Tunisie est quasiment revenue en volume, à son niveau d’avant le Printemps arabe », avec une confiance retrouvée de la part des clients.

Les déboires de Tunisair pourraient-ils pénaliser ce retour en grâce ? C’est ce que craint manifestement le Seto même si Tunisair était déjà sur la sellette chez de nombreux TO.
« Nous avons travaillé avec la compagnie l’an dernier. Compte tenu des énormes soucis de ponctualité et de services, nous avons confié cette année 100% de notre plan de vol Djerba à Transavia », témoigne Patrice Caradec, président d’Alpitour France.

De même, Jet tours n’a plus aucun engagement avec Tunisair, juste quelques blocs charter. Le TO a préféré depuis trois ans contracter avec Nouvelair tout comme Mondial Tourisme. « Malgré tout, les ventes en package dynamique sont impactées par ces annulations », déplore François Malcuit.

Le Seto attentif à ce que « toutes les composantes favorisant la relance de la Tunisie restent fonctionnelles pour la saison Été 2019 » estime qu’il aura plus d’informations et donc de précisions à fournir sur la situation la semaine prochaine. A suivre donc.

 

Air Transat bientôt rachetée par un promoteur immobilier ?

Déplacements Pros – 07/06/2019
Nouveau coup de théâtre dans le rachat de la compagnie aérienne. Une entreprise spécialisée dans le secteur de l’immobilier au Québec vient surenchérir l’offre d’Air Canada.

Le groupe Mach souhaite en effet acheter Transat AT, société mère d’Air Transat, pour 350 millions d’euros. Une offre à 14$ l’action, soit une reprise des dettes estimée à 796 millions d’euros, expliquent nos confrères de l’Echo Touristique. Il y a quelques semaines, la compagnie avait pourtant annoncé avoir conclu une entente avec Air Canada et avait convenu une période de négociation exclusive de 30 jours.

Cependant, le groupe avait annoncé son intention de retirer Transat de la Bourse de Toronto et d’en fermer le capital afin de, « Bâtir un chef de file mondial intégré de tourisme international » sous l’enseigne de Transat en accélérant le développement hôtelier du voyagiste à l’étranger, en partenariat avec le groupe immobilier espagnol TM Grupo Inmobilario.

 

La France appelle à une taxation du secteur aérien au niveau européen

Novethic / AFP – 06/06/2019
Lors du Conseil des ministres des Transports de l’Union européenne, qui s’est tenu ce jeudi 6 juin, la France a appelé à une taxation du secteur aérien au niveau européen. En début de semaine, et alors qu’est discuté la loi Mobilité à l’Assemblée, le gouvernement avait promis de mener la bataille pour instaurer une taxe kérosène européenne sur les avions. Le secteur réagit en brandissant la menace de milliers d’emplois supprimés.

En début de semaine, le gouvernement avait confirmé sa volonté de faire davantage contribuer le secteur aérien dans la lutte contre le changement climatique. « On veut mener la bataille pour appliquer une taxe kérosène sur les vols intra-européens », avait déclaré le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, au micro de RMC. « Aujourd’hui, il y a une convention internationale qui date de 1944, à une époque où on ne parlait pas du climat, où on ne parlait pas de l’effet de serre. Il faut changer cette convention (…), c’est une priorité que nous donnons à la prochaine Commission européenne. »

3 à 4 000 emplois menacés

Cette nouvelle annonce a provoqué la colère du secteur, de plus en plus visé ces derniers mois. Alors que le kérosène est exonéré de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE), la suppression de cet avantage coûterait « 350 millions d’euros » et pourrait entraîner « 3 000 à 4 000 suppressions d’emplois », a estimé Georges Daher, le délégué général de la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam), sur Radio Classique.

Pour le seul groupe Air France, une taxation sur le kérosène représenterait « 250 millions de dépenses supplémentaires », a-t-il ajouté. Les « compagnies françaises sont déjà défavorisées par rapport à d’autres compagnies européennes en termes de fiscalité et de taxation », a poursuivi le responsable de la Fnam, précisant que la part de marché des compagnies françaises en Europe « recule pratiquement d’un point par an depuis 10 à 15 ans ».

