Revue de presse SNPL du 8 février 2019

Revue de presse élaborée par

 

  • ADP et l’Etat soufflent : les redevances aéroportuaires 2019 sont validées
  • Thomas Cook envisage de se désengager de l’aérien
  • Aéroport de Bordeaux : +8,4% en janvier
  • XL Airways : La Réunion sans Toulouse ni Marseille cet été
  • Swiss reliera Genève à Munich et Francfort cet été
  • Air Sénégal tente sa chance dans la cour des grands 

 

ADP et l’Etat soufflent : les redevances aéroportuaires 2019 sont validées

La Tribune 08/02/2019
Après avoir retoqué la proposition d’ADP d’augmenter ses tarifs de près de 3% en 2019, l’Autorité de supervision indépendante des redevances aéroportuaires (ASI) a homologué jeudi 7 février la deuxième proposition tarifaire du gestionnaire des aéroports parisiens. Un soulagement pour l’État dans la perspective de la privatisation.

Ouf de soulagement pour d’ADP, mais aussi, dans la perspective d’une privatisation, pour l’État, son principal actionnaire avec plus de 50% du capital. Après avoir retoqué la proposition d’ADP d’augmenter ses tarifs de 2,957%, l’Autorité de supervision indépendante des redevances aéroportuaires (ASI) a homologué jeudi 7 février la deuxième proposition tarifaire du gestionnaire des aéroports parisiens. Sa présidente Marianne Leblanc Logier l’a indiqué à La Tribune, en marge du colloque « Les États de l’Air », organisé par l’Enac Alumni.

« Cette fois ils sont dans les clous », a-t-elle indiqué, en précisant que la première proposition tarifaire de Lyon était également validée.

ADP jouait gros

Pour sa deuxième proposition, ADP avait revu ses prétentions à la baisse en proposant une hausse de 1%. Le groupe aéroportuaire jouait gros. En cas d’un deuxième refus comme c’est le cas à Nice, l’ASI prend la main la fixation des tarifs.
Cette homologation évite donc un recours contre l’ASI qu’ADP n’excluait pas de lancer en cas de deuxième refus. Pour certains observateurs, les arguments de l’ASI pour justifier son opposition à une hausse de 3% étaient attaquables. Patrick Gandil, le directeur de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), était même sorti de sa réserve en indiquant qu’il « ne partageait pas totalement les considérants de l’ASI, avancés pour ne pas homologuer l’augmentation des redevances ».
Cette homologation satisfait également l’État qui redoutait de devoir lancer le processus de privatisation d’ADP avec un éventuel contentieux sur les bras.

« Les redevances ne doivent pas dépasser le coût du service rendu » (ASI)

L’ASI avait justifié son refus en estimant que « la rémunération des capitaux investis au titre des services publics aéroportuaires, prise en compte dans le calcul du coût des services rendus, était trop élevée ».
« Les redevances ne doivent pas dépasser le coût du service rendu », a rappelé Marianne Leblanc Logier lors d’une table-ronde sur l’aéroport du futur.

Le taux de rémunération des capitaux investis de la deuxième proposition d’ADP est considéré cette fois-ci comme « acceptable », a estimé l’ASI dans un communiqué. « Les nouveaux tarifs des redevances aéroportuaires ne conduisent plus à ce que leur produit global sur le système d’aérodromes dépasse le coût des prestations servies », a notamment précisé l’ASI.

Pour rappel, l’ASI est appelée à se prononcer sur ce CRE et examine chaque année les propositions d’augmentation des redevances. Pour mémoire, en 2015, avant la signature du CRE 2016-2020 d’ADP, l’ASI n’avait pas pu se prononcer sur les paramètres du CRE car elle n’avait pas encore été créée. L’ASI examine également chaque année les propositions d’augmentation des redevances versées par les compagnies aériennes pour financer les services publics aéroportuaires (l’usage des installations pour la réception des passagers, l’atterrissage, le stationnement, le dégivrage…).

 

Thomas Cook envisage de se désengager de l’aérien

Les Echos  07/02/2019
Le voyagiste britannique a lancé « une revue stratégique » à propos de ses activités dans le transport aérien. Il recherche des ressources financières pour mettre en oeuvre un nouveau modèle économique. Thomas Cook a amorcé un virage sur l’aile. Le voyagiste britannique a annoncé jeudi avoir lancé « une revue stratégique » concernant son pôle aérien. Le numéro deux européen du voyage – après l’Allemand TUI – compte une centaine d’avions pour deux marques et 4 entités opérationnelles – Thomas Cook Airlines UK, Condor Germany, Thomas Cook Airlines Scandinavia, Thomas Cook Airlines Balearics -, soit quelque 20 millions de passagers transportés par an.

