Revue de presse SNPL du 7 novembre 2019

Revue de presse élaborée par

 

  • Air France-KLM : les investisseurs craignent toujours un retour des grèves à Air France
  • Transavia France ouvre une base sur l’aéroport de Montpellier
  • L’État va ponctionner 20% des créneaux de décollage d’Aigle Azur à Orly
  • Grève PNC Lufthansa : 1300 vols annulés jeudi et vendredi
  • Grève du 5 décembre : FO Air France sera de la partie
  • Référendum Aéroport de Paris : 924 000 soutiens enregistrés au 6 novembre
  • Face au « flygskam », comment les compagnies aériennes ripostent-elles ?
  • Air France tourne définitivement la page de l’ATR

Air France-KLM : les investisseurs craignent toujours un retour des grèves à Air France

La Tribune – 06/11/2019
Paradoxalement, l’annonce d’un objectif financier relativement ambitieux pour Air France-KLM s’est traduite par une chute de l’action en Bourse. Les investisseurs craignent notamment de nouveaux conflits sociaux et que les fruits de l’amélioration du groupe soient récupérés par les syndicats.

L’annonce d’un objectif ambitieux d’amélioration significative des bénéfices d’Air France-KLM et d’Air France en particulier ne s’est pas retrouvée dans le cours de Bourse du groupe. Mardi 5 novembre, après avoir détaillé aux analystes financiers sa stratégie pour augmenter de 117% le résultat opérationnel d’ici à cinq ans pour atteindre 2,5 milliards d’euros en 2024, Air France-KLM a plongé de près de 6% à la Bourse de Paris. Pour quelle raison? Yan Derocles, analyste chez Oddo BHF est formel :  la crainte des investisseurs est principalement sociale.

Les grèves ont coûté plus d’un milliard d’euros depuis 2014

« Le plan est crédible », explique-t-il à La Tribune, « mais en raison de l’historique des grèves à Air France, les investisseurs anglo-saxons estiment qu’Air France n’est pas à l’abri des conflits sociaux et qu’il y a un risque pour que l’amélioration des résultats soit récupérée par les syndicats ».

Même si le directeur général du groupe, Ben Smith, a réussi à apaiser les tensions en signant de nombreux accords avec les syndicats d’Air France, notamment les pilotes, les investisseurs n’ont pas oublié les grèves de 2014, 2017 et 2018 qui ont coûté près d’un milliard d’euros à Air France et Air France-KLM.

En effet, hier le cours de l’action a notamment chuté pendant la séance de questions-réponses de la journée investisseurs, après qu’un analyste a demandé d’une part quelles étaient les différences entre le plan présenté et les précédents « aux caractéristques similaires », et si l’amélioration du résultat serait une nouvelle fois pour les syndicats et non pour les investisseurs. Frédéric Gagey, le directeur financier d’Air France-KLM, a répondu que la situation sociale à Air France était totalement différente aujourd’hui, en pointant la radicalité de l’ancienne direction du SNPL.
« Aujourd’hui, la qualité du dialogue est meilleure », a-t-il indiqué.

En décembre, une nouvelle équipe tenant d’une ligne « plus constructive » a été élue arrivée à la tête du syndicat national des pilotes de ligne pour une durée de quatre ans.

Commentant plus tard la réaction boursière de mardi devant quelques journalistes, Ben Smith a estimé qu’il était « un peu tôt », que plusieurs aspects du plan « ne sont pas faciles à comprendre », et que la présentation aux analystes « n’a probablement pas assez insité sur les « 26 accords signés avec les syndicats d’Air France depuis un an qui apportent une énorme flexibilité à la compagnie ».

Le Canadien a notamment signé un accord collectif avec les pilotes permettant plus de flexibilité dans l’organisation du de leur travail, nécessaire à la mise en place du plan d’amélioration de la performance opérationnelle qui doit largement contribuer à l’amélioration des résultats. Il a également signé un accord permettant de faire sauter le plafond de 40 avions que ne pouvait pas dépasser jusqu’ici Transavia France.

Les investisseurs sont par ailleurs inquiets par le niveau des investissements, supérieur à leurs prévisions. Air France-KLM va en effet investir 4 milliards d’euros par an pendant cinq ans. Ce montant ne lui permettra pas de générer du cash avant 2023-2024 et par conséquent de diminuer sa dette. Au contraire. De quoi retarder toute velléité du groupe de pouvoir jouer un rôle dans la consolidation. Pour une opération d’envergure, Air France-KLM serait aujourd’hui obligé de recourir à une augmentation de capital. Mais pour cela, il lui faut augmenter son cours de Bourse.