Secteur carboneutre à partir de 2020

Dans le cadre de la loi Mobilités, débattu en ce moment à l’Assemblée nationale, les députés ont accepté, en commission, de créer une contribution, d’environ 30 millions d’euros annuels, prélevée sur les surplus de recettes de la taxe de solidarité sur les billets d’avion, dite « taxe Chirac », pour financer les autres modes de transport. Mais ils ont rejeté au niveau européen l’idée d’une taxe kérosène.

De son côté, l’OACI (Organisation internationale de l’aviation civile) s’est accordé sur la mise en place d’un mécanisme de compensation des émissions de CO2, baptisé Corsia. Il doit permettre au secteur d’être « carboneutre » à partir de 2020, c’est-à-dire que la croissance des émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2020 devra être compensée via des crédits carbone.

Une pétition a été lancée mi-mai pour imposer cette taxe kérosène. « Le secteur de l’aviation est l’une des sources d’émissions de gaz à effet de serre à plus forte croissance », écrivent ses auteurs. « Cette situation fausse la concurrence au détriment des trains fortement taxés. » Si elle obtient un million de signatures, la Commission européenne sera dans l’obligation de se saisir de la question. De quoi accélérer le processus.

 

Pourquoi les prix des billets d’avion vont bientôt augmenter

Tour Hebdo – 06/06/2019
Sous la pression écologiste, l’Union européenne ne devrait plus tarder à taxer le transport aérien. L’Europe va-t-elle suivre le modèle de la Suède ou opter pour un autre scénario ? Une chose est sûre : le consommateur va payer !

Les billets d’avion à petit prix, c’est bientôt fini ! Depuis plusieurs mois, la question d’une taxation écologique plane sur le transport aérien, au cœur de toutes les critiques en matière d’émissions de CO². Selon l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), le transport aérien est responsable de 2% des émissions mondiales de CO², tandis que l’ONG Réseau Action Climat évalue ce chiffre à 5%.

Quoi qu’il en soit, les choses s’accélèrent : la Belgique et les Pays-Bas ont mis le dossier sur la table au début de l’année et le conseil des ministres des transports de l’Union européenne, qui se tient aujourd’hui à Luxembourg, doit aborder le sujet. La France suit et doit à son tour appeler ses partenaires à mettre en place cette taxation du transport aérien.

« Différentes pistes de tarification sont envisageables pour renforcer le principe pollueur-payeur, et la France considère qu’elles doivent être étudiées sans a priori afin de déterminer le meilleur dispositif », affirme le ministère des transports français à l’AFP.

Une taxe entre 6 euros et 38 euros en Suède

L’actuel Système communautaire d’échange de quotas d’émission (EU ETS) pourrait être renforcé. Les gouvernements réfléchissent également à l’instauration d’une surcharge sur les prix des billets. Mais c’est surtout la taxe sur le kérosène qui semble avoir les faveurs des politiques.

Le carburant des avions échappe en effet à toute taxe depuis la convention internationale de Chicago de 1944 sur l’aviation civile internationale. Le but était alors de relancer le trafic aérien mais cette exonération apparaît aujourd’hui comme une niche fiscale obsolète aux yeux des défenseurs du climat.

Selon un rapport de la Commission européenne, qui devait rester confidentiel avant de fuiter dans la presse, une taxation de 330 € par 1 000 litres de kérosène permettrait de réduire de 11% les émissions de CO² du transport aérien.

Preuve que le sujet avance, la Suède a adopté en avril 2018 une taxe sur le kérosène des avions, alors que le pays assiste à la montée en puissance du mouvement « Flygskam », la « honte de prendre l’avion ». Cette taxe s’échelonne aujourd’hui entre près de 6 euros et 38 euros selon la destination et elle s’applique à tous les vols au départ d’un aéroport suédois. Les passagers européens peuvent se préparer à payer leurs voyages plus chers !