Toutes les options

A l’occasion de son assemblée générale annuelle et de la publication de ses résultats pour le premier trimestre de son exercice 2018-2019, le directeur général de Thomas Cook, Peter Fankhauser, a précisé, dans un communiqué, que sa direction étudie « toutes les options ». Le processus n’en est qu’à son « tout début », a ajouté le dirigeant, l’objectif étant « d’accroître la valeur [de l’entreprise, NDLR] au profit des actionnaires » et, pour ce faire, « intensifier » la mise en oeuvre de sa nouvelle stratégie. La nouvelle a été saluée par les investisseurs à la Bourse de Londres, le titre Thomas Cook progressant de plus de 7 % en milieu d’après-midi. Mais son cours est en baisse de plus de 73 % sur un an… L’annonce d’un possible désengagement du transport aérien intervient alors que le groupe traverse une  passe difficile.  Il tente de se relancer sur la base d’un nouveau modèle économique. Le voyagiste a « besoin d’une plus grande flexibilité financière et de davantage de ressources pour accélérer l’exécution de sa stratégie », a souligné son patron. Dupliquant, l’air de rien, celle de TUI, Thomas Cook met le paquet dans l’hôtellerie, tout en portant l’accent sur le numérique. Il dispose d’ores et déjà de quelque 200 hôtels – soit plus de 38.000 chambres – sous 8 marques pour 47 destinations.

Modèle moins intégré

Au terme de son exercice 2017-2018, Thomas Cook a accusé une perte avant impôt de 53 millions de livres, contre un gain de 43 millions un an auparavant, pour un total de revenus de 9,6 milliards, en hausse de 6,4 %. Une année jugée « décevante » par Peter Fankhauser, d’autant que le résultat opérationnel du groupe a fondu de plus de 23 %, à 250 millions de livres. Celui du pôle aérien, en revanche, a bondi de 37 %, à 129 millions de livres, pour un chiffre d’affaires de 3,5 milliards, en augmentation de 14 %. Mais dans un contexte de vive concurrence dans le secteur, du fait de l’agressivité commerciale des « low cost », il n’est pas certain que Thomas Cook puisse maintenir cette performance.

Son directeur général a observé jeudi, lors d’une conférence de presse téléphonique, que le groupe n’avait « pas besoin de posséder une compagnie aérienne en totalité pour être un voyagiste compétitif ». Thomas Cook cherche à gagner en flexibilité opérationnelle et s’oriente vers un modèle moins intégré.

 

Aéroport de Bordeaux : +8,4% en janvier

Déplacements pros 07/02/2019
L’aéroport de Bordeaux commence bien l’année 2019. Il a accueilli 420.600 passagers en janvier, soit une progression de +8,4% par rapport à la même époque l’année dernière. L’activité de la plate-forme a été largement dynamisée par son trafic international (+16,7%).
Le trafic international de l’aéroport de Bordeaux est en pleine forme. Avec 201.000 passagers en janvier, il affiche une croissance à deux chiffres de +16,7%.

Les dessertes marocaines ont été très dynamiques : Marrakech +40,5%, Fès +120% (desservie par Air Arabia et complétée depuis octobre 2018 par Ryanair), Essaouira nouvellement opérée par EasyJet avec 2.272 passagers. En janvier, les pays du Maghreb comptabilisent près de 30.000 voyageurs, soit une augmentation de trafic de 35%.

La Suisse progresse de 34%, boostée par la nouvelle desserte du hub intercontinental de Zurich desservie par Swiss depuis mars 2018. Genève affiche une croissance de 4,6% avec près de 15.000 voyageurs en janvier.

En Europe du Sud, l’Espagne affiche une hausse de 17% : Lanzarote +10,6% (Volotea renforce le programme d’EasyJet depuis décembre), Barcelone +9,3%, Séville +8,7%, Madrid +6,3%. En Italie, Venise prend la tête des destinations plébiscitées avec +15,9% de croissance.  Les Îles britanniques progressent de +11,2% avec de bons résultats notamment pour Dublin +14% et pour la nouveauté hivernale Manchester avec EasyJet qui enregistre 1.600 passagers.  De son côté, l’Europe de l’Est est marquée par la très forte croissance de Prague desservie par Volotea : +139%. Paris est à la traîne.

Les vols domestiques enregistrent une croissance de +1,7% soit 220.000 passagers. Paris affiche un recul de -4,4% avec plus de 100.000 voyageurs sur le mois de janvier. De leur côté, les grands axes transversaux poursuivent leur ascension : Marseille +21,8%, Lille +10,9%, Nice +10,2%, Lyon +7%. Cette dernière est d’ailleurs la 2ème desserte après Paris en volume avec plus de 46.500 passagers mensuels.