Transavia France ouvre une base sur l’aéroport de Montpellier

La Tribune – 05/11/2019
C’est un bon signe et une promesse pour l’infrastructure aéroportuaire montpelliéraine : le 5 novembre, Transavia France, la compagnie low-cost du groupe Air France-KLM, annonce l’ouverture d’une nouvelle base (la 4e en France) sur la capitale languedocienne dès le printemps 2020. A la clé, 20 destinations et 500 000 passagers supplémentaires.

Transavia France, la compagnie low-cost du groupe Air France-KLM créée en 2007, poursuit son développement et renforce son maillage du territoire français. Après avoir ouvert trois bases à Orly, Lyon et Nantes, elle annonce le 5 novembre l’installation d’une 4e base en France, sur l’aéroport de Montpellier au printemps 2020.

Avec deux avions basés, elle desservira une vingtaine de destinations, notamment vers le bassin méditerranéen.
« Pour Transavia France, cette annonce constitue une étape importante dans le développement de notre compagnie avec la création de notre première base dans le sud de la France, observe Nathalie Stubler, P-dg de Transavia France. Nous nous implantons à Montpellier avec la volonté de devenir un acteur majeur de l’aéroport comme nous l’avons fait à Orly, Nantes et Lyon… L’offre low-cost est encore peu développée au départ de cet aéroport alors que la demande des voyageurs est forte. Nous allons offrir de belles destinations dont de nombreuses ne sont pas encore desservies en direct. »

Pour connaître ces destinations, il faudra patienter jusqu’au début du mois de décembre…

Endiguer la fuite des voyageurs Héraultais

« Sur la carte des grandes métropoles françaises, Montpellier était la seule sans compagnie low-cost basée, commente Emmanuel Brehmer, le président du Directoire de l’aéroport de Montpellier. Je pense que Transavia a été attentive au potentiel de l’aéroport de Montpellier, que démontre la fuite de plus d’un million d’Héraultais vers l’aéroport de Marseille, des 300 000 vers l’aéroport de Toulouse ou des 100 000 vers l’aéroport de Barcelone ! L’offre low-cost était largement insuffisante depuis Montpellier (ainsi, en avril 2019, la compagnie low-cost irlandaise Ryanair avait choisi de quitter Montpellier pour Béziers pour implanter sa ligne vers Charleroi, NDLR). Grâce à Transavia, elle va dans le bon sens. »

Transavia France sera donc la seule compagnie low-cost à posséder une base à Montpellier. Les prévisions sont de 500 000 passagers supplémentaires par an, l’aéroport de la capitale languedocienne passant de 30 destinations aujourd’hui (desservies par 16 compagnies) à 50, et de 2 millions à 2,5 millions de passagers.

« C’est un moment historique pour notre aéroport et un signal fort pour notre territoire, assure Emmanuel Brehmer. Transavia France marque ainsi sa confiance dans le potentiel de notre marché et ouvre de fantastiques perspectives de développement… On nous a longtemps reproché une stratégie « attrape-tout », avec des destinations qui ne sont pas celles que l’on souhaitait. En ouvrant une base à Montpellier, la compagnie prévoit d’y développer des destinations stratégiques. »

Une dimension européenne

Transavia (1 200 salariés en France) opère aujourd’hui plus de 100 lignes aériennes au départ de la France (Orly, Nantes et Lyon) et des Pays-Bas (Amsterdam, Rotterdam, Eindhoven et Groningen), à destination de l’Europe et du bassin méditerranéen. La compagnie a transporté 15,8 millions de passagers en 2018 (7 millions pour Transavia France).

