easyJet France :
le SNPL soutient les syndicats PNC et alerte sur une dérive préoccupante de l’exploitation
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Roissy CDG, le 14 août 2026 – Alors que les personnels navigants commerciaux d’easyJet France entament un mouvement de grève ce week-end, le SNPL easyJet France leur apporte son soutien.
Cette mobilisation intervient dans un contexte social profondément dégradé. Les pilotes sont engagés depuis plusieurs mois dans leurs négociations annuelles avec la direction. Malgré des mois de discussions, aucun engagement écrit significatif n’a été obtenu sur deux préoccupations devenues majeures : la stabilité des emplois du temps et la fatigue.
Et pendant que les négociations stagnent, la situation opérationnelle s’envenime.
Nos données montrent une dégradation de la stabilité des plannings, un recours croissant à des pilotes volontaires pour travailler sur des jours initialement prévus comme des jours de repos, ainsi qu’une augmentation du nombre de rotations construites avec des marges toujours plus faibles pour absorber les aléas opérationnels.
Des retards parfois limités peuvent ainsi suffire à rapprocher certaines rotations du recours à la marge discrétionnaire du commandant de bord, mécanisme qui doit réglementairement rester exceptionnel. Pris isolément, chacun de ces mécanismes peut s’inscrire dans le cadre réglementaire.
C’est leur multiplication et leur évolution qui nous inquiètent.
La résilience d’une compagnie aérienne ne peut pas reposer durablement sur la capacité de ses équipages à absorber toujours davantage de contraintes.
La direction reconnaît d’ailleurs elle-même le rôle déterminant de cette disponibilité. Après un récent week-end de fortes perturbations, le management des opérations aériennes a remercié les pilotes pour leur « resilience and commitment », leur contribution au maintien d’un niveau élevé de « flight completion » et leurs « excellent attendance levels », présentés comme ayant contribué à fournir la résilience nécessaire à l’exploitation.
Mais la résilience opérationnelle ne peut pas être construite indéfiniment sur la résilience humaine.
Cette logique a une limite : la fatigue.
Depuis plusieurs mois, le SNPL alerte la direction et propose des mesures concrètes pour restaurer davantage de stabilité et de marge dans les plannings. Pourtant, lorsqu’il s’agit de formaliser des engagements, les réponses restent insuffisantes et certaines améliorations sont désormais renvoyées jusqu’en 2028.
Pendant ce temps, les objectifs de productivité, eux, sont immédiats.
Là encore, notre inquiétude ne consiste pas à affirmer que ces mécanismes seraient en eux-mêmes illégaux, mais à constater qu’ils prennent une place croissante dans une exploitation disposant de moins en moins de marge.
Les limites réglementaires sont des garde-fous. Elles ne doivent jamais devenir un modèle de planification.
Le SNPL n’affirme pas que les opérations d’easyJet sont aujourd’hui dangereuses.
Nous disons quelque chose de différent, et de suffisamment sérieux pour mériter d’être entendu : nous observons une dérive progressive qui réduit les marges de résilience, augmente la sollicitation des équipages et fait de leur flexibilité individuelle une composante toujours plus importante du maintien du programme de vol.
Mais dans l’aviation, ignorer une telle évolution jusqu’à ce qu’elle produise des conséquences serait précisément l’inverse d’une politique de sécurité efficace.
La fatigue est un facteur de risque pour la sécurité des vols. Elle doit être traitée avant de devenir un problème, pas après.
Le SNPL a jusqu’à présent choisi de privilégier la négociation et n’a appelé les pilotes à aucun mouvement de grève. Cette responsabilité ne doit pas être confondue avec une acceptation de la situation.
La mobilisation des PNC constitue aujourd’hui un signal supplémentaire adressé à la direction d’easyJet France.
Les PNC ont choisi de l’exprimer par la grève. Les pilotes continuent, pour l’instant, à privilégier le dialogue.
Mais après plusieurs mois de discussions sans réponse à la hauteur des problèmes rencontrés, ce dialogue ne peut pas devenir une fin en soi. Il appartient désormais à easyJet de choisir : restaurer des marges, protéger réellement les emplois du temps et traiter sérieusement la fatigue, ou continuer à considérer la flexibilité, la disponibilité et la résilience de ses équipages comme des ressources inépuisables.
Elles ne le sont pas. Et la sécurité des vols ne sera jamais une variable d’ajustement de la productivité.