Le low-cost est toujours en forme

Le marché low-cost compte plus de la moitié du trafic global de l’aéroport de Bordeaux sur le mois de janvier avec 213.100 clients et une croissance de 17,8%. Volotea enregistre la croissance la plus importante avec +32% de trafic par rapport à l’année dernière. Toutefois, EasyJet conserve sa place de leader en nombre de passagers avec 129.000 voyageurs et progresse +19,6% en janvier.

 

XL Airways : La Réunion sans Toulouse ni Marseille cet été

Air Journal 07/02/2019
La compagnie aérienne XL Airways France proposera cet été quatre vols par semaine entre la métropole et La Réunion, deux directs au départ de Paris et deux passant par Lyon. Les lignes via Toulouse ou Marseille, lancées à l’automne 2017, ne sont plus proposées.

A partir du 26 juin 2019, les deux vols par semaine de la compagnie française entre sa base à Paris-CDG et l’aéroport de Saint Denis-Roland Garros seront proposés en direct et non plus via Toulouse et Marseille. Les Airbus A330-200 de 354 sièges décolleront alors selon Airlineroute mercredi à 23h15 et jeudi à 17h00 (arrivées le lendemain respectivement à 12h40 et 6h25), les vols retour quittant La Réunion jeudi à 20h00 (arrivée le lendemain à 5h55) et vendredi à 8h25 (arrivée à 18h15). XL Airways est face sur cet axe à Air France, Air Austral, Corsair International et la low cost French bee.

L’aéroport de Lyon-Saint Exupéry bénéficiera en revanche l’été prochain d’une deuxième rotation hebdomadaire vers l’île de l’Océan Indien, avec des départs lundi et vendredi à 23h40 (arrivée le lendemain à 12h40) et des retours de Saint-Denis à 20h00 (arrivées le lendemain à 5h10. Dans les deux cas, les A330 partent de CDG à 21h15 et y atterrissent au retour à 7h15.

Avec quatre vols par semaine au lieu de trois l’été dernier, XL Airways affiche donc une offre en hausse par rapport à l’été 2018. Rappelons qu’elle avait lancé des vols entre Toulouse-Blagnac et La Réunion en octobre 2017, quinze jours après ceux au départ de Marseille-Provence. Mais sa desserte de Saint-Denis avait été suspendue pendant huit semaines au printemps 2018, en raison des surcapacités suite à l’arrivée sur le marché réunionnais de la low cost long-courrier French bee.

XL Airways a commandé le mois dernier deux Airbus A330-900 livrables en 2020, et annoncé le réaménagement des cabines d’ici deux ans de ses quatre A330-200 et A330-300, avec une classe Premium. Mariée depuis deux ans à La Compagnie Boutique Airline au sein de Dreamjet Participation, elle est à la recherche d’un partenaire industriel sur lequel s’adosser, les pistes les plus sérieuses étant apparemment à l’étranger avec des contacts en cours avec plusieurs compagnies (la crise sociale à Air France avait mis fin à des débuts de discussions).

Au départ de Paris-CDG, XL Airways France dessert en long-courrier les Etats-Unis (New York, Miami, San Francisco et Los Angeles), les Antilles (Guadeloupe et Martinique, également au départ de 2 régions pendant l’hiver), la République dominicaine (Punta Cana), le Mexique (Cancún), Cuba (La Havane Varadero), La Réunion (Saint-Denis), et la Chine (Jinan) depuis juin 2018.

 

Swiss reliera Genève à Munich et Francfort cet été

Air Journal 08/02/2019
La compagnie aérienne Swiss International Air Lines ouvrira au printemps deux nouvelles liaisons saisonnières au départ de Genève, vers Munich et Francfort en Allemagne.

Du 31 mars au 26 octobre 2019, la compagnie nationale suisse proposera cinq vols par jour entre sa base à Genève-Cointrin et l’aéroport de Munich, opérés en Airbus A220-100 de 125 sièges ou A220-300 de 145 sièges. Les départs sont programmés à 6h30, 9h10, 13h15, 16h30 et 20h05 (durée de vol 1h10), avec des retours de Bavière à 7h20, 8h30, 11h00, 15h10, 18h20. Swiss propose cette route en partage de codes avec Lufthansa (5 vols par jour opérés par Cityline ou Air Dolomiti selon son site de réservation), sans autre concurrence ; seulement quatre vols sont proposés le dimanche.