Selon Emmanuel Brehmer, l’arrivée de Transavia France va permettre à l’infrastructure montpelliéraine de changer de dimension.
« À ma nomination il y a quatre ans, le plan qu’on a présenté était de donner à l’aéroport de Montpellier une dimension européenne nous permettant d’exister entre Barcelone et Marseille, rappelle-t-il. Avec 2,5 millions de passagers et 50 destinations, nous sommes plus visibles. Avec Transavia qui nous fait confiance, on espère bénéficier d’un effet d’attraction pour faire venir d’autres compagnies, comme cela s’est passé pour Bordeaux, Nantes ou Toulouse. Il existe 450 aéroports en Europe, et les compagnies susceptibles de faire du développement sont au nombre de 4 ou 5. L’arrivée de Transavia, comme celle de la navette Air France (10 allers-retours par jour pour Paris-Orly, 5 pour Paris-Charles-de-Gaulle, NDLR) il y a 4 ans, sont le signe du potentiel de l’aéroport de Montpellier. »

L’État va ponctionner 20% des créneaux de décollage d’Aigle Azur à Orly

La Tribune – 06/11/2019
Selon nos informations, l’État a officiellement indiqué au gestionnaire des créneaux horaires en France, Cohor, qu’il préempterait 20% des quelque 9150 créneaux (« slots ») que détenait Aigle Azur à Orly. Les 7300 créneaux restants ne seront pas distribués début novembre, comme prévu initialement, mais début décembre.

Le gâteau diminue. Il y aura moins de créneaux horaires de décollage d’Aigle Azur à  Orly à partager. L’État va rafler les 20% des quelque 9150 créneaux laissés en jachère depuis la disparition d’Aigle Azur fin septembre. Selon des proches du dossier, l’État a en effet indiqué à Cohor, l’association qui gère les créneaux en France, qu’il préempterait 20% du « pool » de créneaux disponibles pour les attribuer à des liaisons d’obligation de services publics jugées stratégiques pour le désenclavement de certaines régions françaises. L’État va ainsi ponctionner plus de 1.800 créneaux soit l’équivalent de 2,5 vols quotidiens.

Distribution en décembre

Il ne restera donc que 7300 créneaux à distribuer pour les autres compagnies aériennes, soit l’équivalent de 10 vols quotidiens. Le calendrier a changé. Initialement prévue début novembre, la distribution a été décalée à début décembre, soit après la conférence que tiendra l’association internationale du transport aérien (IATA) sur les créneaux horaires,  du 12 au 15 novembre à Brisbane en Australie. Ces créneaux horaires sont très précieux à Orly en raison du plafonnement de l’aéroport à 250 000 mouvements par an.

La moitié des créneaux (3650) sera distribuée aux nouveaux entrants (parmi lesquels figurent aussi les compagnies qui n’ont que quelques vols à Orly) comme ASL Airlines par exemple. L’autre sera partagée entre les transporteurs déjà installés comme Air France, sa filiale low-cost Transavia, Easyjet, Vueling, Air Caraïbes, French Bee, Corsair, Level, La Compagnie… Contrairement à ce que pensent certains, cette partie des créneaux n’est pas distribuée au prorata de la part de marché des compagnies. Le risque d’émiettement est par conséquent très fort.

Les déçus seront nombreux

Les déçus seront forcément nombreux dans la mesure où le nombre de demandes de créneaux sera à coup sûr supérieur au volume disponible. Pour mémoire, la redistribution des créneaux d’Air Lib en 2003 concernait 30% environ de la capacité d’Orly (75 000 créneaux). Or la somme des demandes équivalait à la totalité des mouvements annuels de l’aéroport (250 000 créneaux). Autrement dit, il y avait trois fois plus de demandes de créneaux que de créneaux disponibles.

Grève PNC Lufthansa : 1300 vols annulés jeudi et vendredi

Air Journal – 07/11/2019
La compagnie aérienne Lufthansa a annulé 700 vols ce jeudi et 600 autres vendredi, en raison de l’appel à la grève lancé par le syndicat UFO d’hôtesses de l’air et stewards. Près de 180.000 passagers sont affectés.
L’arrêt de travail des PNC de la compagnie nationale allemande, prévu du 7 novembre 2019 à 0h00 au 8 novembre à 23h59, entrainera bien le chaos annoncé, même si elle précise que seuls ses vols sont affectés : les autres filiales du groupe Eurowings, Germanwings, SunExpress, Lufthansa Cityline, SWISS, Edelweiss, Austrian Airlines, Air Dolomiti et Brussels Airlines « ne seront pas touchées par la grève ; leurs vols commenceront à l’heure prévue ». Lufthansa a mis en place un « programme de vol spécial » pendant les deux jours de grève : ce jeudi, 2300 des 3000 vols prévus du groupe Lufthansa seront exploités, tandis que vendredi 2400 vols sur les 3000 prévus le seront. La compagnie envisage de déployer des avions plus gros sur les axes les plus touchés, notamment dans les aéroports de Francfort et Munich.