Swiss proposera à la même période quatre rotations quotidiennes entre Genève et l’aéroport de Francfort, ses A220 décollant de Cointrin à 6h50, 10h45, 14h55 et 18h40 (durée de vol 1h15), et repartant d’Allemagne à 9h00, 13h05, 16h55 et 21h00. Lufthansa propose 8 vols par jour sur cette ligne, toujours en partage de codes et sans autre concurrence.

La compagnie suisse de Star Alliance précise dans son communiqué que ces nouvelles liaisons « s’adressent aussi bien aux voyageurs d’affaires qu’aux voyageurs d’agrément ». Elles viennent s’ajoute aux six nouveautés estivales déjà annoncées à Genève (Larnaca à Chypre plus Brindisi en Italie, la ville portugaise de Faro, l’île grecque de Mykonos ainsi qu’Alicante et Ibiza en Espagne), pour un total de 45 routes à Genève. Trois nouveaux avions supplémentaires viendront rejoindre la base court-courrier de Swiss à Genève, qui comptera « 7 CS300 et 3 CS100 d’ici à juin 2019 ».

Certaines sources indiquent que Lufthansa se retirera de ses deux axes durant l’été, afin de disposer de plus d’avions pendant la période de pointe et éviter les problèmes de l’été dernier ; mais les vols des deux filiales du groupe allemand par exemple en avril prochain étaient réservables en ligne ce vendredi matin.

 

Air Sénégal tente sa chance dans la cour des grands

Les Echos  07/02/2019
La jeune compagnie nationale sénégalaise a inauguré sa première ligne long-courrier gros-porteur entre Paris et Dakar.
Un an après avoir démarré son activité, Air Sénégal a finalement réussi son pari : reprendre la place laissée vacante par la faillite d’Air Sénégal International sur la ligne Paris-Dakar, en mettant en ligne son premier gros-porteur long-courrier. Depuis le 1er février, la jeune compagnie régionale africaine, qui n’opérait jusqu’alors que des ATR et des A319 sur des liaisons interafricaines, propose un aller-retour quotidien entre Roissy-CDG et Dakar, face à Air France. D’autres lignes long-courriers au départ de la capitale sénégalaise pourraient suivre, vers Londres, Beyrouth, New-York, Dubaï et São Paulo. Avec pour ambition de faire du  nouvel aéroport de Dakar  l’une des portes d’entrée du continent africain.

Retard de livraison

Seul regret : le premier des  deux Airbus A330-900 neo commandés par la compagnie en novembre 2017 pour lancer la ligne, n’était pas au rendez-vous. La livraison de ce nouveau modèle, dont Air Sénégal est l’un des premiers clients, a été reportée par Airbus à la semaine prochaine. Le vol inaugural a donc dû être effectué par un A340 plus très jeune, loué à la compagnie portugaise Hi Fly.

Un premier aléa qui ne sera probablement pas le dernier. Car comme le reconnaît son directeur général, Philippe Bohn, le pari d’Air Sénégal reste risqué, même avec le soutien de l’Etat. « Relancer une compagnie nationale sénégalaise après trois faillites successives n’allait pas de soi, souligne-t-il. C’est la volonté du chef de l’Etat ».

Un pari risqué

Outre l’investissement initial de 60 millions d’euros, les deux A330 représentent un engagement financier de près de 300 millions de dollars par appareil, au prix catalogue. Mais grâce à ses deux gros-porteurs, la compagnie espère doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2022 (qui passerait de 150 millions sur 12 à 15 mois, à 300 millions d’euros) et atteindre l’équilibre en 2022.

Une ligne en or

Air Sénégal sait pouvoir compter sur un trafic très dynamique entre la France et le Sénégal – la ligne Paris-Dakar et ses 388.000 passagers est l’une des plus rentables d’Air France -, mais aussi sur la protection du traité aérien entre la France et le Sénégal. Celui-ci prévoit un strict partage des capacités. L’arrivée d’Air Sénégal sur Paris-Dakar a d’ailleurs eu pour conséquence le retrait forcé de Corsair, qui exploitait les droits de trafic en l’absence de compagnie nationale. Air Sénégal espère enfin que la découverte de gisements pétroliers au large des côtes sénégalaises attirera les investisseurs internationaux, auxquels elle prévoit d’ouvrir son capital.

Handicaps africains

Cependant, la jeune compagnie devra également faire avec les handicaps habituels du transport aérien en Afrique. A savoir des coûts plus élevés qu’ailleurs sur les postes principaux que sont le carburant, les assurances et les frais de personnels, ainsi que la difficulté de recruter des personnels très qualifiés. Sans oublier le manque de capitaux et un marché intra-africain qui hésite toujours entre protectionnisme et libéralisation anarchique.