La compagnie de Star Alliance « regrette les inconvénients pour les passagers », la grève se déroulant comme prévu par le syndicat après le refus d’un tribunal de Francfort de l’interdire. Les offres commerciales habituelles ont été mises en place pour ces deux jours : remboursement, changement de réservation sans frais, ou échange avec des billets de train sur les routes domestiques.

Comme pour la grève du mois dernier, Lufthansa juge les grèves « illégales » car le statut syndical « et le pouvoir de représentation du conseil exécutif d’UFO ne sont toujours pas clairs » – la suite d’un conflit juridique commencé en aout dernier devant un tribunal du travail de Francfort. Les revendications portent sur les conditions de travail et les salaires. Le CEO du groupe Carsten Spohr a invité le syndicat, mais aussi Verdi et CU, à une réunion, plaidant que « la seule solution est dans le dialogue ».

Grève du 5 décembre : FO Air France sera de la partie

Air Journal – 07/11/2019
Le Syndicat général FO Air France, appelle les salariés à la grève à partir du 5 décembre contre le projet de système universel de retraite, dans le cadre du mouvement lancé à l’échelle nationale par toutes les organisations représentatives.
Premier syndicat des personnels au sol de la compagnie nationale française, Force Ouvrière a annoncé le 6 novembre 2019 son intention de rejoindre le mouvement national, afin de forcer le gouvernement à retirer son projet. « Expression du refus d’un nouveau coup de rabot sur leurs droits, le SG FO Air France a tout le soutien de la FEETS FO », souligne le syndicat dans son communiqué.

Lancée à la RATP et la SCNF, adoptée depuis par la CGT, FO, FSU, Solidaires, les fédérations étudiantes ou les « gilets jaunes », la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites visera le transport en général, où de fortes perturbations sont déjà attendues. La CGT Air France a prévu de se réunir ce jeudi pour décider de rejoindre le mouvement.

Référendum Aéroport de Paris: 924000 soutiens enregistrés au 6 novembre

Ouest-France – 06/11/2019
La procédure de référendum sur la privatisation d’ADP (ex-Aéroports de Paris) a déjà recueilli 924 000 signatures depuis son lancement, le 13 juin dernier, selon le comptage publié ce mercredi par le Conseil constitutionnel.
Le Conseil constitutionnel a enregistré à la date de mercredi 924 000 soutiens à un référendum d’initiative partagée (RIP) sur la privatisation d’Aéroports de Paris, un chiffre s’approchant donc du million, mais encore loin du nombre attendu par ses initiateurs.

Le dernier pointage en date du 23 octobre faisait état de 896 000 signatures. Le compteur du ministère de l’Intérieur a donc enregistré 28 000 soutiens supplémentaires en 15 jours, contre 32 000 précédemment (864 000 signatures au 9 octobre), soit un nouveau tassement.

Il faut 4 717 396 signatures

Depuis le 13 juin et durant neuf mois, les électeurs inscrits sur les listes électorales peuvent apporter leur soutien à la proposition de loi commencée par des parlementaires de droite comme de gauche, réclamant la tenue d’un référendum sur la privatisation du groupe aéroportuaire.
Pour être validée, la proposition de loi référendaire doit être approuvée par un dixième des électeurs inscrits, soit 4 717 396 personnes (ce qui impliquerait une moyenne de 17 000 signatures par jour) d’ici à la mi-mars.
Les initiateurs, quelque 250 députés et sénateurs de LFI à LR, avaient dit en août viser un million de signatures à la rentrée grâce à une intensification de la mobilisation.

Dès ce million de soutiens, Emmanuel Macron doit mettre en œuvre le référendum, a réclamé début septembre le député La France Insoumise Alexis Corbière, arguant que la réforme constitutionnelle présentée fin août prévoit un abaissement du seuil requis pour organiser un RIP à « un dixième des membres du Parlement et un million d’électeurs ».

Un clip contre la privatisation d’ADP

Les parlementaires d’opposition avaient enclenché début avril la procédure du RIP, introduite dans la Constitution en 2008 mais jamais utilisée jusqu’à présent.
Le Conseil constitutionnel, qui communique tous les 15 jours sur l’état de la procédure, précise qu’il a enregistré depuis le début des opérations 3 980 réclamations, dont 3 130 ont reçu réponse à ce jour. Ces réclamations ont trait pour l’essentiel à la prise en main du site internet de recueil des soutiens qui a été critiqué pour son manque d’ergonomie.
Les initiateurs du RIP dénonçaient l’absence de communication de l’État et des médias de service public sur la tenue de ce référendum inédit dont l’existence est, selon eux, encore peu connue des citoyens. Mais « l’information des électeurs » par le gouvernement sur le RIP n’est pas obligatoire au regard de la Constitution, ont tranché mi-octobre les « Sages ».
Une quinzaine de partis et organisations de gauche, du PS, LFI, PCF et EELV à Fakir ou Attac, ont décidé cette semaine de publier sur leurs réseaux sociaux le même clip contre la privatisation d’ADP, selon les organisateurs.

Face au « flygskam », comment les compagnies aériennes ripostent-elles ?

Tour Mag – 05/11/2019
Vers « une fierté de prendre l’avion » ?
Pointé du doigt pour ses émissions de gaz à effet de serre, le secteur aérien multiplie les efforts pour paraître moins polluant. Au cas par cas, les compagnies tentent par divers moyens de redorer leur blason écologique.
Pris entre écotaxe et flygskam (la honte de prendre l’avion en français), entre Greta Thunberg et les Gilets jaunes, difficile de dire que l’aérien n’a pas pris du plomb dans l’aile ces derniers mois.

Alors que le secteur compterait actuellement pour 3% des émissions mondiales de CO2, sa réputation aux yeux du grand public se détériore.
« Il s’agit d’une large tendance de fond écologique à laquelle nous devons faire face. Le transport aérien doit accélérer son évolution », résumait lors du dernier IFTM Top Resa Gérard Feldzer, ancien pilote d’Air France.

Mais comment concrètement font les transporteurs aériens mondiaux pour redorer leur blason écologique ?

En dehors du fameux plan Corsia visant à réduire de 50% les émissions de CO2 d’ici à 2050, les réponses sont nombreuses et les services de communication des compagnies rivalisent d’ingéniosité pour se donner une image plus verte.

Eco-pilotage et baisse de la consommation carburant

Quand Ryanair, l’un des 10 premiers pollueurs d’Europe depuis cette année, publie ses émissions de CO2 et ses investissements en matière environnementale, Finnair, une compagnie historiquement engagée dans une aviation éco-resposable, vient récemment de rejoindre l’Initiative nordique pour l’aviation électrique.

En la matière, les investissements et projets sont nombreux.

Volotea développe un projet d’avion hybride électrique d’une cinquantaine de sièges maximum qu’elle espère intégrer dans sa flotte avant 2030. L’appareil permettrait de réduire la consommation de 50%.

easyJet travaille aussi de son côté à un projet d’avion 100% électrique en partenariat avec la start-up Wright Electric.

En plus de ses investissements sur le développement du biofioul, KLM travaille sur son « flying V », un projet d’avion plus écologique dans lequel les passagers s’assoient dans les ailes.

En attendant que de vraies alternatives électriques voient le jour, bon nombre de transporteurs mondiaux renvoient aussi vers des plateformes du type greentripper.com permettant à leurs passagers de calculer et de compenser eux-mêmes leur empreinte CO2.

United vient aussi d’annoncer un investissement de 40 millions de dollars pour la « décarbonisation » du transport aérien mondial via le développement des biocarburants.

Les compagnies mettent aussi en avant leurs efforts en matière d’éco-pilotage. Ces derniers jours, Norwegian, qui se vante d’avoir réduit de 30% ses émissions depuis 2008, a par exemple annoncé la mise en place de SkyBreathe, un outil (français) d’analyse des opérations de vols et de réduction de la consommation de carburant, déjà utilisé par Air France.
Objectif affiché : réduire les émissions de 140 000 tonnes de CO2 par an.

Et chez Air France ?

En pleine opération séduction auprès du grand public sur le sujet, Air France a commencé par bannir les plastiques à usage unique de ses cabines.

Ensuite, la compagnie nationale a largement communiqué sur l’arrivée dans sa flotte d’avions de dernière génération plus économes dans leur consommation de carburant comme dans leurs émissions de CO2.

A savoir : une trentaine d’Airbus A350-900, dont le premier vient d’entrer en service sur les lignes long-courriers, et au moins une soixantaine d’A220 disposés sur les vols moyen-courriers dans les année à venir.

Lors de la présentation en grande pompe de son premier A350-900 à Toulouse, Anne Rigail et Benjamin Smith, à la tête de la compagnie tricolore, parlaient d’une seule voix d’avions modernes capables de « rendre les gens fiers de voler ».

Début octobre, sur l’IFTM Top Resa à Paris, Anne Rigail, la directrice générale, a aussi assuré qu’Air France allait compenser 100% des émissions de CO2 produites sur ses vols intérieurs.

Sur 350 routes, le CO2 émis va être compensé par des programmes de recherches et de financements sur les biocarburants et énergies renouvelables, par des fondations, par la protection de la biodiversité, par la plantation d’arbres…

Aller plus loin

« L’avion est la cible de virulentes critiques, et nous les avons pris en pleine face. Mais est-ce que le mouvement « flygskam » pèse aujourd’hui dans nos résultats ? C’est très difficile à dire », déclarait la dirigeante d’Air France sur le grand salon du secteur touristique début octobre.
« Nous voulons faire tous les efforts possibles vers un transport aérien durable. Cela passe par une collection d’actions que nous devons enrichir et sur laquelle nous devons mieux communiquer », avait-elle lancé.

Maintenant, il faut de l’avis général aller encore plus loin et redoubler les efforts du secteur. « Du temps des 747 et du Concorde, nous tournions autour de 10 litres de kérosène par 100 kilomètres et par passager.

Aujourd’hui on est en dessous de 3. Mais cela peut être encore beaucoup mieux que ça », conclut Gérard Feldzer. « C’est parce qu’il y a des initiatives locales, pays par pays et compagnies par compagnies, qu’il pourra y avoir une réponse mondiale ».
Des initiatives qui paraissent plus que jamais nécessaires, bien que le contexte soit toujours à une large hausse du trafic aérien au niveau national (+5,2% de passagers en plus en France sur le début d’année 2019) et mondial.

D’après une récente étude de Criteo, 6% des voyageurs mondiaux, majoritairement des jeunes, affirment déjà avoir annulé un voyage pour des raisons écologiques. Un chiffre qui monte même en France, deuxième pays mondial de ce que l’étude appelle les « green travellers », à 18%…

Air France tourne définitivement la page de l’ATR

Aerobuzz– 06/11/2019
Le centre de formation Hop!Training, partenaire d’Air France pour la formation et l’entrainement des pilotes et équipages d’avions régionaux, a vendu son Full Flight Simulator d’ATR 42/72-500. Le FFS rejoindra prochainement l’Amérique du Sud.
Créé en 1991, Hop! Training by ICARE s’est spécialisé dans la formations sur les avions régionaux pour les pilotes, personnels de cabine, techniciens de maintenance et personnels d’escale. Naturellement lié à l’activité de Britair puis Hop!, désormais intégré sous la bannière générale d’Air France, Hop! Training a investi progressivement dans des outils de formation dédiés à la flotte opérée par la compagnie régionale.

Débutant par un simulateur Full Flight (FFS) d’ATR 42/72 pour son site de Morlaix, Hop! Training, qui possède également des centres à Paris, Nantes et Clermont-Ferrand, acquiert par la suite un FFS de Bombardier CRJ 100/200 et 700 puis d’un CRJ 700/1000 et d’un Embraer ERJ 145 en 2016. Entre temps, le centre de formation fait évoluer son FFS d’ATR pour l’équiper de la version 42-500.

C’est ce dernier que le centre de formation et d’entraînement d’Air France a annoncé le 2 novembre 2019 avoir vendu à un centre de formation basé en Amérique du Sud. La société munichoise FST, spécialisée dans la fourniture et la personnalisation des simulateurs Full Flight, a été chargée de la vente du FFS ATR qui, un an après, a finalement trouvé un acquéreur.

Air France, qui avait annoncé fin 2018 la sortie des 14 ATR de sa flotte d’ici à 2020, tourne ainsi définitivement la page du turbopropulseur pour rationaliser son parc autour des jets, composé aujourd’hui de 24 CRJ700 et 1000 et 38 ERJ145, E170 et E190.